Tout débute en 2011
lorsque sont retrouvés sous la terrasse de leur demeure, Agnès
Dupont de Ligonnès, sa fille Anne, ses trois fils Arthur, Thomas et
Benoït ainsi que le chien de la famille. Quant au père, Xavier ?
Il disparaît, tout simplement, après avoir été filmé pour la
dernière fois dans le Var quelques jours plus tard. L'homme s'est-il
suicidé ? Est-il l'auteur du quintuple homicide ? Toujours
est-il que pour la police, il demeure encore aujourd'hui comme le
principal suspect... Si la mini-série télévisée de Pierre Aknine
Un homme ordinaire
reste l'adaptation du fait-divers la plus fidèle, certains
longs-métrages cinématographiques font étonnamment penser à
l'affaire. À commencer par Paul Sanchez est
revenu ! de
Patricia Mazuy en 2018. Sur un ton déjà nettement plus cynique, la
comédie noire de Christophe Meurisse Les
Pistolets en plastique
fait
elle aussi référence à cette même affaire. Dernier film en date à
s'inspirer du quintuple homicide et à la disparition du principal
suspect, Mauvaise Pioche
de Gérard Jugnot l'aborde par contre sur un ton beaucoup plus
léger... Sorti le 1er Avril dernier sur les écrans français, le
long-métrage met en scène le réalisateur lui-même, célèbre
pour avoir partagé durant un certain nombre d'années la même
existence professionnelle et privée que les autres membres de la
troupe du
Splendid.
Une carrière d'acteur qui s'est rapidement transformée pour devenir
celle, multi-tâches, d'un cinéaste complet. Entre production,
réalisation, écriture et interprétation. Se plaçant ainsi pour la
première fois derrière la caméra en 1984 avec Pinot
simple flic
et signant ponctuellement de petites pépites à l'image de Une
époque formidable
en 1991 et Monsieur Batignole
en 2002... Offrant en contrepartie de ses diverses apparitions dans
Babysitting,
Nicky Larson et le Parfum de Cupidon
et Alibi.com
2 de
Philippe Lacheau l'opportunité à celui-ci d'apparaître dans son
dernier long-métrage dans le rôle du Capitaine de police Grégory
Vassilian, Gérard Jugnot réunit autour de lui une importante équipe
d'interprètes de toutes générations. Si Josiane Balasko n'apparaît
que lors d'une très courte mais drôlatique séquence s'amusant de
l'usage des filtres dont sont friands les consommateurs de selfies et
de réseaux sociaux, Thierry Lhermitte porte les traits du maire de
Mimet et du Président de l'association des Amis de Napoléon à
laquelle appartient justement Serge Martin qu'incarne donc Gérard
Jugnot...
S'apprêtant à prendre l'avion à l'aéroport de Gènes pour retourner en France, celui-ci est arrêté par les douaniers qui le confondent rapidement avec Durant de Solilesse. Un homme dont la famille a été assassinée et qui depuis a disparu. Certains éléments laissent à penser que ce dernier se cache désormais sous les traits et le nom de Serge Martin. En France, Le Commissaire Taillade (Jean-Pierre Darroussin) rêve de boucler cette affaire insolvable qu'il traite depuis des années avant de prendre sa retraite. C'est pourquoi il envoie le Capitaine Grégory Vassilian chercher le suspect à son arrivée en France. Lâchant l'information auprès de l'ambitieuse journaliste Léa Paoli (Reem Kherici) avec laquelle il espère dîner, le flic provoque une véritable tornade autour de Serge Martin... Si Mauvaise Pioche n'est clairement pas la comédie de l'année et sans doute encore moins la meilleure qu'ait conçu Gérard Jugnot ainsi que ses deux scénaristes Frédéric Hazan et Serge Lamadie, le film n'en est pas moins relativement divertissant. Aidé par une distribution qui voit donc apparaître à l'écran Zabou Breitman dans le rôle de l'amoureuse transite de notre héros, la propriétaire du café de Mimet prénommée Michèle, Philippe Duquesne, en client de l'établissement vissé au zinc, François Bureloup, dans le rôle de Maxence, le meilleur ami de Serge, l'acteur/Personnage sera plus tard en contact avec de nouveaux protagonistes. Tels François Morel dans le rôle de Jean, un co-détenu avec lequel il partagera la même cellule de prison ou bien Laurent Gamelon qui dans cette comédie interprète de son côté un gardien de prison... Mauvaise Pioche est l'occasion pour Gérard Jugnot d'établir toute une liste de défaillances propres à notre société. Où un innocent est malencontreusement confondu avec un assassin. Allant même jusqu'à aller en prison pour avoir accidentellement blessé un policier (en l'occurrence, le Capitaine Grégory Vassilian). Détaillant ainsi, de manière volontairement légère, la vie en taule. S'ensuit le traitement d'une certaines partie des habitants du village dont est originaire notre héros et qui malgré son innocence restent persuadés qu'il n'est pas tout blanc. Méchamment arriviste, la journaliste Léa Paoli ''informe'' les spectateurs au dépit du bon sens, sans le moindre scrupule et sur la base de ''preuves'' pas toujours très convaincantes... Et au beau milieu de ce tohu-bohu, Serge, que certains soutiennent, à l'image d'une Zabou Breitman que l'on a tellement pris l'habitude de découvrir ces dernières années sous des apparences froides que son personnage paraît ici peu vraisemblable. Bref, une comédie sympa, qui cherche parfois sans doute un peu trop à ressembler aux œuvres de la Bande à Fifi mais qui reste finalement plaisante à regarder... une fois...



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