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vendredi 5 mai 2023

Tag (Riaru Onigokko) de Sion Sono (2015) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

J'avais prévu au départ de poursuivre ''l'aventure Sion Sono'' avec Tag (Riaru Onigokko) , l'un des six longs-métrages que le réalisateur japonais réalisa en cette seule année 2015 mais vue l'ampleur de la déception, j'ai très rapidement changé d'avis afin de me concentrer sur The Whispering Star qui lui-même est sorti la même année. Il faut dire que si la forme est demeurée la même que pour la plupart de ses précédentes œuvres, le fond, lui, est fut aux abonnés absents. On va donc la faire courte et énumérer les très rares qualités de ce film qui heureusement ne dépasse pas les quatre-vingt cinq minutes. Ce qui, vu le vide scénariste qui sépare Tag du reste de la filmographie de Sion Sono, est déjà une épreuve difficile à accomplir jusqu'à son terme. Elles sont jeunes, elles sont belles (la palme revenant sans doute à l'actrice austro-japonaise Reina Triendl qui y tient le personnage de Mitsuko) et retiendront tout d'abord l'attention des amateurs d'étudiantes japonaises en uniforme. Chemisiers blancs, cravates et jupes (très) courtes à carreaux bruns laissant apparaître de soyeuses culottes immaculées, ceux qui espéraient découvrir de délurées écolières seront pourtant déçus. Ici, pas de sexe, pas même un baiser et tout au plus, la main d'une étudiante passant dans la chevelure de l'une de ses camarades. C'est donc sur autre chose que repose Tag. Et certainement pas sur son scénario, écrit par Sion Sono lui-même, peu inspiré bien qu'il s'agisse de l'adaptation du roman Riaru Onigokko de Yūsuke Yamada. Le japonais n'est donc pas allé chercher parmi les amateurs de volupté charnelle ou de sexualité bestiale mais du côté de ceux qui apprécient, aiment, adorent ou idolâtrent le sang et les tripes ! Ici, ces derniers seront en partie servis...


Des dizaines de corps coupés en deux lors d'un voyage scolaire, une fusillades alignant les victimes à l'intérieur d'un lycée, un mariage qui vire au carnage ou un marathon qui se transforme en course-poursuite ! Généralement réalisés à l'aide d'effets-spéciaux numériques du plus mauvais goût, les plus anciens auront bien du mal à se sentir rassasiés par les séquences horrifiques. D'autant plus qu'entre ces effusions gores, le film ne propose pas de réel challenge aux spectateurs. Lui qui avait pour habitude de nous offrir des œuvres dont l'intérêt reposait autant sur le fond que sur la forme, Sion Sono réalise avec Tag un long-métrage étonnamment plat. Sans enjeu véritable autre que d'assister à la course perpétuelle de son héroïne dont l'identité changera à plusieurs reprises en cours de route. Le film ressemble vaguement à une pâle copie asiatique de la franchise américaine Destination finale à laquelle aurait été quasiment ôté le côté ludique. On s'ennuie. Ferme ! Espérant même que le film rattrapera ses lacunes grâce à ses effets visuels (qui pourtant laissent craindre d'emblée leur superficialité) ou à quelques plans érotiques dont le réalisateur et scénariste dote un nombre conséquent de ses œuvres. Tag part dans toutes les sens. Un peu comme d'habitude diront certains, et ils n'auront pas tort. Sauf que le scénario ne rattrape jamais la délirante mise en scène et ne sert aucun propos à proprement parler. Du moins certains auront-il la pudeur d'accorder à Sion Sono sa tentative de twist final, si grotesque soit-elle. Le message reposant vaguement sur l'idée du contrôle de son propre destin, le faible budget d'un millions et deux-cent cinquante mille dollars s'étale disgracieusement à l'écran. Dans sa vaine volonté d'émouvoir, le japonais signe un drama mâtiné d'horreur et d'action très ennuyeux qui de surcroît ne rempli pas le dixième du cahier des charges habituel de son auteur. Finalement moins inspiré que lorsqu'il travaille sur la base de ses propres scénarii, Sion Sono déçoit. Six longs-métrages réalisés la même année... voilà qui justifie peut-être les raisons d'un tel échec...

 

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