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samedi 6 juin 2026

The Dunwich Horror de Daniel Haller (1971) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sorti sur les écrans au tout début des années soixante-dix, The Dunwich Horror met principalement en scène l'acteur américain Dean Stockwell, lequel incarne avec finesse et charisme le suppôt d'une incarnation du Mal dont on saisit mal les origines. Sauf qu'elle semble être au centre du fameux Necronomicon, ouvrage imaginaire créé par l'écrivain américain H.P.Lovecraft dans les années vingt et qui a servi à diverses occasions au cinéma (la trilogie originelle The Evil Dead de Sam Raimi demeurant sans doute LA référence en matière de ''démonologie'' et d'usage du dit ouvrage). S'il demeure un terme qui colle à la peau de l'écrivain, c'est bien ''l'indicible''. Cette chose qui ne peut être montrée ni décrite, au centre de nombreux ouvrages et d'adaptations sur grand écran, et dont The Dunwich Horror peut se targuer d'offrir l'une des plus remarquables définitions lors du meurtre de l'un des personnages féminins du récit. Grotesquement traduit chez nous sous le titre Horreur à volonté, le long-métrage de Daniel Haller est typique de cette vague de films d'épouvante fixant comme objectif de décrire tout ou partie de ce qui entoure la sorcellerie, le Diable et toutes les coutumes qui orbitent autour de ces deux sujets. Héritier démoniaque d'un arrière grand-père condamné au bûcher, rejeté par les habitants de Dunwich dont les croyances chrétiennes s'éloignent des siennes, Wilbur Watheley tente d'entrer en possession du Necronomicon qui dorénavant est exposé dans un musée et appartient au docteur Henry Armitage (l'acteur Ed Begley). Envoûtant littéralement la jeune Nancy Wagner (l'actrice Sandra Dee) qui accepte que Wilbur consulte un court instant le rarissime ouvrage, ce dernier est présenté au docteur qui lui reprend des mains avant de prendre congé. Alors que le jeune homme vient de manquer le bus qui était censé le ramener à Dunwich, Nancy lui propose de le ramener chez lui en voiture... Le personnage de Wilbur développe ici un stratagème visant à se servir de la jeune femme à des fins inquiétantes...


The Dunwich Horror est clairement l'ancêtre de Frayeurs de Lucio Fulci. Comme une préquelle au chef-d’œuvre macabre du réalisateur italien, lequel se rapporte d'ailleurs lui aussi à la nouvelle de H.P.Lovecraft...


Selon une légende propre aux Watheley et au Necronomicon, il existerait en effet une race antérieure à l'espèce humaine que des cérémonies et le sacrifice d'une jeune vierge permettrait de faire revenir dans notre monde. C'est donc autour de ce sujet que tourne le long-métrage de Daniel Haller qui plus qu'un film d'action est une œuvre d'incantations et de visions hallucinogènes typiques de l'époque. Dean Stockwell est véritablement habité par son personnage qu'il incarne avec la maniérisme et afféterie, scandant d'un ton suave et s'exprimant avec douceur, charmant une Nancy dont on ne sait jamais vraiment si le seule regard de Wilbur suffit à l'envoûter ou si les forces du mal entrent en action. Décoctions, rites sataniques, incantations sont au programme d'une œuvre qui impose un rythme lent aussi ensorcelant que peut l'être Dean Stockwell lui-même. Un individu qui malgré ses intentions finit par bizarrement devenir attachant, surtout face à la cruauté des habitants de Dunwich lorsque ceux-ci tentent de lui interdire d'enterrer son grand-père dans le cimetière de la ville ! On sent déjà pointer la conclusion de ce récit en forme d'hommage à toutes ces créatures du bestiaire fantastique qui terminent leur existence traqués, emprisonnés, puis menés au bûcher comme le furent leurs aînés. Bien qu'inspiré de la nouvelle L’Abomination de Dunwich (The Dunwich Horror) de H.P.Lovecraft, The Dunwich Horror prend parfois de grandes libertés. Ce qui par contre paraît tout à fait logique étant donné que le film fut tourné au tout début des années soixante-dix (soit, quarante et un an après la première parution de la nouvelle sur le territoire américain dans le magazine Weird Tales), c'est le côté hallucinogène de certaines séquences et notamment celles lors desquelles l'on découvre des scène de sabbats bariolées totalement psychédéliques. The Dunwich Horror est une excellente surprise, un peu lente, certes, mais Dean Stockwell absorbe littéralement l'attention du spectateur. À découvrir bien entendu en version originale, ne serait-ce que pour son interprète principal, donc, mais aussi pour cette séquence évoquée plus haut, laquelle fait intervenir l'indicible lors d'un climax absolument dément !

 

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