La science-fiction sur grand écran, en France, est suffisamment rare
pour que l'on s'intéresse aux quelques propositions qui sortent
ponctuellement sur grand écran. À vrai dire, l'on est plus proche
ici du fantastique même si sous certains aspects le film hésite
entre un genre et un autre... Derrière un titre que l'on pourrait
confondre avec celui d'une aventure surréaliste et pleine de
mystère, Kyma, l'onde mystérieuse de
Romain Daudet-Jahan est une plongée au cœur de la campagne
française où vivent Tony (Jules Lefebvre) et ses deux seuls
véritables amis Zoé (Lucie Loste Berset) et Ousmane (Mamadou
Haidara). Le réalisateur et scénariste qui jusque là ne s'était
contenté que de tourner une poignée de courts-métrages et un
documentaire intitulé Off the Records
et consacré à la tournée asiatique du pianiste de jazz italien
Giovanni Mirabassi semble ici particulièrement inspiré par le
cinéma fantastique américain des années quatre-vingt. Celui de
Steven Spielberg, de Joe Dante, de Richard Donner (période Les
Goonies)
ou de Rob Reiner, auteur du formidable Stand by
me
adapté de la nouvelle The
Body de
Stephen King... Le cinéaste réduit ici au maximum son casting
puisque en dehors des trois adolescents, du père de Tony (Stéphan
Guérin-Tillié)et de sa mère Mylène (Eve Duranceau), une
zoologiste québécoise qui n'interviendra que sur le tard pour
cause de déplacement sur la terre de ses origines, le Canada,
apparaissent à l'image de rares antagonistes dont un Solal
interprété par Patrick
d’Assumçao qui assume très clairement l'emploi de la violence
pour obtenir des aveux de la part d'Emile, qui est donc le père du
jeune garçon après qu'il ait été kidnappé... Expliquer pourquoi
Kyma, l'onde mystérieuse
n'est ni un mauvais film ni une excellente surprise n'est en soi, pas
véritablement une gageure. Pas mauvais, non, puisque malgré toute
une série d'éléments qui confirment que rien de fondamentalement inédit
ne se déroule devant nos yeux, le long-métrage se regarde sans réel
déplaisir...
Il
faut par contre se mettre une chose en tête : n'avoir vraiment
rien de mieux à faire d'autre que de se rendre dans l'une des
quelques salles qui le diffusent encore sur grand écran car sinon,
ce n'est certainement qu'au bout d'une poignée de minutes que l'on
choisira peut-être de quitter les lieux pour trouver une occupation
nettement plus passionnante... Sans vouloir
marteler le fait qu'avec Kyma, l'onde mystérieuse
Romain Daudet-Jahan ne fait que signer un ersatz de comédie
fantastique pompant un genre dont les origines se chiffrent en
plusieurs dizaines d'années, son petit budget d'à peine un million
d'euros lui vaut toutes les excuses du monde. Pas d'effets
spectaculaires en dehors de quelques vrombissements et rugissements
provenant d'une créature qui par contre vaut probablement le détour
puisqu'elle est pour le coup et cette fois-ci, véritablement
inédite. L'onde du titre. Aussi mystérieuse que le prétend
l'affiche mais qui semble être directement liée aux travaux de
recherche du père de Tony. D'où cet intérêt majeur de la part
d'une organisation gouvernementale secrète dont fait donc partie
Solal mais aussi un certain Major (l'acteur Quentin D’Hainaut) et
plusieurs agents. L'armée, une fois de plus représentée sous sa
forme la plus sombre, opportuniste et employant des méthodes parfois
radicales. L'une des faiblesses de Kyma,
l'onde mystérieuse
est finalement d'être arrivé des dizaines d'années en retard.
Après qu'une horde de cinéastes et de scénaristes aient déjà
conçu la totalité des scripts basés sur ce type de projets.
N'ayant donc pour lui aucune possibilité de pallier aux faiblesses
scénaristiques d'un script écrit par le réalisateur en
collaboration avec Émilie Dubois, Romain Daudet-Jahan parvient
difficilement à maintenir le cap de l'intérêt pour n'être que le
brouillon ''exécuté'' postérieurement des œuvres auxquelles les
spectateurs prendront peut-être un malin plaisir à le comparer. Une
œuvre, au fond, presque lovecraftienne dans sa conception d'une
créature invisible et rétro-futuriste dans son concept d'hommage au
cinéma américain de type Teen-Movie cher aux années
quatre-vingt...



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