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vendredi 3 juillet 2026

Citizen Vigilante d'Uwe Boll (2026) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Voilà un projet plus qu'intriguant s'agissant du dernier long-métrage de l'allemand Uwe Boll. Mais soyons clairs : l'auteur de House of the Dead, de Bloodrayne, de Rampage de Zombie Massacre et de beaucoup d'autres longs-métrages n'est théoriquement pas du genre à être attendu au tournant puisque son importante filmographie est essentiellement constituée de navets, voire de nanars... Cependant, Citizen Vigilante pourrait marquer le retour de l'allemand vers un cinéma plus traditionnel tout en cherchant à provoquer les âmes les plus ''pures''. De celles qui dans une certaine frange de la population accordent sans doute beaucoup trop importance à l'immigration tout en se voilant la face sur les conséquences néfastes qu'elle puisse avoir. Du moins est-ce apparemment le discours d'Uwe Boll qui avec Citizen Vigilante jette non pas un pavé dans la mare mais carrément une montagne de roche en fusion qui eut pour conséquence de le voir bannir dans son propre pays. Et lorsque l'on entend parler d'interdiction, ou de bannissement comme dans le cas de ce dernier long-métrage, forcément, cela attise la curiosité. Et il faut dire que malgré une forme très en accord avec le cinéma habituel de Uwe Boll, celui-ci reflète les contradictions entre des valeurs qui prônent le droit d'asile depuis la loi fondamentale de 1949 inscrite dans la Constitution de l’Allemagne de l’Ouest révélant ainsi des valeurs humanistes, et une réalité devant laquelle certains préfèrent se voiler la face : l'immigration illégale d'où émerge parfois des mœurs incompatibles avec la société occidentale et une violence qu'évoquent couramment et principalement les médias de droite quand d'autres préfèrent les ignorer. C'est donc bien sur cette réalité que certains chercheront toujours à masquer qu'Uwe Boll ouvre les hostilités. Avec cette jeune femme qui au sortir de ses emplettes est agressée gratuitement par un homme de couleur. Égorgée en plein jour, celle-ci meurt en quelques secondes, laissant derrière elle un tout jeune orphelin. Tandis que les médias relèguent cette tragique information, un justicier très apprécié des internautes qui expriment la volonté d'en voir plus comme lui fait le ménage dans la ville. Tout commence par une leçon donnée à trois adolescents qui refusent de payer leur ticket de bus et se poursuit par un certain nombre de meurtres visant notamment les responsables du chaos qui est en train de mener le pays à un marasme social, économique, politique et judiciaire mais aussi directement ceux qui commettent sur le sol de leur terre l'accueil, des meurtres ou des viols...


Avec tout l'absence de finesse qui le caractérise, Uwe Boll enchaîne les assassinats commis par celui qu'il iconise auprès d'un peuple qui se montre donc très enthousiaste. En outre, le rôle de Sanders, le justicier en question, est incarné par l'acteur américain Armie Hammer. L'interprète du justicier connaît depuis 2021 de gros soucis avec la justice puisqu'il a été soupçonné de viol, d'agressions sexuelles et psychologiques. Bien que la police de Los Angeles n'ait pas réuni suffisamment de preuves pour l'inculper et le faire condamner, la carrière d'Armie Hammer redémarre assez mollement. Écarté du tout Hollywood, il joue désormais principalement dans de petites productions indépendantes à l'image de Citizen Vigilante, justement, où il semble mimer le personnage incarné par Bob Odenkirk dans Nobody d'Ilia Naïchouller... En dehors du fait que le dernier long-métrage d'Uwe Boll soit parfois très politiquement incorrecte tout en étant objectivement le reflet d'une réalité concrète, Citizen Vigilante reste quand même une très mauvaise expérience. Non pas en raison du message véhiculé mais parce que la mise en scène est comme très souvent chez son auteur la ''coquille'' qui fait tout s'effondrer. Si au départ le film devait s'intituler The Dark Knight, les propriétaires de la marque associée au personnage de DC Comics Batman ont demandé à ce que soit changé le titre. Si le vigilantisme est un type de film qui a notamment fleurit à travers la saga Death Wish dans les années soixante-dix sans que cela n'émeuve quiconque au point de faire interdire le film sur son territoire d'origine, c'est bien parce qu'Uwe Boll évoque les thèmes de l'immigration, de l'islamisation, d'une politique et d'une justice défaillantes que le film rencontre des problèmes dans son pays. Il n'est pas impossible que Citizen Vigilante vienne combler l'appétit de certains détraqués en terme de nouvelle solution finale concernant cette fois-ci l'immigration extra-européenne, maghrébine et subsaharienne, mais en dehors de la polémique, il faut surtout bien se mettre en tête que le film est d'abord un énorme étron qui au-delà de son extrémisme est vraiment une purge à tous les étages ! Bref, du Uwe Boll pur jus !

 

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