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jeudi 27 février 2025

Hellraiser VII : Deader de Rick Bota (2005) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Voici venu le temps de rabaisser ma fierté d'avoir tenu jusque là. Car après six longs-métrages dont au moins un classique (le premier) deux bousins (les deux suivants) et trois raisonnables productions (les quatre, cinq et sixièmes opus), voici que déboulait en 2005 Hellraiser VII : Deader de Rick Bota. S'agissant de celui-là même qui réalisa le sympathique Hellraiser VI : Hellseeper trois ans auparavant, on pouvait espérer de nouveau tranquillement naviguer au sein de la franchise initiée par son créateur Clive Barker en 1987. Près de trente ans plus tard, Rick Bota signe cependant ce qui demeurera certainement comme l'un des pires rejetons de la franchise Hellraiser. Le genre d'excroissance que l'on rangera du côté des maladies incurables tant il est difficile, même près de vingt ans plus tard, de lui trouver la moindre des qualités. Une fois encore l'on change ici de casting. En dehors de Doug Bradley qui courageusement va de nouveau accepter de porter le fameux ''masque'' à pointes de Pinhead et ce, même si son temps de présence sera une fois encore écourté par rapport aux premier volets de la saga (qui à contrario avaient d'ailleurs tendance à cette fois-ci l'exposer un peu trop régulièrement à l'image). Confiant l'écriture du scénario à Neal Marshall Stevens et Tim Day, Rick Bota s'en ira tourner son film en Roumanie. À Bucarest, pour être plus précis. Terre d'accueil pour quiconque veut mettre en scène un projet cinématographique à moindres frais ! Et ça tombe bien puisque la nouvelle héroïne de la franchise Amy Klein (qu'interprète l'actrice américaine Kari Wuhrer), une journaliste d'investigation à laquelle est confiée la mission de mener une enquête sur une étrange secte, doit justement se rendre dans la capitale roumaine. Seule, sans cameraman, avec ses petites jambes et ses petits bras frêles. Le genre de mission suicidaire si l'on tient compte du fait que Winter Lemarchant (Paul Rhys), descendant de Philippe Lemarchant que l'on découvrait alors dans Hellraiser IV : Bloodline en 1996, est le gourou d'une secte dont il n'hésite pas à sacrifier les membres avant de les ressusciter.


Un charlatant dont les spectateurs devineront d'ailleurs très rapidement les véritables intentions. Un gourou, un maître à penser si peu charismatique que l'on a d'emblée beaucoup de mal à croire au magnétisme que ses adeptes lui prêtent avec dévotion. Visuellement, Hellraiser VII : Deader est, au mieux, très laid. Et au pire, abominable. Peut-être pire encore que les second et troisième volet de la franchise, surtout si l'on tient compte du fait que les décors n'ont ici pas l'aspect de carton-pâtes qui rendaient déjà Hellraiser II et III  visuellement irréalistes ! Filmant Hellraiser VII : Deader comme un long clip musical auquel l'équipe technique ajoute des filtres et des effets-spéciaux d'un autre âge, la photographie du roumain Vivi Dragan Vasile accentue la pauvreté de l'ensemble. Réalisé sans goût et interprété à l'arrache par la totalité du casting, entre une Kari Wuhrer qui en fait trop, un Paul Rhys qui sans doute a fait tomber par inadvertance son charisme dans la cuvette d'un chiotte et des figurants neurasthéniques que l'on croirait sous l'emprise de drogues plus ou moins dures, Hellraiser VII : Deader se permet non seulement le luxe d'être long et pénible mais de reprendre pour la troisième fois la recette du personnage évoluant dans un univers fait de cauchemars éveillés baignés dans un cadre paranoïaque. Rick Bota reprend donc sa propre recette en tournant un ersatz de Hellraiser VI : Hellseeker qu'il mit lui-même en scène en 2002 ainsi que celle qui était déjà au centre de Hellraiser V : Inferno que réalisa bien avant lui Scott Derickson en 2000. Si l'on détaille avec précision le scénario et la manière dont il fut conçu pour être intégré au récit de ce septième volet de la franchise, l'on comprend mieux alors pourquoi rien ou presque ne fonctionne.


Alors que la société de production et de distribution cinématographique américaine Miramax Films se sépare en cette année 2005 de sa filiale Dimension Films pour finalement la réintégrer au sein de la Weinstein Company (lesquelles sont à l'origine toutes deux dirigées par les frères Bob et Harvey Weinstein), Hellraiser VII : Deader sera donc l'un des derniers projets produits par Dimension Films sous la bannière de son ex-future maison-mère... Si les deux noms de Neal Marshall Stevens et Tim Day apparaissent au générique au sujet du scénario, c'est parce qu'à l'origine, le script qu'avait écrit Neal Marshall Stevens n'avait absolument rien à voir avec l'univers de Hellraiser. Un scénario qui avait donc été conçu pour un autre projet mais que la production de Hellraiser VII : Deader se réappropriera finalement. Invitant donc Tim Day à participer à son écriture en y intégrant l'un des descendants de Philippe Lemarchant en la personne de Winter Lemarchant. L'une des rares bonnes idées du scénario étant de confronter le gourou à Pinhead, l'on regrettera que cette option ait été remisée au placard. En effet, le récit tourne davantage autour de l'héroïne, que l'on peut d'ors et déjà comparer au héros du précédent volet, Trevor Gooden qu'interprétait trois ans auparavant l'acteur Dean Winters. Si quelques idées intéressantes subsistent parfois (l'étrange faune installée à l'arrière d'une rame de métro), la mise en scène et l'interprétation souvent trop théâtrale faussent tout. Rick Bota profitera de son passage en Roumanie pour enchaîner lui-même sur le tournage du huitième volet de la franchise intitulé Hellraiser VIII : Hellworld. Au vu du désastre qu'est Hellraiser VII : Deader, on tremble déjà à l'idée de lancer la projection de son successeur...

 

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