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mardi 19 février 2019

L'Exorcisme de Hannah Grace de Diederik Van Rooijen (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆



J'avais prévu de vous parler du Flic de Belleville de Rachid Bouchareb, avec Omar Sy. Mais encore aurait-il fallut que j'aille jusqu'au bout. Malheureusement, je n'en ai pas eu la force ni le courage. M'est avis que l'ancien pote de Fred Testot aurait peut-être dû continuer à faire de la télévision... Oui mais voilà : Éric Toledano et Olivier Nakache et le succès de leur Intouchables étant passé par là, voilà qu'ont sans doute poussé dans le dos d'Omar Sy, des ailes bien trop grandes pour lui. Amusant lorsqu'on lui offre des seconds rôles, mais beaucoup moins lorsqu'il doit endosser le costume du personnage principal. Une filmographie trop longue à énumérer de mémoire depuis 2011. Et puis, l'année dernière, la surprise... de celles, mauvaises, qui sentent aussi fort qu'un étron qui vient d'être souillé du pied droit. Omar Sy dans la peau d'un ersatz du Flic de Beverly Hills. Déjà qu'aux États-Unis, ils nous avaient fait le coup des suites, le mythe s'étiolant quelque peu. En France, pas cons, les distributeurs allèrent jusqu'à oser traduire le Metro de Randy Fledman sortit en 1997 par Le Flic de San Francisco histoire de surfer sur le succès du Flic de Beverly Hills. Une infamie ! Comme Le Flic de Belleville, d'ailleurs. Omar Sy a beau posséder un capital sympathie qui ferait passer n'importe quelle vanne post-CANAL+, il n'arrive pas à la cheville de son homologue américain. Même pas à la plante des pieds, c'est vous dire si le film est un désastre. Quitte à jouer dans la langue de Shakespear (le film de Bouchareb se passe en partie à Miami), il aurait été amusant d'entendre la voix de Abib Mohamed Medoun Hondo, le doubleur officiel d'Eddie Murphy doubler la voix d'Omar Sy. Enfin, c'est juste une idée quoi... Parce que le film, même sans évoquer le fait qu'il s'agit d'un hommage aux films d'action des années quatre-vingt, est carrément ennuyeux. Pas drôle, et pathétiquement interprété par un Omar Sy ne convaincant jamais.

Enfin bref, tout ça pour dire, qu'à la place, j'ai choisi d'aborder un autre long-métrage dont la réputation ne vaut guère mieux. Pourtant, allez savoir pourquoi, j'ai bien aimé. Et puis, hein, on s'en fout un peu de l'avis des autres. Sinon on ne regarderait plus rien, les salles de cinémas se videraient comme les rayons des supermarchés en temps de guerre, et on resterait enfermés dans nos chambres le nez collé sur nos smartphones ! Faut dire que j'ai de la chance. Parce qu'entre L'Exorciste de William Friedkin et L'Exorcisme de Hanna Grace, j'ai échappé à la horde de longs-métrages qui ont pollué les étagères des rayons fantastiques ces dix ou quinze dernières années. Pas vu, donc, L'Exorcisme d'Emily Rose, Le Dernier Rite, L’Étrange Cas de Deborah Logan, Le Dernier Exorcisme 1 & 2, Délivrez-Nous du Mal, L'Exorcisme de Molly Hartley, Anneliese : The Exorcist Tapes, et j'en passe des pires et des meilleurs...

L'Exorcisme de Hanna Grace, lui, se déroule dans une morgue. De là à dire que le film du cinéaste néerlandais Diederik Van Rooijen (à vos souhaits!) ressemble à l'excellent The Jane Doe Identity du norvégien André Øvredal, il n'y a qu'un pas. Qu'il s'approprie l'univers de Nattevagten du danois Ole Bornedal, là aussi, il n'y a qu'un pas. Ou bien qu'il reprend le principe du film de William Friedkin, et bien... heu... en fait, pas du tout. D'où ce titre complément con. Je veux bien qu'au début l'on nous exhibe une gamine possédée maltraitant quelques personnalités du clergé, mais ensuite, le film prend un virage qui le rapproche en fait davantage des fantômes « Made in Japan ». A vrai dire, que le titre respecte ou non le contenu du film, on s'en fiche. Le principal étant que Diederik Van Rooijen ait réussi à créer un véritable climat d'angoisse, sans doute lié au contexte (osez donc passer une nuit seul(e) dans une morgue).

Le film nous conte les mésaventures d'une ancienne flic qui accepte un poste de nuit dans la morgue où elle est elle-même soignée pour ses problèmes d'addiction. Une nuit, on lui apporte le corps partiellement brûlé d'une adolescente dont l'arrivée coïncide alors avec d'étranges événements. Bonne ambiance, effets-spéciaux efficaces, rythme lent mais pas désagréable, L'Exorcisme de Hanna Grace fait son travail. Sans doute pas le chef-d’œuvre de l'année, mais se regarde avec plaisir...

mardi 11 septembre 2018

Zombies et autres Morts-Vivants dans les Séries Télévisées...3 (Castle : Morts-Vivants)




Il n'y a pas plus explicite qu'un titre tels que Morts-Vivants pour décrire le contenu de l'épisode d'une série télévisée, et c'est celui qui fut retenu pour le vingt-deuxième épisode de la quatrième saison de Castle. Huit saisons forment cette série américaine constituée de 173 minutes et créée par le scénariste et producteur Andrew W. Marlowe. Ce dernier y met en scène les aventures d'un écrivain et d'un lieutenant de police qui ensemble vont enquêter sur différentes affaires de meurtres. L'épisode qui nous intéresse ici met en scène un cas particulièrement étrange d'homicide puisque la victime, un trader âgé de 29 ans, a été retrouvée morte dans le parking sous-terrain de l'établissement dans lequel il travaillait, des morsures humaines sur le corps. En investiguant, Richard "Rick"  Castle et Katherine "Kate" Beckett découvrent qu'un autre trader, qui depuis s'est réfugié chez lui, à lui aussi été attaqué par ce qu'il affirme être un zombie. Une affirmation que semblent confirmer les enregistrements vidéos d'une caméra de surveillance...

Avec cet épisode de Castle, il semblerait que l'on s'éloigne un peu plus du mythe du zombie haïtien pour se rapprocher du morts-vivant déliquescent cher au regretté George Romero. Dans un contexte qui à l'origine n'emprunte rien au fantastique et se veut une série policière, y voir débarquer les 'morts-vivants' du titre peut paraître farfelu. Et pourtant, durant un temps qui se révélera plutôt court, on a vraiment envie d'y croire. Si le propos est souvent rabaissé ici du fait de l'ironie des dialogues que se partagent les deux héros incarnés par Nathan Fillion et Stana Katic, Morts-Vivants et avant tout autre chose un hommage aux classiques du genre, et même d'un certain Thriller de Michael Jackson lors d'une séquence faussement fantastique révélant une partie du subterfuge.

En fait, cet épisode réalisé par Bill Roe met en lumière un fait de société particulièrement horrible faisant des ravages dans le milieu de la toxicomanie puisque Morts-Vivants évoque la 'drogue zombie', connue pour avoir des effets dévastateurs sur celui qui en consomme. On se rappelle en effet cette incroyable histoire vécue un 26 mai par un sans-abri qui fut agressé par un certain Rudy Eugene, lequel, sous l'emprise de drogues, déchiqueta le visage du pauvre homme avant d'être abattu de plusieurs balles par la police. L'homme y dévora littéralement le pauvre SDF tel un zombie se repaissant de sa victime, le visage ensanglanté, des lambeaux de chair entre les dents. C'est sur ce type de postulat qu'entre en jeu l'intrigue de cet épisode qui piège le spectateur mais révèle en réalité une machination orchestrée par un dealer afin de se débarrasser de l'ancien compagnon récalcitrant de sa petite amie. Contrairement aux épisodes de Cosmos 1999 et Super Jaimie, l'explication ne relève donc ici d'aucun fait fantastique même si l'épisode tente de maintenir le suspens durant une bonne partie des quarante et une minutes qu'il dure.
Nos deux enquêteurs, abasourdis par l'assurance et l'arrogance du véritable coupable, finiront par le prendre en défaut en le piégeant à l'aide de ses propres outils...
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