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samedi 16 mai 2026

Omnivoros de Oscar Rojo (2013)



Marcos Vela est contacté par une éditrice afin d'enquêter sur les réseaux de restaurants clandestins en Espagne. Acceptant de s'infiltrer pour le compte de Paola Bardon afin d'écrire un papier juteux sur ce phénomène en expansion depuis des années à New-York et Londres, Marcos croise durant l'un de ces coûteux dîners une certaine Eva. La jeune femme se retrouve très vite dans le lit du critique gastronomique et lui révèle l'existence d'un restaurant dans lequel on sert à quelques privilégiés clients une viande toute particulière.

Moyennant une somme de dix mille euros et la promesse de tenir sa langue, Marcos parvient à s'y faire inviter. En fait de restaurant, le jeune homme arrive dans une luxueuse demeure après avoir roulé à l'arrière d'une voiture le yeux bandés. Il est présenté aux propriétaire de lieux, un certain Dimas qui semble douter des véritables intentions de Marcos. Questionné, le propriétaire présente alors au critique les pièces de viandes qui lui seront servies plus tard dans la soirée...

Des débuts « choc », marquants, à « vomir ». C'est ce que disent, pensent ou écrivent certains sur la scène d'ouverture de cet Omnivoros signé Oscar Rojo. Personnellement, et pour l'avoir regardé à jeun ce matin, je dois dire que je n'ai pas très bien compris les raisons qui ont pu pousser certains à dire que les débuts de cette œuvre étaient prometteurs. Si ce n'est le masque de la souffrance terriblement bien retranscrit sur le visage de cette mère agonisant sur son lit de mort, l'enfant se nourrissant de sa génitrice une fois décédée à ce petit quelques chose qui en fait, je trouve, une scène parfaitement ridicule. On veut dès le départ nous faire comprendre que l'on n'est pas ici pour rigoler. Que l'épreuve sera difficile. Éprouvante. Cauchemardesque. Mais n'est pas Peter Greenaway qui veut (Le cuisinier, Le Voleur, Sa Femme et Son Amant). Ici, pas vraiment de scénario. Ou si peu. Juste un prétexte pour nous montrer une cuisine assez particulière. Autant que puisse l'être l’équarrisseur, ce doux-dingue qui s'amuse littéralement en ébouillantant le torse de l'une de ses victimes.

Le film est constitué de deux principales idées qui ne se succèdent pas mais se chevauchent au contraire jusqu'à un final qui s'avère, du moins si l'on fait très attention au « petit » détail, parfaitement inutile. A croire que le cinéaste espagnol prend les spectateurs pour des êtres aussi stupides que son boucher.

Nauséeux Omnivoros ? Pas vraiment. Et pourtant, le cadre huppé dans lequel se déroulent les événements aurait pu achever de faire de cette œuvre un monument de perversion. Il n'y a malheureusement pas grand chose à sauver du film de Oscar Rojo. De la viande encore vivante enchaînée et malmenée, on en a déjà vu des tonnes. Omnivoros se cherche mais a beaucoup de mal à se trouver.
Pourtant, tout n'est pas à jeter aux ordures. Le film possède un parfum d'érotisme qui conviendra certainement à quelques-uns d'entre nous. De plus, les passages se situant dans la cuisine ici transformée en abattoir promettent quelques dégoulinantes scènes d'horreur, avouons-le, plutôt bien fichues (l'homme vidé de son sang comme un cochon) et une délicieuse scène de repas cannibale durant laquelle la caméra fait office de spectatrice incommodée par le spectacle qui s'y déroule. A part ces quelques menus détails, Omnivoros se révèle finalement assez plat et surtout sensiblement ennuyeux...


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