Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


dimanche 22 mars 2026

Marty Supreme de Josh Safdie (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après une carrière en commun longue d'une dizaine d'années qui a vu éclore quelques pépites parmi lesquelles l'on peut citer Good Time en 2017 ainsi que Uncut Gems en 2019, les frères Safdie se sont séparés pour, officiellement, poursuivre chacun de leur côté des carrières de cinéastes bien distinctes. Pourtant, les raisons invoquées semblent bien plus sombres qu'elles n'en n'ont l'air mais nous ne nous attarderons pas ici à leur sujet. En effet, il est sans doute plus préférable d'évoquer le dernier long-métrage réalisé par Josh, l'aîné des deux frères qui après le départ de Benjamin vient de réaliser, écrire et produire (en collaboration avec son principal interprète Timothée Chalamet, Ronald Bronstein, Eli Bush et Anthony Katagas) ce qui sans doute demeurera comme l'un des meilleurs films à avoir vu le jour en cette année 2026 même si celle-ci n'en est pour l'instant qu'à son troisième mois. Après avoir habitué le public à assister à des spectacles relativement sombres notamment à travers les deux exemples cités plus haut, Josh Safdie perpétue un genre dont les frères Joel et Ethan Coen ont longtemps été les portes-étendards. Un mélange entre thriller noir, absurde, drame et dont Blood Simple, Fargo, No Country for old Men ou Burn After Reading demeurent les plus remarquables exemples. Pourtant, ici, nulle trace de l'un et de l'autre à la réalisation ou à l'écriture. En solo, John Safdie assure lui-même la réalisation. Ainsi que l'écriture à laquelle a collaboré le scénariste, acteur, monteur et producteur Ronald Bronstein auquel les frères Safdie offrirent notamment le rôle de Lenny dans Lenny and the Kids il y a dix-sept ans. Derrière un titre qui renvoie à l'appellation des balles de Tennis de Tables oranges dont le personnage central Marty Mauser s'enorgueillit d'être l'inventeur alors même que leur conception provient du fait que les blanches étaient difficilement décelables lorsque des matchs étaient diffusés à la télévision, Marty Supreme décrit avec raison la personnalité excentrique de cet ''anti-héros'' arrogant, opportuniste et très souvent dénué de toute morale lorsqu'il s'agit d'arriver à ses fins...


Un personnage charismatique pourtant dénué de l'ampleur physique que l'on prêterait généralement à ce genre d'individu. Relativement frêle comme l'était celui que l'acteur est censé reproduire à l'image, doté d'une moustache et d'une coiffure qui renvoient à l'époque où chez nous la série télévisée policière Les brigades du Tigre rencontrait un certain succès, on ne peut pas dire que Timothée Chalamet jouisse ici d'un statut d’icône sexuelle. Et pourtant, comme le démontrera par la suite l'évolution de sa relation avec la comédienne Kay Stone (Gwyneth Paltrow), l'homme est si sûr de lui et possède un tel bagout que rien, vraiment rien ne semble pouvoir se mettre en travers de sa route. Pas même la relation qu'il va entretenir avec cette beauté d'âge plus ou moins mûr qui s'amusera souvent de l'attitude de ce jeune homme d'une trentaine d'années son cadet mais avec lequel elle entretiendra une relation charnelle relativement intense. L'auteur de Marty Supreme mêle les genres avec un certain brio. Contrairement à un Edgar Wright qui parfois épuise à force d'être beaucoup trop démonstratif (Baby Driver en 2017, The Running Man en 2025), cette facette du cinéma de Josh Safdie fonctionne par contre à merveille. Sur la base d'un fait parfaitement authentique (le film s'inspire en effet de Marty Reisman, un pongiste qui entre 1958 et 1960 remporta deux fois l'US Open de Tennis de Table), Josh Safdie et son scénaristes ont conçu une œuvre qui dépasse de loin les frontières du Biopic tel qu'il est généralement envisagé sur grand écran pour introduire son arrogant personnage dans un récit qui fait appel à un genre auquel ceux qui connaissent bien l'histoire de l'ancien champion de ''Ping Pong'' aujourd'hui décédé depuis une quinzaine d'années ne s'attendaient certainement pas...


Une ambition dévorante qui poussera Marty ainsi que celle qu'il a engrossé huit mois auparavant (l'actrice Odessa A'Zion dans le rôle de Rachel Mizler) à suivre un chemin pavé d'embûches, mettant à diverses reprises sa vie et celle de la jeune femme en danger. Pourquoi ? Pour atteindre un but, un seul. Rencontrer de nouveau Endo (Koto Kawaguchi), le champion japonais de Tennis de Table qui quelques mois auparavant sortit vainqueur de la finale de l'Open d'Angleterre qui opposa les deux hommes. Persuadé que son adversaire fut avantagé grâce à un nouveau modèle de raquette, Marty n'a plus qu'un seul objectif. Partir au Japon pour les prochains championnats du monde afin de jouer contre Endo et de le battre. Problème : le jeune homme n'a pas l'argent nécessaire qui lui permettrait de prendre l'avion pour le Pays du Soleil Levant... Si Marty Supreme repose sur une mécanique parfaitement huilée, le film profite également d'un casting trois étoiles. À Commencer par Kevin O'Leary, lequel incarne le rôle du richissime homme d'affaire Milton Rockwell sur lequel compte Marty pour réaliser son projet. Tyler Okonma interprète de son côté le chauffeur de taxi et ami/complice d'arnaques Wally. Mais aussi et surtout, le long-métrage de Josh Safdie est l'occasion de redécouvrir l'immense Abel Ferrara dans le rôle d'Ezra Mishkin. Un personnage ambigu, dont les contours sont volontairement mal définis (mafioso ? Bookmaker ?) mais qui sera lui aussi au centre d'un récit touffu, transcendé par un cinéaste qui n'a pas laissé au hasard la moindre petite porte de sortie. Bref, foncez voir Marty Supreme tant qu'il est en salle, vous ne le regretterez pas...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...