Tout commence par la
poursuite et l'assassinat d'un homme dans un long et vaste espace
désaffecté qui curieusement résonne de nos jours avec le mythe des
Backrooms également connus
sous le nom d'espaces liminaux. Le docteur Luca Berti (l'acteur
allemand Horst Frank) tombe à terre, ensanglanté, après avoir reçu
plusieurs coups de couteaux de la part d'un inconnu. Mais
heureusement, tout ceci n'était qu'un rêve. Celui que vient de
faire Julie (la britannico-italienne Rosemary Dexter). À moins qu'il
ne s'agisse d'une prémonition ? Désirant en avoir le cœur
net, la jeune femme décide de retrouver celui qui jusqu'à
maintenant était son médecin et son amant et qui demeure
introuvable. D'après les dire d'un patient de l’hôpital
psychiatrique où il travaille, Luca serait parti dans un petit
village. C'est là que Julie décide de démarrer ses recherches...
L'occhio nel Labirinto
(L’œil du labyrinthe)
de Mario Caiano est un bien curieux long-métrage que l'on serait
tentés de ranger dans la catégorie des Gialli
même si au fond, seule la séquence d'ouverture laisse à penser que
son auteur a véritablement voulu empiéter sur un genre auquel
avaient déjà donné ses premières lettres de noblesses des
cinéastes tels que Mario Bava, Lucio Fulci, Sergio Martino et bien
évidemment Dario Argento. Pourtant, à bien y regarder, le script
assez flou de Mario Caiano et des scénaristes Horst Hächler et
Antonio Saguera est parfois plus proche du Whodunit
que de celui dont les origines remontent aux années 1920 lorsque
furent mis à disposition des lecteurs des romans publiés par la
maison d’édition Arnoldo Mondadori Editore.
Des ouvrages aux couvertures jaunes sorties sous le nom I
libri gialli (d’où
l'appellation Giallo)
qui pour la plupart étaient des traductions de romans policiers
anglo-saxons. Œuvre originale mais non dénuée de tout un tas de
problèmes qui la confinent au statut de petite production aussi
curieuse qu'ennuyeuse, L'occhio nel Labirinto
n'est tout d'abord pas très évident à suivre. Avec son cortège de
personnages qui nous sont imposés très rapidement et parmi lesquels
nous retiendrons surtout ceux incarnés par Adolfo Celi (L'Homme
de Rio de
Philippe de Broca en 1964, Opération Tonnerre
de Terence Young en 1965), dans le rôle de Frank, l'ancien
propriétaire d'un immeuble transformé depuis en orphelinat, par
Alida Valli, dans celui de Gerda, une richissime propriétaire d'une
vaste demeure.
Ou
même par l'autrichienne Sybil Danning qui plus tard deviendra
surtout ''célèbre'' pour avoir notamment joué le rôle de la James
Bond Girl dans Octopussy
de John Glen ou dans Sheena, reine de la jungle
de John Guillermin et qui dans L'occhio nel
Labirinto
incarne une jeune photographe prénommée Toni. Le long-métrage joue
ici sur la confusion d'un groupe d'individus qui le plus clair du
temps passe son temps à bronzez au soleil. Une pratique qui à
l'écran n'apporte bien entendu pas son comptant de séquences
passionnantes tandis que la jeune et jolie Julie persiste à vouloir
connaître la vérité au sujet de la disparition de son amant. Sur
une musique très persistante signée du compositeur Roberto
Nicolosi, une photographie de Giovanni Ciarlo et un montage de
Jolanda Benvenuti, L'occhio nel Labirinto
est donc similaire à un Whodunit
transalpin dont le scénario s'amuse à laisser planer le doute quant
à la disparition du psychiatre tout en cultivant l'idée selon
laquelle, l'un des protagonistes du récit constitué d'une poignée
de personnages pourrait être l'assassin qui dans le rêve de la
jeune femme poignarda son amant ! Et plutôt que de faciliter la
tâche de celle-ci dans sa recherche de la vérité, Mario Caiano et
ses scénaristes la compliquent en donnant à chacun de bonnes
raisons d'avoir eu envie de l'assassiner... Bon, c'est bien beau tout
ça mais sachons être honnêtes et reconnaissons que L'occhio
nel Labirinto
n'est franchement pas passionnant. Et même souvent ennuyeux. Car
derrière son très énigmatique titre qui laisse, au pire ou au
mieux, envisager une œuvre nébuleuse et intrigante, l'on se
retrouve devant un sujet à défaut d'être passionnant, du moins
traité de manière trop superficielle pour véritablement happer
l'attention du spectateur. Un long-métrage hybride entre Giallo
et Whodunit
et où les révélations ne donnent jamais les effets de surprises
escomptés. Bref, inutile de perdre son temps devant ce film sans
trop d'intérêts et mieux vaut se replonger dans les classiques des
deux genres qu'il tente pourtant d'explorer, mais avec maladresse...

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