C'est assez rare pour que ce détail mérite d'être souligné mais
To Nisi Tis Amartias est
d'origine grecque. Signé par un réalisateur et scénariste qui me
semble-t-il demeure chez nous un parfait inconnu, le long-métrage
n'est pas sans rappeler The Last House on the
Left
que réalisa l'américain Wes Craven en 1972 ou le plus tardif La
Casa Sperduta Nel Parco
que
tourna de son côté l'italien Ruggero Deodato en 1980. S'agissant de
To Nisi Tis Amartias
(traduction : L'île
du péché),
renommé à l'internationale sous le titre Violent
Rape
(ou Viol
violent
en
français), le film démarre un peu à la manière des Spécialistes
de Patrice Leconte qui en 1985 mettait en scène Bernard Giraudeau et
Gérard Lanvin dans les rôles Paul Brandon et Stéphane Carella.
Deux criminels qui profitaient d'une minute d'inattention de la part
du policier qui les surveillait pour s'enfuir dans les hauteurs des
Gorges du Verdon. Liés par une paire de menottes. Douze ans plus
tôt, Stamatis Biliris (Giorgos Stratigakis) et Stefanos Katsaounis
(Petros Zarkadis) forment un duo de fugitifs qui après avoir échappé
à la police sont également contraints de se supporter. Reliés eux
aussi à une paire de menottes, ils parviennent cependant à s'en
débarrasser assez rapidement. Kostas Doukas ne s'embarrassant
d'ailleurs pas de la moindre explication concernant la méthode
employée, l'on passe d'un plan où ses deux interprètes portent les
menottes à un autre où ils sont libérés de leurs entraves !
Tandis que les flics s'activent dans la région pour mettre la main
sur ces deux dangereux criminels, Stamatis et Stefanos tombent par
hasard sur Aliki Kallergi (Lia Flessi), jeune femme sexy qui se
baigne nue au bord d'un lac avant de rejoindre Dimitris (Yannis
Petrakis), lequel fait l'amour à sa petite amie (l'actrice Lena
Samiou). Celle-ci n'étant autre que la jeune sœur d'Aliki que cette
dernière jalouse. Tandis que le couple a prévu de se marier, Aliki
tente de convaincre Dimitris que c'est elle dont a besoin l'amant et
non pas de sa sœur cadette. Devant ce spectacle ô combien
affligeant d'une trentenaire s'agrippant à l'idée de mettre le
compagnon de sa sœur dans son lit, nos deux fugitifs assistent à la
scène, planqués derrière un rocher. Si Stefanos sent le désir
bouillir dans ses veines, Stamatis est en revanche plus disposé à
faire payer aux femmes l'humiliation que son ancienne épouse, qu'il
a assassiné, lui a fait subir en raison de son impuissance à lui
faire l'amour...
Projetant
l'image de sa femme sur celle d'Aliki, il n'a plus qu'une idée en
tête : lui faire subir le même sort... Tandis que To
Nisi Tis Amartias
a déjà démarré voilà plus de quarante minutes, un constat
s'impose. Le film est pour l'instant d'un ennui sidéral. Et ce ne
sont pas les quelques scènes de nudité auxquelles participent sans
broncher Lena Samiou et surtout Lia Flessa qui vont changer grand
chose. Aliki passe le plus clair de son temps les seins à l'air,
provoquant Stamatis lorsque lui et Stefanos décident de séquestrer
les deux jeunes femmes ainsi que Dimitris et quelques autres
protagonistes... Ce changement de ton lors duquel les deux fugitifs
se décident enfin à agir, c'est l'espoir enfin d'assister à autre
chose qu'à cette espèce de carte postale méditerranéenne ponctuée
de scènes de sexe peu aventureuses en terme d'acrobaties. Mais ne
nous y trompons pas. Ça n'est pas parce que Kostas Doukas a enfin
choisi de faire sortir le(s) loup(s) de la bergerie que To
Nisi Tis Amartias
va gagner en saveur, en volupté et, pourquoi pas, en violence.
Celle-là même que promet le titre anglais. Un viol qui d'ailleurs
tardera à venir puisque s'inscrivant dans une conclusion mortifère
où Stamatis découvrira sur le tard qu'il est désormais capable
d'avoir une érection avant d'être assassiné d'un coup de fusil
tiré par sa victime, Aliki. Celle-là même qui aura passé toute la
seconde partie du long-métrage à mettre les nerfs de l'un de ses
deux ravisseurs à rude épreuve. Dire que To
Nisi Tis Amartias
n'a aucun intérêt est un euphémisme. Ou si peu. Car en dehors des
quelques séquences où en mode nymphomane Aliki/Lia Flessa ôte avec
empressement sa jupe, son soutien-gorge et sa culotte, il n'y a
vraiment rien à attendre d'une œuvre où l'on a l'impression que
les personnages attendent l'arrivée d'un train. Ou comme ici, celle
d'un bateau qui n'arrivera jamais. Kostas Doukas tente bien
d'instaurer un climat de tension entre les ravisseurs et leurs
victimes et même entre les deux hommes (Stefanos tentant vainement
de raisonner ce psychopathe de Stamatis) mais ça ne fonctionne
jamais. To Nisi Tis
Amartias fait
surtout œuvre de curiosité de part ses origines et sa rareté. Pour
le reste, le film du cinéaste grec est parfaitement dispensable...
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