Voici venu le temps de
rabaisser ma fierté d'avoir tenu jusque là. Car après six
longs-métrages dont au moins un classique (le premier) deux bousins
(les deux suivants) et trois raisonnables productions (les quatre,
cinq et sixièmes opus), voici que déboulait en 2005 Hellraiser
VII : Deader
de Rick Bota. S'agissant de celui-là même qui réalisa le
sympathique Hellraiser VI : Hellseeper
trois
ans auparavant, on pouvait espérer de nouveau tranquillement
naviguer au sein de la franchise initiée par son créateur Clive
Barker en 1987. Près de trente ans plus tard, Rick Bota signe
cependant ce qui demeurera certainement comme l'un des pires rejetons
de la franchise Hellraiser.
Le genre d'excroissance que l'on rangera du côté des maladies
incurables tant il est difficile, même près de vingt ans plus tard,
de lui trouver la moindre des qualités. Une fois encore l'on change
ici de casting. En dehors de Doug Bradley qui courageusement va de
nouveau accepter de porter le fameux ''masque'' à pointes de Pinhead
et ce, même si son temps de présence sera une fois encore écourté
par rapport aux premier volets de la saga (qui à contrario avaient
d'ailleurs tendance à cette fois-ci l'exposer un peu trop
régulièrement à l'image). Confiant l'écriture du scénario à
Neal Marshall Stevens et Tim Day, Rick Bota s'en ira tourner son
film en Roumanie. À Bucarest, pour être plus précis. Terre
d'accueil pour quiconque veut mettre en scène un projet
cinématographique à moindres frais ! Et ça tombe bien puisque
la nouvelle héroïne de la franchise Amy Klein (qu'interprète
l'actrice américaine Kari Wuhrer), une journaliste d'investigation à
laquelle est confiée la mission de mener une enquête sur une
étrange secte, doit justement se rendre dans la capitale roumaine.
Seule, sans cameraman, avec ses petites jambes et ses petits bras
frêles. Le genre de mission suicidaire si l'on tient compte du fait
que Winter Lemarchant (Paul Rhys), descendant de Philippe Lemarchant
que l'on découvrait alors dans Hellraiser IV :
Bloodline
en 1996, est le gourou d'une secte dont il n'hésite pas à sacrifier
les membres avant de les ressusciter.
Un
charlatant dont les spectateurs devineront d'ailleurs très
rapidement les véritables intentions. Un gourou, un maître à
penser si peu charismatique que l'on a d'emblée beaucoup de mal à
croire au magnétisme que ses adeptes lui prêtent avec dévotion.
Visuellement, Hellraiser VII : Deader
est, au mieux, très laid. Et au pire, abominable. Peut-être pire
encore que les second et troisième volet de la franchise, surtout si
l'on tient compte du fait que les décors n'ont ici pas l'aspect de
carton-pâtes qui rendaient déjà Hellraiser II
et
III visuellement
irréalistes ! Filmant Hellraiser VII :
Deader
comme un long clip musical auquel l'équipe technique ajoute des
filtres et des effets-spéciaux d'un autre âge, la photographie du
roumain Vivi Dragan Vasile accentue la pauvreté de l'ensemble.
Réalisé sans goût et interprété à l'arrache par la totalité du
casting, entre une Kari Wuhrer qui en fait trop, un Paul Rhys qui
sans doute a fait tomber par inadvertance son charisme dans la
cuvette d'un chiotte et des figurants neurasthéniques que l'on
croirait sous l'emprise de drogues plus ou moins dures, Hellraiser
VII : Deader
se permet non seulement le luxe d'être long et pénible mais de
reprendre pour la troisième fois la recette du personnage évoluant
dans un univers fait de cauchemars éveillés baignés dans un cadre
paranoïaque. Rick Bota reprend donc sa propre recette en tournant un
ersatz de Hellraiser VI : Hellseeker
qu'il
mit lui-même en scène en 2002 ainsi que celle qui était déjà au
centre de Hellraiser V : Inferno
que réalisa bien avant lui Scott Derickson en 2000. Si l'on détaille
avec précision le scénario et la manière dont il fut conçu pour
être intégré au récit de ce septième volet de la franchise, l'on
comprend mieux alors pourquoi rien ou presque ne fonctionne.
Alors
que la société de production et de distribution cinématographique
américaine Miramax
Films
se sépare en cette année 2005 de sa filiale Dimension
Films
pour finalement la réintégrer au sein de la Weinstein
Company
(lesquelles sont à l'origine toutes deux dirigées par les frères
Bob et Harvey Weinstein), Hellraiser VII :
Deader sera
donc l'un des derniers projets produits par Dimension
Films
sous la bannière de son ex-future maison-mère... Si les deux noms
de Neal Marshall Stevens et Tim Day apparaissent au générique au
sujet du scénario, c'est parce qu'à l'origine, le script qu'avait
écrit Neal Marshall Stevens n'avait absolument rien à voir avec
l'univers de Hellraiser.
Un scénario qui avait donc été conçu pour un autre projet mais
que la production de Hellraiser VII : Deader
se
réappropriera finalement. Invitant donc Tim Day à participer à son
écriture en y intégrant l'un des descendants de Philippe Lemarchant
en la personne de Winter Lemarchant. L'une des rares bonnes idées du
scénario étant de confronter le gourou à Pinhead, l'on regrettera
que cette option ait été remisée au placard. En effet, le récit
tourne davantage autour de l'héroïne, que l'on peut d'ors et déjà
comparer au héros du précédent volet, Trevor Gooden
qu'interprétait trois ans auparavant l'acteur Dean Winters. Si
quelques idées intéressantes subsistent parfois (l'étrange faune
installée à l'arrière d'une rame de métro), la mise en scène et
l'interprétation souvent trop théâtrale faussent tout. Rick Bota
profitera de son passage en Roumanie pour enchaîner lui-même sur le
tournage du huitième volet de la franchise intitulé Hellraiser
VIII : Hellworld.
Au vu du désastre qu'est Hellraiser VII :
Deader,
on tremble déjà à l'idée de lancer la projection de son
successeur...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire