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lundi 17 août 2026

Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky (1963) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Jean-Pierre Mocky a durant sa très longue carrière et parmi des dizaines et des dizaines de longs-métrages réussi à mettre en scène des œuvres qui au fil du temps sont devenues des classiques tandis que d'autres restent de pures navets, à l'image de l'insupportable, l'inappréciable, le catastrophique Agafia qu'il réalisa en 2015 ! Fort heureusement, parmi ses meilleurs films l'on trouve plusieurs collaborations avec l'acteur André Bourvil que le cinéaste français débaucha à l'occasion de quatre longs-métrages qu'il tourna entre 1963 et 1969. Le premier, Un drôle de paroissien est donc celui dont nous allons parler dans le présent article. Leur association fut ensuite poursuivie en 1964 avec La cité de l'indicible peur qui parfois fut retitré La grande frousse, avec La grande lessive en 1968 et enfin un an plus tard avec L'étalon. Quatre longs-métrages qui réunissent également autour du réalisateur et l'acteur un autre fidèle interprète de Jean-Pierre Mocky puisqu'en effet, Francis Blanche fut du voyage non seulement dans ces quatre films mais également dans quatre autres. À commencer par Un couple en 1960, Snobs ! en 1961, Les vierges en 1962 ainsi que Les compagnons de la marguerite en 1966. Quant à Jean Poiret, le troisième premier rôle d'Un drôle de paroissien aux côtés de ses deux partenaires, il retrouva également l'un et l'autre aux génériques La Cité de l'indicible peur et de La grande lessive et retrouva Jean-Pierre Mocky en 1987 et 1988 sur les tournages respectifs du Miraculé et d'Une nuit à l'Assemblée nationale... En attendant, nous sommes en 1963 et alors que Bourvil a repris le rôle que refusa d'interpréter Fernandel qui estimait avoir suffisamment tourné de films situant leur action dans des églises (la saga des Don Camillo), c'est donc sur les conseils de l'acteur Jean Gabin que Jean-Pierre Mocky approcha l'acteur auquel il confia le rôle de Georges Lachaunaye, membre d'une famille qui depuis quatre générations s'est toujours employée à ne jamais se donner la peine de travailler. Ce qui donnera d'ailleurs lieu à un échange absolument savoureux entre Georges et un sacristain qui après lui àvoir expliqué que pour vivre dignement il faut travailler s'est vu répondre ceci de la part du membre de la famille Lachaunaye : ''Mon père ne me le pardonnerait jamais. Je n'ai pas été élevé pour ça. Et je ne sais rien faire''. Le principal soucis, c'est qu'à ne rien faire de leur journée, Georges, son père Mattieu (Jean Yonnel), son épouse Juliette (Solange Certain), sa sœur Françoise (Véronique Nordey) et sa tante Claire (Denise Péronne) vivent dans une très grande précarité...


Locataires d'un appartement dont ils n'ont plus les moyens de payer le loyer, maintenant qu'ils ont vendu tout ce qu'ils possédaient afin de subvenir à leurs besoins, il leur faut impérativement trouver une solution. Et pour cela, Georges décide avec la complicité de Raoul, l'ami de la famille Lachaunaye, auquel il propose tout d'abord d'arrêter son métier peu rentable de dentiste, de l'aider à piller les troncs des églises ! Une action évidemment peu morale puisqu'il s'agit de voler, même en partie, l'argent que les paroissiens ont déposé un peu partout dans les troncs des églises de la région. Un drôle de paroissien décrit la professionnalisation du métier de voleur où Georges se contente tout d'abord de voler l'argent à l'aide de caramels mous avant de faire preuve aux côtés de Raoul d'une véritable ingéniosité. Mais dans ce tableau ''idyllique'' d'une ''profession'' presque décrite comme un sacerdoce, un ombre plane au dessus de la tête des voleurs. Celle de l'inspecteur Cucherat qu'interprète donc Francis Blanche. Un flic chargé de surveiller les églises en raison d'une recrudescence des pillages et qui traque celui qui depuis plusieurs jours vide les troncs des églises. Jean-Pierre Mocky décrit ensuite les Lachaunaye comme une famille de bourgeois déclassée, continuant à vivre de privilèges bien qu'ils ne puissent plus se permettre de vivre tels des parasites de notre société. En clair, leur valeurs tournent autour d'un principe simple : Aux autres de donner et à eux de récolter... Se confrontent ainsi deux ordres d'idée : un paradoxe opposant une famille d'anciens nantis privilégiés au refus de se salir les mains dans des métiers qui inférioriseraient leur statut de bourgeois. Un concept que le réalisateur traite d'ailleurs sur le ton de l'absurde puisque avant de ''renflouer'' les caisses grâce aux vols des troncs d'église et ainsi de pouvoir donner l'illusion de s'être réapproprié leur ancien statut, Georges et sa famille vivront longtemps dans un appartement sans meubles, sans chauffage et sans presque aucune nourriture... Un drôle de paroissien est une excellente comédie en noir et blanc (à l'exception de la délirante séquence du cauchemar tournée en couleur), avec un Bourvil suave, un Francis Blanche hargneux et un Jean Poiret volubile...

 

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