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lundi 18 mai 2026

Andy Warhol's Bad de Jed Johnson (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le très énigmatique titre Andy Warhol's Bad l'on pourrait croire que se cache une œuvre signée de l'un des plus célèbres représentants du mouvement artistique Pop Art prétentieusement ''surligné'' du nom de son auteur ou d'un long-métrage lui étant entièrement consacré. Et pourtant, la présence de son patronyme provient surtout du fait qu'Andy Warhol fut producteur de ce qu'il est finalement plus commun de nommer sous le titre beaucoup plus simple et bien moins ''nombrilistique'' de Bad. Avant de produire cet unique film signé de Jed Johnson dont la carrière se résuma au montage et à la photographie de quelques longs-métrages, Andy Warhol finança plusieurs films signés du cinéaste underground Paul Morrissey dont les plus célèbres demeurent la trilogie Flesh/Trash/Heat et le ''diptyque'' horrifique Flesh for Frankenstein et Blood for Dracula. Concernant la seule incartade de Jed Johnon derrière la caméra, Bad suit Hazel Aiken (Carroll Baker), une femme d'un certain âge, propriétaire d'un salon de beauté qui gagne moins de billets vers en traitant ses patientes par électrolyse qu'en employant de jeunes femmes dénuées de toute morale afin d'exécuter des contrats visant à assassiner des individus gênants. Débarque à l'écran l'acteur Perry King, plus connu chez nous pour avoir été l'un des personnages centraux de la série Riptide entre 1984 et 1986 que pour le rôle qu'il incarne ici. Celui de L.T. Un véritable parasite qui propose ses services à Hazel et s'installe dans une chambre à l'étage de l'immeuble appartenant à la vieille dame alors qu'il n'a pour l'instant pas les moyens de la payer. Comptant sur ses futurs revenus lorsque celle-ci acceptera de lui confier un contrat, Hazel se montre pourtant méfiante vis à vis de cet individu qui passe plus de temps allongé sur le canapé à regarder des émissions de télévision qu'à l'aider à gagner de l'argent... Le scénario de Pat Hackett et George Abagnalo ne s'embarrassant d'aucune morale, les jeunes recrues de Hazel acceptent tous types de contrats. Allant du meurtre d'un chien appartenant à un individu considéré de ''déplaisant'' par une voisine jusqu'à l'assassinat pur et simple d'un bébé autiste dont la mère veut impérativement se débarrasser ! On croit halluciner et pourtant, c'est bien de cela dont il s'agit. Le format de Bad s'avère relativement étrange puisque intercalés entre divers meurtres dont celui d'un garagiste dont les membres inférieurs sont broyés, le film de Jed Johnson est surtout extrêmement bavard. Au point que l'on se ronge les ongles en attendant que le prochain meurtre survienne à l'écran. Aussi folle que puisse paraître l'entreprise, les demandes s'enchaînent les unes derrière les autres...


Et pourtant, aussi nombreux les contrats apparaissent-ils, leur exécution se fait relativement rare à l'écran et ce film que certains affirment être comme étant ''trash'' et versant dans l'humour très noir ne pas pas aussi loin que la plupart des œuvres estampillées, au hasard, John Waters. Mais d'une certaine manière, il est vrai que Bad est noir. Mais d'un autre côté, le bavardage incessant des protagonistes désamorce le discours de Jed Johnson qui veut que derrière l'apparente intégrité morale de nos concitoyens se cache une âme sombre, perverse, capable de s'adonner aux pires exactions. À l'origine, le rôle incarné par Caroll Baker devait être interprété par l'actrice Shelley Winters que l'on vit notamment dans l'immense chef-d’œuvre de Charles Laughton The Night of the Hunter en 1955, Bloody Mama de Roger Corman en 1970, Le locataire de Roman Polanski en 1976 dans lequel elle incarnait le rôle de la concierge ou encore dans quelques films d'horreur dont ''l'inoubliable'' Gran Bollito de Mauro Bolognini dans lequel son personnage assassinait des individus de son entourage avant de les transformer en savon ! Quant au rôle tenu par Perry King, le chanteur Ricky Nelson avait tout d'abord été envisagé avant que celui-ci ne refuse de participer au projet. Personnage assez peu intéressant, L.T passe son temps à se prélasser, profitant de la ''naïveté'' toute relative de son hôte. Bon, le film est souvent ponctué de ventres mous, certes. Mais quelques effusions de sang viennent réveiller le spectateur endormi. Il faut savoir que Jed Johnson avait en outre pour projet de tourner une séquence très violente vers la fin du tournage. Scène dont les principaux interprètes refusèrent le concept tant elle repoussa les limites de l'immoralité. Pourtant, et contre l'avis de ses acteurs, le réalisateur finira par la tourner, repoussant ainsi effectivement les limites de ce que l'on peut concevoir en terme d'ignominie ! Vous souvenez-vous de cette femme qui faisait appel aux services de Hazel afin de se débarrasser de son bébé autiste ? Et bien l'exécution du contrat se faisant attendre et la mère n'en pouvant plus des hurlements de son enfant, l'on assiste à une hallucinante séquence de défenestration. Oui, oui, vous avez bien lu. La mère du bébé le jette par la fenêtre et en grand pervers, Jed Johnson filme tout. Jusqu'à l'impact du pauvre petit être de chair au sol ! Dégueu et définitivement nihiliste !

 

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