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vendredi 24 juillet 2020

Campeones de Javier Fesser (2018) - ★★★★★★★★★☆



Les films réunissant des équipes sportives formées de joueurs hors du commun voient le jour depuis quelques années sur les écrans de cinéma. En France, qui n'a pas entendu parler en 2018 du Grand Bain de Gilles Lellouche dont les médias n'ont eu de cesse de nous rabattre les oreilles tandis que l'année suivante allait sortir sans tapage médiatique le formidable Les Crevettes Pailletées de Cédric le Gallo et Maxime Govare ? Bien moins reluisant mais pourtant sympathique allait suivre ensuite en début d'année 2020 Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi. Rapport entre ces trois longs-métrages ? Leur propension à faire évoluer des personnages dans un contexte sportif (d)étonnant. Dans le premier, une équipe de natation synchronisée masculine, dans le second une équipe de Water Polo homosexuelle, et dans le troisième, une équipe de football uniquement constituée de femmes (pour ce dernier, rien d'incroyable à dire vrai). Mais alors que ces trois là ont rencontré des fortunes diverses, c'est peut-être sans doute du côté de l'Espagne qu'il fallait se tourner lorsque la ''contagion'' a commencé à se propager. Sorti chez nous quatre mois seulement avant Le Grand Bain, Campeones (Champions) du réalisateur espagnol Javier Fesser conte cette fois-ci l'histoire de l'entraîneur de basket Marco Montes qui pour avoir provoqué une bagarre à l'issue d'une rencontre est licencié puis envoyé devant une juge après avoir provoqué un accident de voiture alors qu'il était en état d'ébriété. Condamné par la justice, il a le choix entre faire deux ans de prison ou entraîner durant trois mois une équipe de joueurs de basket déficients mentaux. Marco Montes choisit alors cette seconde option. Un choix qui va bouleverser sa vie...

ainsi que celle des spectateurs, ou du moins, durant les quelque deux heures environ que dure cette comédie dramatique heureusement plus drôle que larmoyante même si à leur simple évocation, le souvenir de certaines séquences réellement touchantes demeure encore vif. Interprété par un Javier Gutiérrez Álvarez absolument divin, Marco Montes change du tout au tout. De l'arrogant personnage qui en font tout d'abord un antagoniste épouvantable, son implication forcée à l'entraînement d'une équipe entièrement constituée de handicapés mentaux va le changer pour en faire un homme bon et surtout, beaucoup moins matérialiste, opportuniste et orgueilleux qu'au départ. À l'origine, Campeones s'inspire vaguement d'un fait divers incroyable ayant secoué les Jeux Paralympiques de Sydney en 2000 et dont le réalisateur français Vianney Lebasque s'inspirera pour son très réussi Chacun pour Tous sorti un an auparavant en 2017. En effet, lors de ces jeux, il fut révélé que dix des douze joueurs de l'équipe de basket espagnole n'étaient pas de véritables handicapés. Un scandale qu'évoque en arrière-plan le film de Javier fesser avec toute la subtilité nécessaire eu égard aux acteurs interprétant les joueurs de l'équipe de basket qui pour le coup sont eux, de véritables handicapés mentaux. Cela pourrait paraître pour certains anodin et pourtant, c'est sans doute grâce à ce ''détail'' que Campeones se démarque de la concurrence et fait toute la différence...

Inutile de préciser qu'ici, le voyeurisme n'a absolument pas sa place. Et même si la curiosité génère au départ un certain intérêt, on est très vite happé par l'incroyable présence de ces interprètes qui plutôt que de créer un climat de malaise se révèlent immédiatement attachants. Qu'il s'agisse de Jesús Lago, de Fran Fuentes, de Stefan López ou encore de Jesús Vidal ou de José de Luna, il demeure difficile de rester insensible devant cette équipe hors du commun dont les ''faiblesses intellectuelles'' ne l'empêche pas de révéler une grande humanité et surtout, une extraordinaire sincérité. Surtout, Campeones ne cherche jamais l’apitoiement du spectateur. Ces êtres pas tout à fait comme le commun des mortels se révèlent au final aussi attachants que n'importe quel acteur dit normal. Et même, sans jamais s'apitoyer sur cette infirmité qui ne semble à l'écran, jamais être véritablement un handicap pour chacun d'entre eux, l’œuvre de l'espagnol se permet d'utiliser ses interprètes lors de séquences irrésistiblement drôles sans qu'à aucun moment le spectateur ne puisse évoquer une quelconque forme de ridiculisation de ses interprètes et de leur infirmité. Divertissant, drôle et émouvant, Campeones est une grande leçon d'humanité. Preuve que le film est une totale réussite : Comme pour le ''héros'' interprété par Javier Gutiérrez Álvarez, c'est avec beaucoup de difficulté que l'on accepte de dire au revoir à ces merveilleux personnages lorsque le générique de fin met un terme à cette jolie histoire...

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