''Connais-tu Zizou ?''
me demandait un vieil ami voilà quelques semaines en arrière.
''Pense-tu ! Évidemment que je le connais. Qui n'a
jamais entendu parler de ce grand footballeur ? Même ceux qui
comme moi détestent ce sport savent de qui il s'agit...'' !
Me regardant d'un air dépité, il tourna les talons et disparu dans
la brume épaisse qui recouvrait l’Étang de Berre et l'Aéroport
Marseille-Provence... Sans jamais avoir su pourquoi après lui avoir
répondu, mon ami s'était empressé de fuir comme s'il apprenait que
j'étais porteur d'un virus très contagieux, voilà qu'hier, une
autre des très rares personnes auxquelles j'accorde ma confiance me
posa la même question. Avant de rétorquer à nouveau ce que j'avais
répondu la fois précédente, je demandais à ce second ami de qui
ou de quoi il pouvait parler ! ''Ben
voyons, Lolo ! Du long-métrage que réalisa en 2022 le
réalisateur, scénariste, producteur, monteur et chef décorateur
finlandais Jalmari Helander, bien sûr''.
Et c'est là que tout me revint en pleine figure. Après m'être
passé un peu d'eau sur le visage, je suis retourné voir celui qui
me posa la question pour la première fois et lui répondit que non,
je ne connaissais pas Sisu !
Ce qui pourrait d'ailleurs passer pour un mensonge se révèle être
en réalité un oubli. Comme si au fond de moi, j'avais préféré
éludé la question de ce film, comme disent les jeunes, employant le
néologisme ''malaisant'',
puisqu'il n'eut pas sur moi l'impact apparemment escompté par son
auteur, ses interprètes et son équipe technique. D'ailleurs, non
pas que la mise en scène ou l'interprétation soient
particulièrement défaillantes mais pour ce genre de production, il
m'arrive parfois d'avoir certaines exigences. Et non pas d'être le
simple témoin d'une succession de séquences qui, certes, ont
peut-être une queue et une tête, mais dont l'unique atout est de
mettre en scène un personnage hors du commun, dans un contexte
lui-même tout sauf ordinaire mais ne bénéficiant que d'un scénario
des plus simpliste. Sisu : de l'or et du
sang situe
son intrigue en Laponie finlandaise, en 1944. Et donc en pleine
seconde guerre mondiale. L'ancien soldat Aatami Korpi a délibérément
choisi de ne pas participer au conflit et vit seul dans une région
désertique où il cherche de l'or. Après avoir mis la main sur un
très important filon, il monte à cheval et accompagné de son
fidèle chien, il prend la route afin de rejoindre la capitale
finlandaise Helsinki afin de vendre son or. Le choix d'y clore
l'aventure n'est d'ailleurs semble-t-il pas innocent puisqu'il montre
le retour du héros à la civilisation après qu'il ait fait le choix
de vivre en solitaire...
Mais
avant d'en arriver là, son interprète, l'acteur finlandais Jorma
Tommila va devoir braver les dangers qui se présenteront sur son
chemin. Des soldats allemands par dizaines, surarmés et qui, après
avoir découvert qu'il transporte d'énormes pépites d'or, vont tout
mettre en œuvre pour s'en emparer... Coté scénario, c'est à peu
près tout ce qu'il faut savoir au sujet de Sisu :
de l'or et du sang.
S'agissant du titre, il s'agit d'un terme pratiquement intraduisible
chez nous et qui désigné dans la culture finlandaise une force
intérieure profonde. Une capacité à persévérer même lorsque
l'on est arrivé à bout. En ouverture, le cinéaste définit
d'ailleurs le mot ainsi : ''Sisu
est un mot finlandais intraduisible. Il signifie une forme de courage
à vous glacer le sang et une détermination inimaginable.''
Peu bavard, Aatami Korpi a donc pour but d'atteindre la mission
qu'il s'est engagé à mener. Et même si cela va le contraindre à
se battre contre de très nombreux adversaires. Dans le genre, Sisu
ne fait pas dans la dentelle. Mélange (d)étonnant entre guerre,
western et ce que l'on pourrait presque considérer comme un film de
super-héros tant le personnage central du récit paraît être en
mesure de résister à tout ce qui lui tombe sur le coin de la
gueule, il ne faut donc pas envisager l'œuvre sous le prisme du
réalisme mais plutôt sous celui d'une fantaisie exaltant tous les
types de violences. C'est donc sous la forme de chapitres que Sisu :
de l'or et du sang
déroule son intrigue. Parsemant ça et là des séquences chocs,
gore et à ne sans doute pas mettre devant tous les regards. Os
brisés, crâne explosant au contact d'une balle de fusil, cheval
explosant littéralement lui aussi au passage d'un champ de mines et
dézingages en tous genres raviront les amateurs de cinéma d'action
ultra-violente désintéressés par tout ce qui touche à la
caractérisation des personnages ou à toute autre forme
d'approfondissement de la thématique. Ici, ça envoie du lourd, sans
se prendre la tête, mais dans des décors aussi glaçants que
sublimes. Pourtant, le film ne nous apprend rien sur l'histoire de la
Finlande durant la seconde guerre mondiale ni ne tente jamais de
rendre attachant le personnage d'Aatami Korpi. Renforçant ainsi
l'aspect totalement gratuit et décomplexé du projet. Bref,
difficile d'avoir un avis totalement objectif une fois la projection
arrivée à son terme. Notons qu'une suite a récemment vu le jour
sous le titre Sisu : Le Chemin de la vengeance ?
Laquelle a de nouveau été réalisée par Jalmari Helander et
interprétée par Jorma Tommila...
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