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samedi 2 décembre 2023

Upon Entry de Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vasquez (2023) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Parfois, il n'est nul besoin de bénéficier d'un budget important pour accomplir des prouesses. C'est ce que tentent à démontrer les réalisateurs Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vasquez qui avec leur premier long-métrage en commun intitulé Upon Entry signent une œuvre absolument remarquable. Le film pose une foule d'interrogations et parmi elles, certaines interrogent sur les raisons pour lesquelles un homme et sa compagne sont prêt à tout lâcher pour vivre le fameux rêve américain. Mais avant d'en arriver là, nous embarquons à bord d'un vol en partance de Barcelone et à destination de New-York, ville où Diego (Alberto Ammann) et sa compagne Elena (Bruna Cusi) ont prévu de faire escale avant de prendre une correspondance pour Miami où ils ont choisit de s'installer définitivement. Mais les choses ne vont pas tout à fait se produire comme ils l'avaient prévu car dès leur arrivée à l'aéroport de New-York, ils seront dirigés vers une salle d'interrogatoire où ils subiront une batterie de questions. Voici donc comment se présente Upon Entry dont l'essentiel se situe à un niveau inférieur de l'aéroport. Dès lors, en coupant ses protagonistes du reste du monde, les deux réalisateurs parviennent d'emblée à créer un climat anxiogène d'où sourd une angoisse sans cesse grandissante. D'autant plus que le film est emprunt d'une paranoïa particulièrement perceptible alors même que deux décennies se sont déjà écoulées depuis les terribles attentats du World Trade Center datant du 11 septembre 2001. Tout comme Elena et Diego subiront les dégâts collatéraux causés par les dizaines de questions, la fouille de leurs bagages où la confiscation de leurs smartphone, le spectateur sera lui-même mené vers un état d'angoisse quasi permanent qui se manifestera selon ses habitudes, par des pincements de lèvres, le grignotage des ongles ou bien encore un profond sentiment de gêne devant ce déballage forcé de détails plus ou moins intimes. Formellement, Upon Entry est on ne peut plus sobre. Quatre murs derrière, trois chaises et une table derrière laquelle nos deux amoureux vont devoir subir des questions que l'on jugera forcément parfois d'indiscrètes, poussant ainsi sans doute les plus sensibles à l'indignation.


L'état d'angoisse post-traumatique que porte en lui chaque américain contaminera finalement assez peu le spectateur qui prendra d'abord fait et cause pour Elena et Diego. En débarrassant leur œuvre de tout aspect superflu, Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vasquez retiennent l'attention du spectateur sur les points essentiels du scénario qu'ils ont conçu à quatre mains. Upon Entry ne dure que soixante dix-sept minutes mais certains pourraient déjà déclarer que la moitié à elle seule suffirait à démontrer où veulent en venir les deux hommes. Car dans l'obsessionnel et permanent combat contre le terrorisme du pays dans lequel s'inscrit le récit, Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vasquez n'oublient pas de décrire une certaine déshumanisation des représentants de l'état face à ce couple montré tout d'abord comme l'exemple parfait de la future intégration réussie. Et c'est justement à ce moment très précis où le dégoût des méthodes employées rebute autant le spectateur qu'il ne rend muet nos deux ''victimes'' qu'est renversée la vapeur. Débute alors un nouveau défi pour Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vasquez. Une nouvelle vérité à faire éclater au grand jour et que nous n'avions pas vu venir au départ mais dont la logique s'installe comme une évidence de plus en plus palpable. Mais bon sang, mais c'est bien sûr penserez-vous lorsque vous aurez eu l'occasion de la vérifier par vous même. Upon Entry est une brillante mise en tension de certaines règles appliquées à l'entrée de pays sous l'influence du terrorisme. L'écriture, d'une intelligence rare, nous fait entrer de plain-pied au cœur des protocoles mis en place lorsque est mise en doute l'arrivée d'un étranger sur le sol américain. La malice d'Alejandro Rojas et de Juan Sebastián Vasquez est alors égale au cynisme dont les deux réalisateurs et scénaristes feront preuve dans les tout derniers instants comme pourront le découvrir les futurs spectateurs. Remarquable !

 

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