Celui-là, j'ai failli le faire passer à la trappe de mes soirées
cinématographiques endiablées. D'abord parce que n'ayant pas suivi
l'actualité concernant le dernier long-métrage de son auteur, je
m'étais mis bille en tête qu'il devait s'agir d'un quatrième opus
de la saga La momie
dont
les deux premiers volets La momie et
Le retour de la momie furent
réalisés en 1999 et en 2001 par Stephen Sommers et le troisième,
La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon,
par
Rob Cohen en 2008. Ensuite, à cause du nom du réalisateur :
Lee Cronin. Non pas que le cinquième film de la franchise Evil
Dead
intitulé Evil Dead Rise
soit une purge absolue mais le résultat était bien loin de mes
attentes... Alors, lorsque j'entends ensuite dire ça et là que Le
réveil de la momie
est un hommage à la version de 1932 réalisée par Karl Freund avec
dans le rôle principal de la créature l'immense Boris Karloff,
forcément, ma curiosité s'est mise en éveil... Après deux heures
de projection environ et durant lesquelles j'eus parfois la curiosité
de regarder et d'écouter les réactions de mes voisins installés
bien confortablement dans leur fauteuil rouge, bouffant des quantités
astronomiques de pop-corn tout en décapsulant des canettes de sodas
l'une après l'autre, l'un des constats semble inaliénable: La
vision de Lee Cronin n'a que très peu de rapport avec l’œuvre de
1932, tout comme le récit s'articule de manière bien différente du
script écrit à l'origine par le scénariste américain John L.
Balderston. Passons sur le fait que Le
réveil de la momie
se désintéresse du cadre gothique de la version de Karl Freund pour
s'ancrer dans celui d'une horreur contemporaine. Traitant de la
famille tout comme dans Evil
Dead Rise,
le long-métrage abandonne tout romantisme pour offrir au genre une
version gore totalement décomplexée. Si proche du précédent film
réalisé par Lee Cronin que ce Réveil...
que l'on pourrait considérer ''du pied gauche'' tant la momie va se
révéler énervée que la distance entre l'une et l'autre de ces
deux œuvres est assez étroite. Prenant pour thème une très
vieille malédiction causant des contraintes qui nous seront livrées
lors du dernier acte, Le
réveil de la momie
use presque abusivement du mythe de la momie tout en conservant
quelques ''artefacts'' qui lui sont propres (telles les bandelettes,
la malédiction ou le sarcophage). Cependant, plus que le mythe
entourant cette célèbre créature du bestiaire fantastique, ce qui
saute aux yeux est l'allégeance avec laquelle le cinéaste semble
vouloir marcher non pas sur les traces d'un cinéma d'épouvante
hollywoodien de la première moitié du vingtième siècle cher à la
Universal,
mais plutôt du côté de cette horreur épidermique qui donna
notamment naissance en 1972 au légendaire L'exorciste
de William Friedkin...
Tout,
et ce dès la séquence d'ouverture qui ne se déroule non plus lors
de fouilles en Irak mais au Caire, en Égypte, rappelle effectivement
cet immense classique de l'horreur, de l'épouvante et du
fantastique. Les Cannon, constitués de Charlie, Larissa, Sebastian,
Katie et très bientôt Maud (qui pour l'instant est encore à l'état
de fœtus dans le ventre de sa mère) vivent au Caire. Journaliste,
Charlie (Jack Reynor) apprend qu'il va avoir une promotion. Sa femme
Larissa (Laia) et leur deux enfants (incarnés par Shylo Molina et
Natalie Grace) s'apprêtent à faire leurs bagages lorsque la plus
jeune, Katie, est kidnappée. Charlie a beau se lancer à la
poursuite de sa ravisseuse, celle-ci disparaît derrière un écran
de poussière soulevée par une tempête qui vient de se déclarer.
Les années passent et huit ans après le drame, la famille reçoit
un coup de téléphone de la part d'un officier de police cairote qui
annonce à Charlie que sa fille Katie a été retrouvée vivante...
mais dans quel état, mes amis... Ce qui aurait dû être le plus
beau jour des Cannon va évidemment se transformer en véritable
cauchemar. Cette momie que nous promet le titre du film n'est en
réalité identifiable qu'à travers les bandelettes qu'elle porte
sur elle (et qui très longtemps apparaissent comme une peau très
abîmée). Pour le reste, Le
réveil de la momie pourrait
tout aussi bien invoquer le roi des démons moyen-oriental Pazuzu que
nous n'y verrions pas la moindre différence. Le long-métrage de Lee
Cronin n'est donc pas foncièrement original et véhicule pas mal des
poncifs propres au cinéma d'horreur dans son versant parfois le plus
gore. Généreuses en la matière mais sans être aussi difficiles à
regarder en face que certains le prétendent, les scènes d'horreur
sont efficaces. Tout comme les éléments surnaturels qui, parfois,
malgré tout, gâchent un peu le tableau (Katie qui lévite, Katie
qui crache au visage de sa mère un peu à la manière de Regan dans
L'exorciste,
Katie qui cavale parfois comme un chimpanzé!). Le réalisateur se
lance en outre dans une surenchère finale grand-guignolesque un peu
cheap mais bon, le plaisir est malgré tout présent. Dire que l'on
s'y ennuie serait faire preuve de mauvaise foi. Le
réveil de la momie
a surtout le mérite d'être bien supérieur au précédent
long-métrage de Lee Cronin. Bref, un excellent divertissement...
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