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vendredi 29 septembre 2023

Feed Me de Richard Oakes et Adam Leader (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

T'en souviens-tu l'ami, lorsque en 2001, un sordide fait-divers porta le contenu de ton estomac jusqu'à l'orée de tes lèvres ? Allemagne, terre d'accueil où l'on exploite un accent à couper au couteau et d'où émergent parfois des individus tellement barrés que beaucoup ne peuvent les concevoir qu'à partir de faits relevant de la fiction et non de la réalité. Plainfield, aux États-Unis, eut son Ed Gein, tueur totalement déséquilibré, lequel tua à deux reprises. Des femmes bien portantes qu'il dépeça et éviscéra avant de se fabriquer une tunique en peau humaine. Sans oublier la trentaine de cadavres féminins qu'il alla déterrer dans divers cimetières de la région afin de fabriquer et ainsi donc se constituer la plus étrange collection de bibelots de toutes l'histoire de l'humanité. Des cinéastes, forcément, allaient s'emparer de l'affaire et pas des moindres. Il faudra à l'Allemagne, près d'un demi-siècle pour pondre l'un de ces dégénérés qui n'a aucun équivalant dans le règne animal. À dire vrai, on pourrait remonter bien plus loin que pour l'affaire du Boucher de Plainfield, jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle qui vit éclore deux des pires et des plus célèbres monstres germaniques que la nature humaine est seule capable d'engendrer. J'en vois certains qui lorgnent du côté d'un fameux moustachu qui s'appropria une croix crochetée vieille de sept-mille ans pour en faire le symbole de la haine ! Mais non, nous parlons ici plutôt du Boucher de Hanovre Fritz Haarmann et du Vampire de Düsseldorf Peter Kürten sur les biographies desquels je vous conseille de vous pencher. Mais revenons à cette affaire datant d'il y a maintenant un peu plus de deux décennies. Imaginez-vous avoir un ami dont la mère fut castratrice. Prenant un malin plaisir à l'humilier en public. Imaginez maintenant que le dit ami ait développé une passion pour le sadomasochisme, la torture et l'anthropophagie.....


En apprenant le pedigree du bonhomme, oseriez-vous vous laisser enfermer avec lui dans son manoir ne serait-ce qu'une nuit ? À la disparition de ses deux parents, Armin Meiwes développe de drôles de fantasmes dont celui de manger l'un de ses congénères. Pourquoi pas, me direz-vous. Toute passion se doit d'être respectée et l'amour pour la bonne chair en particulier. Bref, le bonhomme passe à de nombreuses reprises une petite annonce dans laquelle il espère trouver un homme qui acceptera de se laisser manger par lui !!! Ça ne s'invente pas ! Et devinez quoi : cette démarche on ne peut plus sinistre va donner des résultats. Bernd Jürgen Armando Brandes se présente devant la porte du manoir d'Armin Meiwes situé à Rotenburg. Pour le reste, je vous invite une nouvelle fois à effectuer les recherches adéquates qui vous permettront d'en savoir davantage sur ce spectaculaire et sanguinaire fait-divers qui se déroula donc au début du nouveau millénaire. Depuis maintenant trois jours, le DVD de Feed Me est devenu disponible à l'achat. De quoi se faire sa propre opinion sur ce qui s'apparente à une très alléchante promesse en matière de cinéma d'horreur. Écrit et réalisé par Richard Oakes et Adam Leader, Feed Me ne se laisse que très tardivement apprivoiser. Il faut dire que les errances psychologiques de l'un des deux protagonistes principaux rencontrant ponctuellement le fantôme de son épouse très récemment découverte par la police pourrissant dans son lit ont de quoi questionner. D'autant plus que leur redondance sert manifestement de remplissage dont l'avide consommateur d'hémoglobine n'aura cure. Et effectivement : on s'en cogne qu'il ait perdu sa femme. Et par prolongement, on s'en tape de ces futiles conversations qui viennent nous briser les c...... et heurter le rythme d'une œuvre qui se veut aussi bien comédie que film d'horreur.


Et c'est vrai que le ton est parfois bon enfant. Lionel Flack (l'acteur Neal Ward) et sa perruque infuse au récit un ton proche de la parodie horrifique. Pourtant, si l'on prend un instant, même très court, pour réfléchir à la situation qui se déroule devant nos yeux, à priori, les raisons de rires devraient être absentes. Perte d'un être cher, désir de suicide, pour au final en venir à l'un des actes les plus monstrueux qui soient. Feed Me ne respecte pas scrupuleusement le fait-divers dont il s'inspire. Cependant, les actes auxquels l'on assiste sont suffisamment équivoques pour créer un lien entre le réel et la fiction. Parfois amusant mais aussi et surtout, très glauque, les deux réalisateurs/scénaristes ne nous épargnent absolument rien. À commencer par des décors comme aucune publicité consacrée à n'importe quel détergeant n'oserait rêver. Murs recouverts d'une épaisse couche de graisses. Déjections de toutes sortes. Matières organiques accumulées aux jointures du lavabo. Baignoire cradingue, cuisine et autres pièces communes grouillant d'immondices. Le chef décorateur s'en est donné à cœur joie et ça se voit. Un décorum morbide pour des actes qui de leur côté n'ont rien à envier au sordide de l'environnement. Le pauvre Jed Freeman (Christopher Mulvin) va en baver. On commence par un doigt et ça se termine en chaise roulante les deux jambes amputées. Il y a bien quelques personnages secondaires mais au fond, tout ceci reste très basique. Les amateurs de gore et d'ambiance poisseuse seront aux anges. Quant à ceux qui aiment d'abord les comédies ou qui ont l'estomac fragile, ils finiront sans doute la tête penchée au dessus des gogues à vomir l’entièreté du contenu de leur estomac. Après, chacun est en droit de se faire sa propre opinion. En cherchant bien, on pourra même parfois trouver le film poignant. Surtout durant cette séquence finale lors de laquelle sont décrites l'effroyable existence et l'incurable folie dont est la proie Lionel. Un dernier conseil : bannissez la désastreuse version française et préférez l'originale...

 

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