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mardi 21 février 2023

Blood de Brad Anderson (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dire que j'attendais le nouveau long-métrage de Brad Anderson avec impatience est un euphémisme. Qu'il s'attaque à la comédie romantico-fantastique (Happy Accidents), au film d'épouvante (Session 9) ou au thriller (The Machinist, Transsiberian, The Call, Hysteria, La fracture), son cinéma ne m'a presque jamais déçu (en dehors du très décevant L'Empire des Ombres). Nous attendions le drame In search of Captain Zero et le film d'horreur Book of Leaves mais c'est finalement Blood qui a finalement fait son apparition au festival Gerardmer... Si l'on peut émettre des doutes à son sujet, c'est peut-être parce qu'avec L'Empire des Ombres, le réalisateur américain n'était pas vraiment parvenu à ses fins et nous avait laissé avec sur les bras, une œuvre terriblement anecdotique. Ce qu'est prête à accomplir une mère par amour pour son fils, voilà comment nous pourrions résumer en partie le thème du dernier long-métrage de Brad Anderson. Car sous ses allures de film au sujet relativement classique (un gosse, mordu par son chien, est atteint d'une maladie étrange le poussant à se nourrir exclusivement de sang humain), le script du scénariste Will Honley regorge de tout un tas d'idées qui permettent à Blood de sortir du carcan étriqué du simple film de vampire... Cette définition du mal qui ronge un enfant n'est d'ailleurs peut-être pas celle qui convient puisqu'il faudrait pour s'en assurer, remonter jusqu'aux origines du mal. Quelle est donc cette chose que Owen (le jeune Finlay Wojtak-Hissong dont il s'agit là du cinquième rôle au cinéma en quatre ans) et sa sœur ont découverte le jour où ils avaient l'intention d'aller pêcher au bord d'un lac qui s'est avéré asséché ? S'impose à Jess, la mère, un choix moral particulièrement crucial : Obéir à son instinct maternel et agir de manière contraire à ce que veut son métier d'infirmière, lequel est donc de sauver des vies et non de les enlever ? Ou bien refuser à son fils le sang, cette seule nourriture que son organisme est désormais en mesure d'accepter, sans lequel il ne peut survivre ? L'on retrouve comme dans La fracture, le sens de la famille si cher à Brad Anderson et dont les implications sont ici démultipliées. En effet, outre le cas de conscience d'une mère vis à vis du comportement à adopter face aux besoins de son enfant, cette douloureuse épreuve est accompagnée d'une certaine idée de rédemption. L'on apprend en effet très rapidement que Jess est séparée depuis peu de son mari. Ancienne dépendante à certaines drogues, elle ne s'est jamais vraiment occupée de son fils et de sa fille et maintenant que son ex-mari entreprend avec son avocat de revoir les termes concernant la garde d'Owen et de sa sœur, la mère doit prouver qu'elle est désormais capable d'en avoir la charge...


Brad Anderson ne simplifiant pas les choses, le réalisateur plonge ses personnages dans un contexte qui semble tout faire pour que Jess (l'actrice Michelle Monaghan) perde la garde de ses deux enfants. Des petits détails qui vont peu à peu consumer cette mère et la pousser à prendre des décisions a priori inenvisageables. Blood rassure sur les capacités du réalisateur à plonger ses protagonistes dans une œuvre teintée de fulgurances horrifiques mais aussi et surtout au cœur d'une histoire touchante entre un ex-époux (l'acteur Skeet Ulrich) que l'on aime détester même si ses propos sont généralement justifiés et une ex-épouse désemparée Le fait est que l'on se place d'emblée du côté de cette mère fragile qu'incarne très justement l'actrice. Mais là où le scénario de Will Honley et la mise en scène de Brad Anderson font preuve d'un certain sadisme demeure dans les changements d'humeur que le long-métrage provoque chez le spectateur. Justifiant tout d'abord les actes perpétrés par Jess, celui-ci éprouvera de moins en moins d'empathie pour la mère de famille, jusqu'à réprouver totalement sa fonction de mère nourricière. Concentrant son action entre l’hôpital où est soigné Owen mais plus généralement dans la demeure familiale, Blood n'est certes pas le meilleurs long-métrage de son auteur ni même le film de l'année mais offre une singulière vision de ce que peut être l'amour maternel ! Notons parmi les interprètes, la présence de la jeune Skylar Morgan Jones dans le rôle de Tyler, la sœur d'Owen ou celle de June B. Wilde dans celui de Helen, une vieille dame mourante qui fera les frais des besoins de l'enfant. Notons également que dans le rôle d'Owen, Finlay Wojtak-Hissong est souvent saisissant et campe donc à merveille ce pseudo-vampire s'enivrant de sang. Blood poursuit la mode des mères de famille monstrueuses comme l'avait entreprit deux ans auparavant Aneesh Chaganty en offrant à l'actrice Sarah Paulson le rôle principal de Run. Mais comme le constateront rapidement les spectateurs de Blood, Brad Anderson emprunte une trajectoire bien différente. Voire justifiée, dotée d'une belle photographie et d'une bande musicale parfois envoûtante...

 

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