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mardi 5 mai 2026

The Headless Eyes de Kent Bateman (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Il y a diverses façons d'aborder une œuvre telle que The Headless Eyes de Kent Bateman. Soit par curiosité pour tout objet filmique non identifié. Soit par rejet pour tout ce qui touche à la dépravation. Soit par fascination, et ce pour ces mêmes raisons. Celui-là a de bonnes raisons d'offrir matière à la discussion. Un OFNI qui l'est moins pour sa saveur de petite production fauchée comme les blés que pour son approche morbide et amateur de son sujet. Une thématique qui déjà à l'époque n'innovait déjà plus vraiment mais dont les charmes sont à ranger du côté crapoteux insufflé par l'image poisseuse, la réalisation bancale et l'interprétation habitée de son principal protagoniste. Un sujet autour duquel se concentre d'ailleurs la totalité du long-métrage. Car ici, l'enquête policière et les différentes déclarations des médias semblent être les derniers des soucis du réalisateur, scénariste et producteur qui signait là son tout premier long-métrage. Une carrière erratique pour Kent Bateman qui ensuite tournera deux films d'aventure, cinq épisodes de séries télévisées ainsi que le drame Bench at the Edge. Tout ceci en vingt-sept ans de carrière. Le bonhomme ne consacrant pas davantage de temps à l'écriture de scénarii ou à la production d’œuvres télévisées ou cinématographiques dont les mises en scène ne lui étaient d'ailleurs pas toutes destinées. Des types comme Arthur Malcolm (l'acteur suédois Bo Brundin dont la sporadique carrière s'étendra jusqu'en 2012), le monde en a connu un nombre invraisemblable. Rejoint très rapidement par la fiction qui s'est faite l'écho des exactions d'individus on ne peut plus inspirés lorsqu'il s'agit de s'en prendre à leurs semblables. Dans le grand Œuvre qui sert d'exutoire et de dispensaire aux refoulés qui ne sont jamais passés à l'acte et ont toujours préféré se délecter des pires horreurs projetées sur petits et grands écrans, The Headless Eyes se situe presque très exactement au croisement de deux des œuvres les plus marquantes de l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Et pour être plus précis, celles qui mettent en scène des tueurs en série dont l'usage d'armes diverses et variées ne souffrent d'aucun manque d'imagination. Six ans auparavant, le pape du gore Herschell Gordon Lewis imaginait concevoir un film tournant autour d'un artiste-peintre (Gordon Oas-Heim dans le rôle d'Adam Sorg) qui dans Color me Blood Red tuait ses semblables afin de prélever leur sang et ainsi ajouter à ses œuvres un rouge ''parfait''.


De son côté, William Lustig créera en 1980 avec Maniac l'un des tueurs en série les plus iconiques et les plus flippants du septième art en la personne de Frank Zito (formidablement incarné par Joe Spinell. Un individu en proie à de terribles cauchemars dus à un sérieux complexe d’œdipe qu'il choisissait de résoudre en tuant principalement des femmes dont il prélevait ensuite les scalps pour les emmener dans sa sordide tanière et les planter au sommet des crânes de mannequins d'exposition. Au titre de ces deux exemples, The Headless Eyes emprunte au premier sa technique rudimentaire, à base de faux sang trop épais pour être honnête, de mise en scène bénéficiant de moyens financiers ridicules et d'une direction d'acteurs déplorable. Ajouté à cela, un faux hommage à Color me Blood Red auquel il emprunte également la profession de son héros, lui aussi artiste-peintre ! Près d'une décennie avant que Frank Zito ne vienne hanter les rues nocturnes de New-York pour y assassiner prostituées et autres représentantes féminines à la cuisse légère, Artur Malcolm opta bien avant lui pour des méthodes relativement peu commune. Car si des années plus tard Frank aura tendance à rentrer à la maison avec dans ses poches des sachets de plastique transparents renfermant des tribus prélevés à ses victimes, Arthur aura bien avant lui pensé à faire de même en ramenant dans son antre, les yeux des siennes. Victime lui-même d'une énucléation administrée par une femme qu'il tentait deux ans auparavant d'étrangler, voici que l'on découvre un individu totalement désaxé, obsédé par la question des yeux et hanté par on ne sait quelle entité qui s'amuse à lui glisser dans le creux de l'oreille des mots qui le poussent à agir de manière monstrueuse envers les femmes. Pour être tout à fait honnête, The Headless Eyes est assez mauvais. Bien qu'il remémore de manière relativement excitante les prémices du gore sur grand écran et que Bo Brundin est véritablement habité par son personnage, le gros soucis avec le long-métrage de Kent Bateman se situe surtout aux niveaux de l'écriture et du rythme. Passée une première demi-heure satisfaisante, ça n'est pas faire offense au réalisateur et à son œuvre que de dire qu'ensuite l'on se fait horriblement chier durant le reste du récit. Notons malgré tout que la bande-son signée d'un parfait inconnu demeure un modèle d'étrangeté que l'on rangera du côté de celle de Massacre à la tronçonneuse, oui, oui. Bref, une curiosité pour tous les amateurs de Serial Killers pas trop exigeants...

 

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