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dimanche 31 mai 2026

To Nisi Tis Amartias de Kostas Doukas (1973) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est assez rare pour que ce détail mérite d'être souligné mais To Nisi Tis Amartias est d'origine grecque. Signé par un réalisateur et scénariste qui me semble-t-il demeure chez nous un parfait inconnu, le long-métrage n'est pas sans rappeler The Last House on the Left que réalisa l'américain Wes Craven en 1972 ou le plus tardif La Casa Sperduta Nel Parco que tourna de son côté l'italien Ruggero Deodato en 1980. S'agissant de To Nisi Tis Amartias (traduction : L'île du péché), renommé à l'internationale sous le titre Violent Rape (ou Viol violent en français), le film démarre un peu à la manière des Spécialistes de Patrice Leconte qui en 1985 mettait en scène Bernard Giraudeau et Gérard Lanvin dans les rôles Paul Brandon et Stéphane Carella. Deux criminels qui profitaient d'une minute d'inattention de la part du policier qui les surveillait pour s'enfuir dans les hauteurs des Gorges du Verdon. Liés par une paire de menottes. Douze ans plus tôt, Stamatis Biliris (Giorgos Stratigakis) et Stefanos Katsaounis (Petros Zarkadis) forment un duo de fugitifs qui après avoir échappé à la police sont également contraints de se supporter. Reliés eux aussi à une paire de menottes, ils parviennent cependant à s'en débarrasser assez rapidement. Kostas Doukas ne s'embarrassant d'ailleurs pas de la moindre explication concernant la méthode employée, l'on passe d'un plan où ses deux interprètes portent les menottes à un autre où ils sont libérés de leurs entraves ! Tandis que les flics s'activent dans la région pour mettre la main sur ces deux dangereux criminels, Stamatis et Stefanos tombent par hasard sur Aliki Kallergi (Lia Flessi), jeune femme sexy qui se baigne nue au bord d'un lac avant de rejoindre Dimitris (Yannis Petrakis), lequel fait l'amour à sa petite amie (l'actrice Lena Samiou). Celle-ci n'étant autre que la jeune sœur d'Aliki que cette dernière jalouse. Tandis que le couple a prévu de se marier, Aliki tente de convaincre Dimitris que c'est elle dont a besoin l'amant et non pas de sa sœur cadette. Devant ce spectacle ô combien affligeant d'une trentenaire s'agrippant à l'idée de mettre le compagnon de sa sœur dans son lit, nos deux fugitifs assistent à la scène, planqués derrière un rocher. Si Stefanos sent le désir bouillir dans ses veines, Stamatis est en revanche plus disposé à faire payer aux femmes l'humiliation que son ancienne épouse, qu'il a assassiné, lui a fait subir en raison de son impuissance à lui faire l'amour...


Projetant l'image de sa femme sur celle d'Aliki, il n'a plus qu'une idée en tête : lui faire subir le même sort... Tandis que To Nisi Tis Amartias a déjà démarré voilà plus de quarante minutes, un constat s'impose. Le film est pour l'instant d'un ennui sidéral. Et ce ne sont pas les quelques scènes de nudité auxquelles participent sans broncher Lena Samiou et surtout Lia Flessa qui vont changer grand chose. Aliki passe le plus clair de son temps les seins à l'air, provoquant Stamatis lorsque lui et Stefanos décident de séquestrer les deux jeunes femmes ainsi que Dimitris et quelques autres protagonistes... Ce changement de ton lors duquel les deux fugitifs se décident enfin à agir, c'est l'espoir enfin d'assister à autre chose qu'à cette espèce de carte postale méditerranéenne ponctuée de scènes de sexe peu aventureuses en terme d'acrobaties. Mais ne nous y trompons pas. Ça n'est pas parce que Kostas Doukas a enfin choisi de faire sortir le(s) loup(s) de la bergerie que To Nisi Tis Amartias va gagner en saveur, en volupté et, pourquoi pas, en violence. Celle-là même que promet le titre anglais. Un viol qui d'ailleurs tardera à venir puisque s'inscrivant dans une conclusion mortifère où Stamatis découvrira sur le tard qu'il est désormais capable d'avoir une érection avant d'être assassiné d'un coup de fusil tiré par sa victime, Aliki. Celle-là même qui aura passé toute la seconde partie du long-métrage à mettre les nerfs de l'un de ses deux ravisseurs à rude épreuve. Dire que To Nisi Tis Amartias n'a aucun intérêt est un euphémisme. Ou si peu. Car en dehors des quelques séquences où en mode nymphomane Aliki/Lia Flessa ôte avec empressement sa jupe, son soutien-gorge et sa culotte, il n'y a vraiment rien à attendre d'une œuvre où l'on a l'impression que les personnages attendent l'arrivée d'un train. Ou comme ici, celle d'un bateau qui n'arrivera jamais. Kostas Doukas tente bien d'instaurer un climat de tension entre les ravisseurs et leurs victimes et même entre les deux hommes (Stefanos tentant vainement de raisonner ce psychopathe de Stamatis) mais ça ne fonctionne jamais. To Nisi Tis Amartias fait surtout œuvre de curiosité de part ses origines et sa rareté. Pour le reste, le film du cinéaste grec est parfaitement dispensable...

 

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