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samedi 21 décembre 2019

Uryde de Aaron Jay Rome (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le coucou est un oiseau grimpeur grand comme une tourterelle, couleur gris cendré au ventre blanc et dont la particularité est de vivre au sein du nid des autres oiseaux. En effet, la mère du ou des futurs coucou(s) dépose son ou ses œuf(s) dans un nid étranger, débarrassant les lieux de ceux déjà présents. C'est la mère qui, à l'origine de la fabrication du nid et de la ponte des œufs de l'autre espèce se chargera de couver ceux de la femelle coucou, croyant ainsi se charger des siens... C'est un peu sur ce postulat que le réalisateur américain Aaron Jay Rome tourne son premier long-métrage en solo après avoir mis en scène aux côtés d'Ashley Lenz la comédie dramatique Go Crazy Go Mad. La même année, soit en 2018, le cinéaste tourne donc un End Trip dont l'originalité repose autour de la méthode employée par un tueur en série pour prendre possession non seulement de la vie de ses proies, mais également de leur existence toute entière. Bien que le scénario ne se résume pas à grand chose d'autre qu'un vide absolu, son indigence est contrebalancée par une profusion de dialogues que vont échanger un chauffeur de l'entreprise de transport Uryde (comparable à la célèbre application Uber qui permet de mettre en relation des chauffeurs avec des clients désireux de se déplacer en voiture) et l'un des premiers clients qu'il prendra à son bord lors de son service nocturne...

Interprété par le réalisateur lui-même ainsi que par Dean J. West qui incarne lui, le rôle du psychopathe en question, End Trip est un curieux mélange de road trip et de film horrifico-existenciel à bord duquel deux hommes échangent en outre leur point de vue sur leur vie de couple respective. Si le scénario écrit par Aaron Jay Rome s'avère effectivement plutôt mince et l'intrigue identifiable assez rapidement, le réalisateur imprime un rythme très particulier qui laisse supposer l'emprise du passager sur le chauffeur prendre une place de plus en plus importante et signifie surtout, la dangerosité des réseaux sociaux et de la confiance que l'on peut à tort ou raison, concéder à un individu que l'on n'est pas amené à revoir. Concernant les réseaux sociaux, Aaron Jay Rome démontre avec un certain réalisme que l'on peut très facilement identifier un individu et s'emparer d'une foule d'informations le concernant afin de prendre sa place dans la société. End Trip diffuse un lent poison, entrecoupant les échanges entre chauffeur et passager par des séquences situées dans un proche avenir, ne laissant aucun doute sur le sort accordé au premier.

Dommage que le scénario n'ait pas été davantage développé car l'idée même du psychopathe s'informant sur le chauffeur afin de s'en débarrasser et de prendre sa place dans son existence était plutôt séduisante. Renvoyant vaguement au cas réel de Martin Guerre, deux fois adapté sur grand écran, End Trip possède une ambiance très particulière du fait que le film soit en très grande partie filmé à l'intérieur d'un véhicule, de nuit, dans des rues désertes. Dean J. West incarne un passager tour à tour séducteur et déséquilibré. Quant à Aaron Jay Rome, il interprète un chauffeur un peu trop confiant envers son prochain. Le spectateur sent peu à peu le piège se refermer sur lui jusqu'à cet acte presque final d'une certaine violence où il meurt étranglé par son bourreau. On pourra toujours arguer que le montage empêche toute montée en pression puisque dès le départ ou presque le spectateur connaît les intentions du psychopathe. On pourra également être déçu du manque de développement autour de la ''relation'' entre celui-ci et Stef, la petit amie de Brandon. Le cinéaste ayant choisi de se pencher davantage sur les rapports entre le chauffeur et son passager, il semble avoir été contraint d'écarter certains aspects, ce qui au final, s'avère quelque peu dommageable envers son film. End Trip est un sympathique petit long-métrage qui cependant, s'oubliera très rapidement...

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