Tout le monde en parle...
Enfin, tout le monde, surtout ceux qui apprécient les films
d'horreur typés Slashers et
qui s'attendaient sûrement à ressentir des frissons inédits. Et
pour le coup, les caractères visuels et narratifs de Martwi
Przed świtem
de Dawid Torrone l'éloignent drastiquement des codes du genre pour
se complaire dans une certaine forme d'art totalement barré et
malheureusement, souvent indigeste. Prendre pour argent comptant les
quelques avis élogieux qui prétendent que le premier long-métrage
du réalisateur et scénariste polonais Dawid Torrone est une
réussite, c'est prendre surtout le risque de se retrouver totalement
désabusé devant une œuvre façonnée à la truelle par un artisan
qui semble s'être emmêlé les pinceaux entre révérence appuyée
pour un genre qui a connu sa seule véritable heure de gloire voilà
plus de quarante ans et prétentions artistiques réparties sur
chaque plan par un sagouin atteint de démence ! À dire vrai,
ce qui semble avant tout avoir inspiré le cinéaste n'est pas tant
ce sous-genre du cinéma d'horreur né pour certains dans le courant
des années 60 et pour d'autres la décennie suivante sur le
territoire américain que son alter ego transalpin connu sous le nom
de Giallo
et qui pour certains là encore semble avoir été enfanté par un
certain Mario Bava, auteur en 1963 de La Ragazza
Che Sapeva Troppo
ou l'année suivante de Sei Donne Per
l'Assassino.
Un genre dont s'emparera d'ailleurs son compatriote Dario Argento
lequel signera une impressionnante séries de longs-métrages
considérés pour la plupart comme d'authentiques classiques du
genre..... Mais pour en revenir à Martwi Przed
świtem,
son auteur semble avoir été tout d'abord inspiré par des œuvres
telles que Suspiria
ou Opera de
ce même Dario Argento et plus encore Deliria
de Michele Soavi qui en 1987 sorti sur notre territoire et à
l'internationale sous le titre Bloody Bird.
Un classique auquel se raccorde le récit de Martwi
Przed świtem
puisque dans un cas comme dans l'autre, une troupe d'acteurs
s'installe dans un théâtre afin de répéter une pièce avant
d'être attaquée par un tueur masqué. Si l'assassin du long-métrage
de Michele Soavi est notamment demeuré célèbre grâce au masque de
hibou qu'il portait sur le visage, celui de Martwi
Przed świtem
n'est pas en reste puisque de son côté, le tueur cache le sien
derrière un masque très particulier puisque constitué de dizaines
d'yeux ! Ironique lorsque l'on sait que voir à travers un tel
attirail paraît invraisemblable...
Pour
être tout à fait honnête et en tant que grand amateur de Slashers
et
de Gialli,
Martwi Przed świtem
s'avère effroyablement... mauvais ! Surenchérissant dans la
démesure artistique, le travail sur la ''pellicule'' (?), le grain,
le brouillard permanent, la surexposition et les couleurs tantôt
délavées, tantôt criardes finissent de brouiller les perspectives
que le réalisateur s'amuse en outre à déglinguer à grands coups
de travellings allant dans tous les sens. Comme un bateau ivre perdu
en plein océan, tanguant par ''mer agitée''. De quoi avoir la
nausée, chopper une céphalée, mais aussi et surtout n'y rien
comprendre. Et d'une certaine manière, tant mieux. Car derrière le
flou artistico-scénaristique demeurent quelques séquences beaucoup
plus simples à décrypter et qui masquent de ce fait, assez mal la
pauvreté de l'écriture. Entre des meurtres rares et qui donc se
font attendre, des effets gore pas franchement au niveau de ce que
l'on est en droit d'attendre en 2026 (un personnage cache avec toute
la difficulté du monde son bras, caché sous sa veste tandis que le
tueur vient de lui couper ce qui lui servait de prothèse), un
scénario si peu inspiré que son auteur se croit contraint de le
noyer sous une chape de séquences toutes plus visuellement
délirantes les unes que les autres, avouons-le : on s'fait
chier ! Les courses-poursuites frisent le ridicule. Les
acteurs/trices sont mauvais, surjouent, tandis que le spectateur a
parfois bien du mal à faire la différence entre les répétitions
de la troupe et les meurtres commis par le tueur masqué. Difficile
de savoir où a vraiment voulu en venir Dawid Torrone si ce n'est que
son film n'est qu'un copier/coller de quelques idées forcément pas
toutes neuves saupoudrées d'une vision toute personnelle qui cause
plus de dégâts qu'elle n'apporte de bienfaits. L'effort est louable
mais finalement caduque ! Sans intérêt, donc...



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire