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dimanche 25 janvier 2026

Influencers de Kurtis David Harder (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sans doute ne ressens-je pas de besoin fondamental ni de désir authentique à vouloir perdre les dix minutes qui viennent à écrire au sujet de Influencers de Kurtis David Harder dont je n'avais pas même entendu parler jusque là mais dans mon for intérieur, une petite voix m'a dit cette nuit de ne pas passer à côté de l'occasion d'expliquer qu'il ne sert à rien de perdre son temps devant ce pseudo film d'horreur qui n'a au fond, absolument aucun intérêt ! Dès le titre l'on sent que quelque chose cloche. Car si même les plus jeunes ne conçoivent pas encore l'idée que Travailleurs et Influenceurs sont deux oxymores, leurs attentes sont sans doute beaucoup plus importantes chez eux que chez les plus anciens, rompus au genre auquel certains grands films donnèrent ses lettres de noblesse. À quoi s'attendre avec un tel sujet ? Probablement comme d'habitude avec ce genre de production. De jeunes et jolies femmes souvent botoxées, dont la cervelle ne pèse pas davantage que celle des pigeons qui roucoulent sur les balcons, dans les rues parisiennes ou dans les parcs en attendant qu'on les nourrisse de miettes de pain ! Débitant en outre des lignes de dialogue dont la portée philosophique est à la portée des manucures et des shampouineuses. En ce (contre)sens, Influencers étonne puisque le film marque trois ans plus tard le retour à l'écran de la productrice, réalisatrice, scénariste et actrice Cassandra Naud dont le visage est dévoré depuis sa naissance par une tâche sombre sur la joue droite. Une impressionnante marque qu'elle a cependant choisit de porter avec fierté comme dans cette séquelle de Influencer (sans S) qui la mit déjà en scène ainsi que l'actrice Emily Tennant, trois ans auparavant. Celle-ci incarne pour la seconde fois le rôle de Madison qui en 2022 s'était retrouvée abandonnée sur une île déserte de la Thaïlande après que sa ''nouvelle amie'' CW (qu'interprète donc Cassandra Naud) lui ait volé ses papiers, toutes ses affaires pour ensuite usurper son identité afin de s'en servir sur les réseaux sociaux, lui permettant ainsi de piéger et d'attirer à elle des proies qu'elle finissait par assassiner ! Dans cette séquelle, Madison est d'abord en retrait puisque le film se concentre durant une bonne partie du récit sur CW et sur sa petite amie Diane (Lisa Delamar) qu'elle fréquente maintenant depuis un an. Afin de fêter l'anniversaire de leur rencontre, CW l'invite dans le sud de la France pour un pèlerinage au cœur des vignobles...


Lors d'un arrêt dans un hôtel, les deux jeunes femmes font la connaissance de Charlotte (Georgina Campbell), une célèbre influenceuse qui pour CW accapare un peu trop l'attention de sa petite amie. La jeune femme prend alors la décision de s'en débarrasser. Réapparaît ensuite à l'écran Madison, injustement accusée des meurtres commis dans le premier long-métrage et qui dans cette suite va poursuivre CW jusqu'à Bali afin d'obtenir vengeance. S'affiche également à l'écran l'influenceur Jacob (Jonathan Whitesell). Un beau jeune homme sachant profiter de son charisme et de son bagou pour manipuler les internautes. Il sera le point de ralliement des deux protagonistes principales, CW et Madison qui lors d'un final se déroulant chez Jacob pourront enfin régler leurs comptes ! Bon ben, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que le film est un chef-d’œuvre ou de manière moins grandiloquente qu'il s'agit d'une honnête petite bande horrifique ? Ben non. Influencers n'est malheureusement ni l'un, ni l'autre. On ne peut pas dire que Kurtis David Harder ait gâché un concept de base éventuellement intéressant car le monde tel qu'il est décrit à l'image est en tout point commun à celui que l'on retrouve sur les réseaux sociaux : factice et superficiel ! Aucun passion n'émerge pour l'une ou l'autre des principales protagonistes. Qu'elles survivent ou qu'elles meurent, quelle importance ? Niveau hémoglobine, ça va. Quelques épanchements sanguins qui malgré tout ne donneront la nausée qu'à un tout petit cercle de spectateurs peu habitués à voir ce genre de spectacle. Reposant une nouvelle fois sur un script écrit des mains mêmes du réalisateur, le scénario est on ne peut plus basique. La caractérisation des personnages n'intéressant jamais le cinéaste l'on se retrouve alors devant une succession d'actes qui nous laissent parfaitement indifférents. D'un classicisme qui confine à l'ennui, Influencers se conclut en outre par un final grand-guignolesque absolument inutile, au point de friser le ridicule. Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent avec ce Influencers vite vu, vite oublié...

 

mercredi 10 mars 2021

Spiral de Kurtis David Harder (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après le drame Cody Fitz en 2011 et le thriller de science-fiction Incontrol en 2017, le réalisateur américain Kurtis David Harder revenait il y a deux ans avec Spiral, drame horrifique et thriller baignant dans une bain de conservatisme, d'homophobie et de racisme. Découle de cette approche, une œuvre étrange bien qu'étant sensiblement peu inspirée puisque comme pourra le constater le spectateur, le film emprunte à quelques grands classiques de l'effroi comme peut notamment l'être Le Locataire de Roman Polanski. Il y a en effet dans ce brillant exercice de style qui sans doute en énervera certains par certains choix narratifs, tout ou partie de l'enfer que vécu le petit immigré polonais Trelkovsky, convaincu d'être poussé au suicide par ses voisins. Dans le cas présent, les symptômes que ressent Malik (excellent Jeffrey Bowyer-Chapman) ne sont plus à mettre sur le compte du dépaysement ou de la solitude mais plutôt sur les valeurs d'une Amérique qui refuse le changement. Il s'agit là aussi pour le réalisateur d'étudier les conséquences d'un traumatisme lointain ayant laissé de profondes cicatrices chez son personnage principal. Ses seconds rôles n'ont rien des rednecks ''régressistes'' que l'on s'attendrait voir débouler dans ce genre de récit. Non, les personnages façonnés par Lochlyn Munro ou Chandra West ont ceci d'inquiétants qu'ils ressemblent à n'importe quel américain moyen. De ceux, qui fiers de leur nation, plantent le drapeau de leur nation dans leur jardin...


L'intrigue de Spiral repose sur une somme d'ambiguïtés qui permettent à Kurtis David Harder de semer le doute à chaque instant. Doit-on craindre que Malik soit atteint de délire de persécution ? Les époux Marshal et Tiffany sont-ils vraiment ceux qu'ils semblent être ou leurs sourires et leur attitude dissimulent-ils de sombre desseins ? C'est tout l'enjeu (ou presque) de Spiral. Drame, thriller, critique sociale, et même, oui, fantastique. De cet élément qui dans le final de Get Out (Jordan Pell, 2017) justifiait tout ce qui précédait et qui dans le cas présent jette un froid. Comme si la route toute tracée d'un classique du cinéma paranoïaque en devenir était contrecarrée par un détour gâchant tout ou partie du propos. Car c'est bien là que le bât-blesse. Cet attirail fantastique qui rallonge superficiellement l'intrigue tout en lui donnant une saveur dont il n'avait certainement pas besoin pour être un très bon long-métrage. Autre film ou autre genre qui trouve les faveurs d'un certain public et dont se sert Kurtis David Harder pour les attirer jusqu'à lui : Midsommar de Ari Aster et les nombreuses et récentes visions du phénomène des sectes sur grand écran.


Car à l'image du voyage dans le temps ou des films de zombies, les sectes connaissent un important regain d'intérêt qui donne parfois lieu à d'authentiques pépites (Black Death de Christopher Smith en 2010 ou The Invitation de Karyn Kusama en 2015) mais aussi à des productions ambitieuses mais imparfaites comme cela est le cas avec Spiral. Pour autant, le film n'est pas dénué d'intérêt puisqu'il décrit la lente perte de repères d'un homme face au regard des autres et à ce qu'ils peuvent penser de lui. Si l'aspect fantastique de Spiral est ''foireux'' (dans le sens qu'il conviendra au spectateur de choisir), voire ridicule dans son approche, tout ce qui précède cette fin inappropriée relève de la réussite. Kurtis David Harder signe une œuvre oppressante, paranoïaque, habitée par un Jeffrey Bowyer-Chapman franchement convainquant. La bande musicale de Avery Kentis nous immerge dans une ambiance retranscrivant parfaitement cet état de fébrilité et d'angoisse que revêt l'individu convaincu d'être la victime d'un complot. Un long-métrage qui mériterait presque d'être découvert expurgé de ses douze dernière minutes...

 

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