''Ça y est ! Il
est passé du cinéma traditionnel au porno-gay !'' J'avoue
que la tentation, parfois, de me lancer dans l'aventure de l'érotisme
soft ou de la pornographie la plus crue me tente, mais de là à
troquer mon obédience pour l'hétérosexualité contre ce que
certains considèrent d'impur ne m'est pas encore passé par la tête.
Voulant ainsi (et en outre) préserver mon précieux arrière-train
au point de refuser tout dépistage du cancer colo-rectal lors de
tests immunologique fécaux dont les résultats risqueraient de
m'amener à accepter qu'un spécialiste me fourre je ne sais trop
quel objet dans le... cul ! Avec son titre très évocateur dont
le nom fut très longtemps et presque exclusivement rattaché aux
mœurs homosexuelles, Poppers
paraît flirter immodérément avec la pratique de la sodomie. Parce
que si certains n'ont toujours pas compris de quoi il s'agit, ce
produit qui dans le milieu gay facilite la dilatation des muscles
sphinctériens n'a en réalité ici rien de commun avec le terme
employé. En effet, ceux dont nous parlons ici ne sont pas le fruit
du développement de substances vasodilatatrices mais sont bien issus
d'un mouvement qui émergea en Allemagne dans les années 1980.
Anti-consuméristes assumés, filles et fils de bonnes familles,
conformistes et matérialistes, c'est donc du côté de cette
jeunesse que semble tout d'abord poser son regard le réalisateur et
scénariste espagnol José María Castellví tandis que nous sommes
en 1984. Sur un script et des dialogues respectivement écrits en
collaboration avec Jacinto Santos et Luis Infante, le cinéaste nous
plonge dans une œuvre fiévreuse et très clipesque qui aujourd'hui
donne le sentiment d'avoir voulu régurgiter sur le format long, pas
mal de concepts, passés ici à la moulinette du mauvais goût !
Volontairement ou non inspirée d'ailleurs par la nouvelle de Richard
Connell, The Most
Dangerous Game écrite
voilà plus d'un siècle et qui fut adaptée à plusieurs reprises
sur grand écran. Ici, tout commence par un drame ''banal''. Santos
(l'acteur Miguel Ortiz), chanteur et guitariste d'un groupe de
pop-rock plante lors d'un concert un couteau dans le ventre d'un
adolescent après avoir vu sa copine le laisser l'embrasser.
La
sentence tombe : deux ans de prison (et l'on se plaint en France
que les peines soient trop légères). Sorti de taule, le jeune homme
aimerait bien retrouver ses anciens amis mais à défaut, il se
retrouve tout d'abord au contact d'un homme puis d'une prostituée et
enfin d'un groupe de vieux bonshommes qui lui proposent un curieux
marché. Soit il accepte de servir de gibier lors d'une chasse à
l'homme, soit il est exécuté sur le champ ! Après avoir
réussi à échapper au bourbier dans lequel il s'est fourré, Santos
retrouve la prostituée qu'il accuse d'être responsable du piège
dans lequel il est tombé. Mais contre toute-attente, et alors qu'il
est bien décidé à se venger, la jeune femme décide de l'y
aider... On ne va pas tourner autour du pot : Poppers
est
un ratage total. Si la décennie suivante fut parmi les pires en
terme d'effets-spéciaux, les années quatre-vingt ont de leur côté
parfois engendré des œuvres télévisuelles et cinématographiques
qui n'ont absolument pas survécu à l'outrage du temps. José María
Castellví choisit ainsi pour son œuvre des couleurs criardes et une
esthétique générale qui brûlent la rétine. Des choix visuels que
l'on croyait jusqu'à maintenant être propres au cinéma de
l'italien Lamberto Bava mais que l'espagnol réussi à ''sublimer''
dans toute leur horreur. Scénaristiquement fade, réalisé avec les
pieds d'un homme-tronc (!?!), plus laid que l'enfant issu de la
copulation entre un Blobfish, un scotoplane globosa et un poisson
chauve-souris à lèvres rouges lors d'une partouze aquatique,
Poppers
est, j'ose l'affirmer haut et fort, un supplice qui n'a même les
atouts d'un vrai bon nanar. Une triste expérience qui ne mérite pas
que l'on se penche sur son cas. L'on remerciera malgré tout José
María Castellví de nous avoir épargné d'être retourné derrière
la caméra puisque ce film aura été son chant du cygne en tant que
réalisateur et scénariste. Depuis, qu'est-il devenu ? Dans
quelle branche a-t-il décidé de sévir après sa très courte
carrière sur le plan cinématographique ? Difficile de répondre
à cette question dont la réponse ne doit de toute manière pas
intéresser grand monde !
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