Sorti sur les écrans au
tout début des années soixante-dix, The Dunwich Horror
met principalement en scène l'acteur américain Dean
Stockwell, lequel incarne avec finesse et charisme le suppôt d'une
incarnation du Mal dont on saisit mal les origines. Sauf qu'elle
semble être au centre du fameux Necronomicon, ouvrage imaginaire
créé par l'écrivain américain H.P.Lovecraft dans les années
vingt et qui a servi à diverses occasions au cinéma (la trilogie
originelle The Evil Dead
de Sam Raimi demeurant sans doute LA référence en matière de
''démonologie'' et d'usage du dit ouvrage). S'il demeure un terme
qui colle à la peau de l'écrivain, c'est bien ''l'indicible''.
Cette chose qui ne peut être montrée ni décrite, au centre de
nombreux ouvrages et d'adaptations sur grand écran, et dont The
Dunwich Horror
peut se targuer d'offrir l'une des plus remarquables définitions
lors du meurtre de l'un des personnages féminins du récit.
Grotesquement traduit chez nous sous le titre Horreur
à volonté,
le long-métrage de Daniel Haller est typique de cette vague de films
d'épouvante fixant comme objectif de décrire tout ou partie de ce
qui entoure la sorcellerie, le Diable et toutes les coutumes qui
orbitent autour de ces deux sujets. Héritier démoniaque d'un
arrière grand-père condamné au bûcher, rejeté par les habitants
de Dunwich dont les croyances chrétiennes s'éloignent des siennes,
Wilbur Watheley tente d'entrer en possession du Necronomicon qui
dorénavant est exposé dans un musée et appartient au docteur Henry
Armitage (l'acteur Ed Begley). Envoûtant littéralement la jeune
Nancy Wagner (l'actrice Sandra Dee) qui accepte que Wilbur consulte
un court instant le rarissime ouvrage, ce dernier est présenté au
docteur qui lui reprend des mains avant de prendre congé. Alors que
le jeune homme vient de manquer le bus qui était censé le ramener à
Dunwich, Nancy lui propose de le ramener chez lui en voiture... Le
personnage de Wilbur développe ici un stratagème visant à se
servir de la jeune femme à des fins inquiétantes...
The Dunwich Horror est clairement l'ancêtre de Frayeurs de Lucio Fulci. Comme une préquelle au chef-d’œuvre macabre du réalisateur italien, lequel se rapporte d'ailleurs lui aussi à la nouvelle de H.P.Lovecraft...
Selon
une légende propre aux Watheley et au Necronomicon, il existerait en
effet une race antérieure à l'espèce humaine que des cérémonies
et le sacrifice d'une jeune vierge permettrait de faire revenir dans
notre monde. C'est donc autour de ce sujet que tourne le long-métrage
de Daniel Haller qui plus qu'un film d'action est une œuvre
d'incantations et de visions hallucinogènes typiques de l'époque.
Dean Stockwell est véritablement habité par son personnage qu'il
incarne avec la maniérisme et afféterie, scandant d'un ton suave et
s'exprimant avec douceur, charmant une Nancy dont on ne sait jamais
vraiment si le seule regard de Wilbur suffit à l'envoûter ou si les
forces du mal entrent en action. Décoctions, rites sataniques,
incantations sont au programme d'une œuvre qui impose un rythme lent
aussi ensorcelant que peut l'être Dean Stockwell lui-même. Un
individu qui malgré ses intentions finit par bizarrement devenir
attachant, surtout face à la cruauté des habitants de Dunwich
lorsque ceux-ci tentent de lui interdire d'enterrer son grand-père
dans le cimetière de la ville ! On sent déjà pointer la
conclusion de ce récit en forme d'hommage à toutes ces créatures
du bestiaire fantastique qui terminent leur existence traqués,
emprisonnés, puis menés au bûcher comme le furent leurs aînés.
Bien qu'inspiré de la nouvelle L’Abomination
de Dunwich
(The Dunwich
Horror)
de H.P.Lovecraft, The Dunwich Horror prend
parfois de grandes libertés. Ce qui par contre paraît tout à fait
logique étant donné que le film fut tourné au tout début des
années soixante-dix (soit, quarante et un an après la première
parution de la nouvelle sur le territoire américain dans le magazine
Weird Tales),
c'est le côté hallucinogène de certaines séquences et notamment
celles lors desquelles l'on découvre des scène de sabbats bariolées
totalement psychédéliques. The Dunwich Horror
est
une excellente surprise, un peu lente, certes, mais Dean Stockwell
absorbe littéralement l'attention du spectateur. À découvrir bien
entendu en version originale, ne serait-ce que pour son interprète
principal, donc, mais aussi pour cette séquence évoquée plus haut,
laquelle fait intervenir l'indicible lors d'un climax absolument
dément !



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