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lundi 30 décembre 2019

Xtro de Harry Bromley Davenport (1983)



Alors qu'un après-midi, Sam Philips et son fils Tony s'amusent dans le jardin de leur cottage, le ciel s'assombrit subitement avant qu'une lumière éblouissante n'apparaissent. Un vaisseau spatial apparaît et emporte avec lui le père de famille, laissant seul le jeune enfant. Trois ans plus tard, Tony ne s'est toujours pas totalement remis de la disparition de son père. Avec sa mère Rachel et Analise sa nounou, ils vivent désormais en ville. Rachel a refait sa vie avec Joe même si celle-ci est toujours officiellement mariée à Sam dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Mais une nuit, une créature monstrueuse apparaît sur la surface de la planète. S'introduisant dans la demeure d'une femme, elle la viole, et l'accouplement donne naissance à un être qui ressemble dans les moindres détails à Sam. Son projet : retrouver Rachel et Sam et partir loin de la planète terre en compagnie de son fils...

Souvent considéré comme un pur navet, le film Xtro du cinéaste britannique Harry Bromley Davenport (il réalisera lui-même les deux suites en 1990 et 1995), est effectivement loin d'atteindre des sommets. Mélangeant la science-fiction et l'horreur comme a pu le faire quelques années auparavant Ridley Scott avec son chef-d’œuvre Alien, le Huitième Passager, Xtro n'en est pas pour autant une aussi belle réussite. Les œuvres de science-fiction montrant des actes sexuels entre humains et extraterrestres n'étant pas des plus communes, on retiendra l'étrange accouplement entre l'extra-terrestre du début et l'inconnue. Une parodie de fellation, seul moyen pour le E.T belliqueux d'engendrer la parfaite réplique du personnage de Sam interprété par l'acteur Philip Sayer.

Jusqu'à ce que disparaisse l'extraterrestre aux yeux globuleux et à la curieuse façon de se déplacer (il marche en effet à quatre pattes et semble être atteint de Genu Recurvatum), l’œuvre de Harry Bromley Davenport est encore supportable. Mais dès que l'on retrouve la petite famille, ça se gâte. L'interprétation de Danny Brainin (Joe) et rigide, et le doublage est généralement de très mauvaise qualité. Étonnant d'apprendre que cette minuscule production britannique a été produite par Robert Shaye, l'homme se cachant derrière le financement de la licence Freddy Krueger et de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Xtro accumule des scènes d'un grotesque inouï. Tellement peu intéressantes et incohérentes qu'elles nuisent à l'ensemble du film, du scénario jusqu'à l'interprétation. Jouets de Tony prenant vie et s'attaquant à l'homme (une toupie dentelée qui égorge ceux qui ont le malheur de se retrouver sur son chemin, un tank et un soldat en plastique qui tirent à balles réelles). Mais le plus navrant sans doute, dans l’œuvre de Harry Bromley Davenport, c'est la recherche permanente d'originalité. Mais si le cinéaste est inspiré, c'est de la plus mauvaise manière possible.

En effet, comme si l'apparition de son étrange extraterrestre ne suffisait pas, voilà que de curieux événements l'accompagnent. Un clown-nain et une panthère noire s'ajoutent aux jouets-assassins qui de part leur présence dans un film qui n'avait pourtant déjà pas besoin d'eux pour rendre Xtro ridicule enfoncent le clou. C'est d'autant plus regrettable que le film aurait pu être une belle alternative pour ceux qui considèrent le E.T, l'Extra-terrestre de Steven Spielberg beaucoup trop sympathique. Et puis, quelques effets notables permettent parfois de reconsidérer la valeur de cette petite production.
Il s'agit bien d'un nanar. Mais l'apparence de l'extra-terrestre du début, le viol de l'inconnue et son accouchement demeurent quelques-unes des trop rares scènes qui nous font regretter que le film ne nous ait pas proposé plus d'options originales en dehors de ça. Xtro est donc un petit film que l'on oublie assez vite. Et dire que son auteur en a réalisé deux séquelles...

mardi 12 avril 2016

Baiser macabre de Lamberto bava (1980)





Mariée et mère d'une jeune adolescente et d'un petit garçon, Jane Baker entretient une passion avec son amant Fred Kellerman qu'elle retrouve dès qu'elle en a l'occasion dans l'une des chambre d'une immense demeure tenue par une vieille femme et son fils aveugle Robert. Un jour, alors que son époux est parti travailler, Jane confie Lucy et son petit frère au jardinier et part retrouver Fred au même endroit qu'à leurs habitudes. Lucy qui n'est pas née de la dernière pluie sait que sa mère trompe son père. Fouillant les affaires personnelles de Jane, sa fille tombe sur le numéro de téléphone de la chambre et le compose, certaine de tomber sur elle. Et effectivement, c'est Jane qui répond et raccroche après avoir entendu Lucy l'appeler dans le combiné. Alors que Fred vient d'arriver et que les deux amants s'apprêtent à se faire l'amour, Lucy noie son frère dans la baignoire avant d'appeler à nouveau sa mère pour lui apprendre la mort de son fils.

Paniquée et bouleversée, Jane se précipité au bas des escaliers, très vite rejointe par Fred qui l'accompagne en voiture jusque chez elle. Malheureusement, sur le chemin, un grave accident tue sur le coup l'amant de Jane qui rendue folle de douleur est immédiatement internée dans un hôpital psychiatrique. Une année plus tard, la jeune femme quitte l'établissement et retourne s'installer dans la chambre qui leur servait de lieu de rendez-vous à elle et Fred. La vieille femme est mort, et Robert est seul à s'occuper de la demeure. Secrètement amoureux de Jane, le jeune aveugle ne sait pas que le soir venu, la jeune femme s'adonner à un étrange rituel débutant par l'installation d'un autel à la gloire de son défunt amant...

D'abord second, puis premier assistant pour le compte de son propre père, le célèbre cinéaste italien Mario Bava, son fils Lamberto devient ensuite scénariste, toujours pour le compte de ce dernier avant que les frères Antonio et Pupi Avati (ce dernier étant l'auteur du classique La Maison aux Fenêtres qui Rient) ne lui proposent de participer à l'écriture d'un scénario inspiré par un fait divers sordide authentique survenu en Italie quelques temps auparavant. Ce que Lamberto bava ne sait toujours pas, c'est que les frères Avati ont l'intention de lui confier la réalisation de ce nouveau projet.

Baiser Macabre est le récit d'un cauchemar dont la principale victime est une mère de famille adultère ayant perdu coup sur coup, son fils, son amant, et... la raison. Premier film de Lamberto bava dont la filmographie n'a pas ou presque pas de rapport avec la glorieuse carrière qu'à connu son père, à part le genre puisque les deux hommes ont choisi tout deux de tourner des œuvres horrifiques. Beaucoup moins tourné vers le gothique, le cinéma du fils est également beaucoup moins subtil. En fait, à part ce Baiser Macabre, la totalité de ses œuvres sont bonnes à jeter aux ordures. Pas de quoi rendre fier un père qui heureusement, n'était déjà plus là pour voir le massacre. S'il n'égale jamais le nauséeux Blue Holocaust que le cinéaste Joe D'Amato tournera deux ans plus tard en 1982, Baiser Macabre demeure le meilleur film de son auteur. Lui aussi plutôt morbide, il entretient une certaine ambiguïté entre les personnages campés par Bernice Stegers et Stanko Molnar (respectivement Jane et Robert). Comme dans tout bon (ou mauvais) film d'épouvante italien de l'époque, Lamberto Bava ne s'indigne jamais des invraisemblances qui émaillent sont œuvre. La pire demeurant la présence de la tête de l'amant dans le frigo. Élément qui ne sera bien évidemment jamais justifié puisque rien, et ce même dans un récit qui se voudrait honnête avec le spectateur, ne peut légitimer sa présence.

A part ce détail (qui a tout de même son importance), il ne faudra pas bouder son plaisir, ici, plus que malsain car ce sera sans doute la seule occasion pour nous de découvrir une œuvre de lamberto Bava acceptable...
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