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mardi 18 août 2026

L'étalon de Jean-Pierre Mocky (1969) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Six ans après Un drôle de paroissien, Jean-Pierre Mocky, Francis Blanche et Bourvil se retrouvèrent une fois encore aux côtés d'autres interprètes moins connus tels Jean-Claude Rémoleux, Roger Legris, Rudy Lenoir ou encore Luc Andrieux pour L'étalon. Tous s'étaient d'ailleurs réunis autour d'un autre projet réalisé un an plus tôt par le réalisateur et scénariste français intitulé La grande Lessive !. S'agissant de L'étalon, l'on reconnaît la marque de fabrique de Jean-Pierre Mocky, son amour pour la comédie satirique, genre qu'il s'est employé à déconstruire à sa manière toute particulière pour le bonheur et même parfois le malheur du public. Car en effet, le onzième film du cinéaste est très significatif des failles et des limites de son système qui l'a toujours vu employer d'authentiques vedettes du cinéma, les mêlant très souvent à des comédiens et des acteurs de seconde, voire de troisième catégorie. Des amateurs incapables de tenir un échange au-delà de deux ou trois phrases. Il est d'ailleurs plutôt amusant de constater qu'il se servira notamment ici des faiblesses d'interprétation de l'acteur Jean-Claude Rémoleux qui interprète le député Léon Lacassagne pour lui faire jouer le rôle d'un politicien ayant de grandes difficultés pour s'exprimer en public ! Concernant le script de Jean-Pierre Mocky et de son fidèle collaborateur Alain Moury, le réalisateur ainsi qu'André Bourvil en sont à l'origine. L'histoire suit à peu près le même chemin que celui d'Un drôle de paroissien. En lieu et place du personnage de Georges Lachaunaye qui pour faire vivre sa famille était contraint de voler l'argent des troncs d'églises, l'acteur interprète désormais le rôle du vétérinaire William Chaminade qui alors qu'il s'apprête à prendre un bateau en partance pour l'Afrique vient au secours d'une femme (Noëlle Leiris dans le rôle de Nelly Pointard) qui vient de tenter de se suicider en se jetant de la fenêtre d'un restaurant. La jeune femme explique alors à son sauveur qu'elle est en manque d'amour. Ayant perdu ses bagages, n'ayant nul endroit où dormir et sans le sou, le vétérinaire imagine alors un moyen de se faire de l'argent tout en proposant aux femmes esseulées et en mal d'amour de rencontrer des hommes (les étalons en question) qui seront tout d'abord drastiquement sélectionnés pour leur avantages physiques par William et par un collaborateur, le docteur Finus (l'acteur R.J Chauffard). On le voit, dans un cas comme dans l'autre, Bourvil interprète un personnage prêt à défier la justice et la loi...


D'un côté voleur et de l'autre se transformant en proxénète, son personnage n'est pas le seul qui semble ici se référer à l'un des protagonistes d'Un drôle de paroissien puisque après avoir incarné l'inspecteur Cucherat six ans auparavant, Francis Blanche joue désormais le personnage du percepteur Dupuis. Et dans un cas comme dans l'autre là encore, les deux individus s'attachent à poursuivre le héros du récit afin de lui faire cesser toute activité criminelle. Toujours aussi débonnaire, Bourvil apparaît à l'écran le crâne rasé, vêtu d'un costume blanc ainsi que de gants, d'une chemine et d'un chapeau noir. Cachant ainsi plus ou moins son absence de cheveux qui ne s'explique non pas selon un désir du cinéaste mais se référant plutôt à un choix esthétique de la part de l'acteur lui-même qui à cette époque est atteint d'un cancer et doit suivre un lourd protocole médical le contraignant à subir des séances de chimiothérapie qui lui font perdre ses cheveux. S'il ne semble pourtant pas affaibli par la maladie ou par son traitement, Bourvil n'est cependant pas à la hauteur de ses meilleurs rôles. Un constat que l'on reprochera tout d'abord à Jean-Pierre Mocky qui commence déjà à cette époque à mélanger vedettes de cinéma (l'on retrouve ici notamment Michael Lonsdale dans le rôle du commissaire Donald Both) et acteur à l'amateurisme assumé. Un drôle de melting-pot qui malheureusement fonctionne plutôt mal. D'autant plus qu'en reprenant plus ou moins la structure narrative d'Un drôle de paroissien, L'étalon manque sincèrement d'inspiration. C'est long, répétitif et peu divertissant. Pourtant, Jean-Pierre Mocky et son scénariste semblent être parfois saisis d'une forte inspiration. À moins que les deux hommes n'aient été captivés à l'idée du concept de ''doubles'' propre à la trilogie Fantomas qui donna lieu à trois longs-métrages réalisés entre 1964 et 1967 par André Hunebelle avec en vedette Mylène Demongeot, Jean Marais et bien évidemment Louis de Funès, la séquence se déroulant à l'Assemblée Nationale où se joue le projet du vétérinaire de faire passer une loi sous les faux traits du député Léon Lacassagne est relativement réussie. Pour le reste, L'étalon demeure une comédie très moyenne typique de ce que deviendra de manière récurrente le cinéma de Jean-Pierre Mocky jusqu'à la fin de sa carrière...

 

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