Mettons déjà une chose
au clair. Je ne suis et n'ai jamais été un grand fan de Michael
Jackson même si tout comme parmi les amateurs de bonne musique qui
comme moi restèrent généralement indifférent à son art, quelques
chansons demeurent de vrais bons hits. Comme l'excellent Billie
Jean, Don't Stop 'Til
You Get Enough, Wanna
Be Startin' Somethin' ou bien
encore l'incroyable clip vidéo de Thriller
dont
la première diffusion sur une chaîne hexagonale eu lieu dans
l'émission animée par Michel Drucker Champs-Élysées
au
mois de décembre 1983. Un clip qui aujourd'hui encore demeure comme
l'un des grands moments de la télévision française. Sans oublier
bien évidemment sa première partie de carrière au sein des Jackson
Five qu'il
constitua aux côtés de ses frères Tito, Jackie, Jermaine et
Marlon, Pas fan, donc, mais très sensible à la vie qu'a pu avoir
l'artiste américain. Au point, oui, d'avoir très envie d'aller
découvrir le biopic que lui a très récemment consacré cette année
le réalisateur américain Antoine Fuqa. Sobrement intitulé Michael,
ce long-métrage de plus de deux-heures s'est pris une volée de bois
vert de la part d'une partie des critiques professionnels américains
et français et je voulais savoir pour quelles raisons. Au sortir de
la salle, je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à comprendre le
sens de certaines critiques même si au fond et de manière tout à
fait objective, j'en suis ressorti tout sauf essoré, ébloui ou plus
simplement conquis par le spectacle auquel je venais d'assister.
Alors que bon nombre de long-métrages pourtant d'excellente qualité
n'ont malheureusement pas la chance de voir le jour sur grand écran
mais sur des plates-formes de streaming, Michael
aurait tout aussi bien pu être directement projeté dès sa sortie
dans les salons accueillant de grands écrans plats tant le film
d'Antoine Fuqa semble à des années-lumière de tout ce que le
septième art est désormais capable de nous offrir en terme de
technique de l'audiovisuel. Doté d'un budget pourtant confortable de
cent-cinquante cinq millions de dollars, d'un support musical et d'un
sujet en or, Michael
renvoie directement à ce que pourraient produire de ''mieux'' des
techniciens dévolus au seul format télévisuel...
Pas
spécialement alléchant, le film ressemble trop souvent à un vieux
téléfilm sans pour autant avoir ne serait-ce qu'une once des
qualités que pouvait avoir l'excellent Le Roman
d'Elvis
que réalisa en 1979 le réalisateur John Carpenter. Un téléfilm
lui aussi, réalisé cette fois-ci par un maître du septième art
pourtant généralement spécialisé dans le cinéma fantastique et
d'horreur et qui pourtant avait réussi le pari de changer
temporairement de registre pour s'attaquer à un autre mythe de la
variété américaine, Elvis Presley. Pour autant, le biopic d'Antony
Fuqa n'est pas le désastre annoncé. Et même si celles et ceux qui
connaissent mal le contenu des tabloïds pour qui la vie de Michael
Jackson fut une manne financière s'attendaient probablement à en
apprendre davantage que le simple déroulement d'une vie au contact
d'un père violent et autoritaire avec, à l'horizon, l'émancipation
de la star mondiale, que reste-t-il réellement de l'art créatif ?
Quelques menus story-boards gribouillés au coin d'une table et
retranscrits lors de rachitiques plans à l'écran ? Adoubé par
la propre famille de Michael, on comprend alors mieux quelles furent
les restrictions imposées. Trop lisse, pas assez aventureux et
insuffisamment critique, les fondations de l’œuvre ne tiennent en
réalité qu'à travers l'incarnation de Jaafar Jackson. Le neveu de
Michael, dont la ressemblance est souvent bluffante. Sans oublier les
chorégraphies et la reconstitution des concerts qui demeurent
parfaitement réalistes. À dire vrai, Michael
fait ''presque'' le même effet que la projection de La
tour sombre,
cette chose inerte et sans ambition réalisée en 2017 par Nikolaj
Arcel et qui demeure sans doute la pire adaptation d'un très, très,
très gros pavé écrit par le romancier américain Stephen King.
Dans un cas comme dans l'autre, les attentes furent longues et le
résultat en dessous de tout. Deux mythologies cinématographiquement
tuées dans l’œuf ! Michael
s'interrompt d'ailleurs subitement sur un fondu au noir avec le
message ''Son
histoire continue'',
juste avant que les différentes polémiques qui émaillèrent la vie
de la star n'interviennent sur le devant de la scène. Un peu comme
s'il était encore nécessaire de préserver l'image du Roi de la pop
alors que le mal fut fait de son vivant...
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