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jeudi 15 janvier 2026

Sisu : de l'or et du sang de Jalmari Helander (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

''Connais-tu Zizou ?'' me demandait un vieil ami voilà quelques semaines en arrière. ''Pense-tu ! Évidemment que je le connais. Qui n'a jamais entendu parler de ce grand footballeur ? Même ceux qui comme moi détestent ce sport savent de qui il s'agit...'' ! Me regardant d'un air dépité, il tourna les talons et disparu dans la brume épaisse qui recouvrait l’Étang de Berre et l'Aéroport Marseille-Provence... Sans jamais avoir su pourquoi après lui avoir répondu, mon ami s'était empressé de fuir comme s'il apprenait que j'étais porteur d'un virus très contagieux, voilà qu'hier, une autre des très rares personnes auxquelles j'accorde ma confiance me posa la même question. Avant de rétorquer à nouveau ce que j'avais répondu la fois précédente, je demandais à ce second ami de qui ou de quoi il pouvait parler ! ''Ben voyons, Lolo ! Du long-métrage que réalisa en 2022 le réalisateur, scénariste, producteur, monteur et chef décorateur finlandais Jalmari Helander, bien sûr''. Et c'est là que tout me revint en pleine figure. Après m'être passé un peu d'eau sur le visage, je suis retourné voir celui qui me posa la question pour la première fois et lui répondit que non, je ne connaissais pas Sisu ! Ce qui pourrait d'ailleurs passer pour un mensonge se révèle être en réalité un oubli. Comme si au fond de moi, j'avais préféré éludé la question de ce film, comme disent les jeunes, employant le néologisme ''malaisant'', puisqu'il n'eut pas sur moi l'impact apparemment escompté par son auteur, ses interprètes et son équipe technique. D'ailleurs, non pas que la mise en scène ou l'interprétation soient particulièrement défaillantes mais pour ce genre de production, il m'arrive parfois d'avoir certaines exigences. Et non pas d'être le simple témoin d'une succession de séquences qui, certes, ont peut-être une queue et une tête, mais dont l'unique atout est de mettre en scène un personnage hors du commun, dans un contexte lui-même tout sauf ordinaire mais ne bénéficiant que d'un scénario des plus simpliste. Sisu : de l'or et du sang situe son intrigue en Laponie finlandaise, en 1944. Et donc en pleine seconde guerre mondiale. L'ancien soldat Aatami Korpi a délibérément choisi de ne pas participer au conflit et vit seul dans une région désertique où il cherche de l'or. Après avoir mis la main sur un très important filon, il monte à cheval et accompagné de son fidèle chien, il prend la route afin de rejoindre la capitale finlandaise Helsinki afin de vendre son or. Le choix d'y clore l'aventure n'est d'ailleurs semble-t-il pas innocent puisqu'il montre le retour du héros à la civilisation après qu'il ait fait le choix de vivre en solitaire...


Mais avant d'en arriver là, son interprète, l'acteur finlandais Jorma Tommila va devoir braver les dangers qui se présenteront sur son chemin. Des soldats allemands par dizaines, surarmés et qui, après avoir découvert qu'il transporte d'énormes pépites d'or, vont tout mettre en œuvre pour s'en emparer... Coté scénario, c'est à peu près tout ce qu'il faut savoir au sujet de Sisu : de l'or et du sang. S'agissant du titre, il s'agit d'un terme pratiquement intraduisible chez nous et qui désigné dans la culture finlandaise une force intérieure profonde. Une capacité à persévérer même lorsque l'on est arrivé à bout. En ouverture, le cinéaste définit d'ailleurs le mot ainsi : ''Sisu est un mot finlandais intraduisible. Il signifie une forme de courage à vous glacer le sang et une détermination inimaginable.'' Peu bavard, Aatami Korpi a donc pour but d'atteindre la mission qu'il s'est engagé à mener. Et même si cela va le contraindre à se battre contre de très nombreux adversaires. Dans le genre, Sisu ne fait pas dans la dentelle. Mélange (d)étonnant entre guerre, western et ce que l'on pourrait presque considérer comme un film de super-héros tant le personnage central du récit paraît être en mesure de résister à tout ce qui lui tombe sur le coin de la gueule, il ne faut donc pas envisager l'œuvre sous le prisme du réalisme mais plutôt sous celui d'une fantaisie exaltant tous les types de violences. C'est donc sous la forme de chapitres que Sisu : de l'or et du sang déroule son intrigue. Parsemant ça et là des séquences chocs, gore et à ne sans doute pas mettre devant tous les regards. Os brisés, crâne explosant au contact d'une balle de fusil, cheval explosant littéralement lui aussi au passage d'un champ de mines et dézingages en tous genres raviront les amateurs de cinéma d'action ultra-violente désintéressés par tout ce qui touche à la caractérisation des personnages ou à toute autre forme d'approfondissement de la thématique. Ici, ça envoie du lourd, sans se prendre la tête, mais dans des décors aussi glaçants que sublimes. Pourtant, le film ne nous apprend rien sur l'histoire de la Finlande durant la seconde guerre mondiale ni ne tente jamais de rendre attachant le personnage d'Aatami Korpi. Renforçant ainsi l'aspect totalement gratuit et décomplexé du projet. Bref, difficile d'avoir un avis totalement objectif une fois la projection arrivée à son terme. Notons qu'une suite a récemment vu le jour sous le titre Sisu : Le Chemin de la vengeance ? Laquelle a de nouveau été réalisée par Jalmari Helander et interprétée par Jorma Tommila...



 

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