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lundi 27 avril 2026

Le réveil de la momie de Lee Cronin (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


  

Celui-là, j'ai failli le faire passer à la trappe de mes soirées cinématographiques endiablées. D'abord parce que n'ayant pas suivi l'actualité concernant le dernier long-métrage de son auteur, je m'étais mis bille en tête qu'il devait s'agir d'un quatrième opus de la saga La momie dont les deux premiers volets La momie et Le retour de la momie furent réalisés en 1999 et en 2001 par Stephen Sommers et le troisième, La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon, par Rob Cohen en 2008. Ensuite, à cause du nom du réalisateur : Lee Cronin. Non pas que le cinquième film de la franchise Evil Dead intitulé Evil Dead Rise soit une purge absolue mais le résultat était bien loin de mes attentes... Alors, lorsque j'entends ensuite dire ça et là que Le réveil de la momie est un hommage à la version de 1932 réalisée par Karl Freund avec dans le rôle principal de la créature l'immense Boris Karloff, forcément, ma curiosité s'est mise en éveil... Après deux heures de projection environ et durant lesquelles j'eus parfois la curiosité de regarder et d'écouter les réactions de mes voisins installés bien confortablement dans leur fauteuil rouge, bouffant des quantités astronomiques de pop-corn tout en décapsulant des canettes de sodas l'une après l'autre, l'un des constats semble inaliénable: La vision de Lee Cronin n'a que très peu de rapport avec l’œuvre de 1932, tout comme le récit s'articule de manière bien différente du script écrit à l'origine par le scénariste américain John L. Balderston. Passons sur le fait que Le réveil de la momie se désintéresse du cadre gothique de la version de Karl Freund pour s'ancrer dans celui d'une horreur contemporaine. Traitant de la famille tout comme dans Evil Dead Rise, le long-métrage abandonne tout romantisme pour offrir au genre une version gore totalement décomplexée. Si proche du précédent film réalisé par Lee Cronin que ce Réveil... que l'on pourrait considérer ''du pied gauche'' tant la momie va se révéler énervée que la distance entre l'une et l'autre de ces deux œuvres est assez étroite. Prenant pour thème une très vieille malédiction causant des contraintes qui nous seront livrées lors du dernier acte, Le réveil de la momie use presque abusivement du mythe de la momie tout en conservant quelques ''artefacts'' qui lui sont propres (telles les bandelettes, la malédiction ou le sarcophage). Cependant, plus que le mythe entourant cette célèbre créature du bestiaire fantastique, ce qui saute aux yeux est l'allégeance avec laquelle le cinéaste semble vouloir marcher non pas sur les traces d'un cinéma d'épouvante hollywoodien de la première moitié du vingtième siècle cher à la Universal, mais plutôt du côté de cette horreur épidermique qui donna notamment naissance en 1972 au légendaire L'exorciste de William Friedkin...


Tout, et ce dès la séquence d'ouverture qui ne se déroule non plus lors de fouilles en Irak mais au Caire, en Égypte, rappelle effectivement cet immense classique de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Les Cannon, constitués de Charlie, Larissa, Sebastian, Katie et très bientôt Maud (qui pour l'instant est encore à l'état de fœtus dans le ventre de sa mère) vivent au Caire. Journaliste, Charlie (Jack Reynor) apprend qu'il va avoir une promotion. Sa femme Larissa (Laia) et leur deux enfants (incarnés par Shylo Molina et Natalie Grace) s'apprêtent à faire leurs bagages lorsque la plus jeune, Katie, est kidnappée. Charlie a beau se lancer à la poursuite de sa ravisseuse, celle-ci disparaît derrière un écran de poussière soulevée par une tempête qui vient de se déclarer. Les années passent et huit ans après le drame, la famille reçoit un coup de téléphone de la part d'un officier de police cairote qui annonce à Charlie que sa fille Katie a été retrouvée vivante... mais dans quel état, mes amis... Ce qui aurait dû être le plus beau jour des Cannon va évidemment se transformer en véritable cauchemar. Cette momie que nous promet le titre du film n'est en réalité identifiable qu'à travers les bandelettes qu'elle porte sur elle (et qui très longtemps apparaissent comme une peau très abîmée). Pour le reste, Le réveil de la momie pourrait tout aussi bien invoquer le roi des démons moyen-oriental Pazuzu que nous n'y verrions pas la moindre différence. Le long-métrage de Lee Cronin n'est donc pas foncièrement original et véhicule pas mal des poncifs propres au cinéma d'horreur dans son versant parfois le plus gore. Généreuses en la matière mais sans être aussi difficiles à regarder en face que certains le prétendent, les scènes d'horreur sont efficaces. Tout comme les éléments surnaturels qui, parfois, malgré tout, gâchent un peu le tableau (Katie qui lévite, Katie qui crache au visage de sa mère un peu à la manière de Regan dans L'exorciste, Katie qui cavale parfois comme un chimpanzé!). Le réalisateur se lance en outre dans une surenchère finale grand-guignolesque un peu cheap mais bon, le plaisir est malgré tout présent. Dire que l'on s'y ennuie serait faire preuve de mauvaise foi. Le réveil de la momie a surtout le mérite d'être bien supérieur au précédent long-métrage de Lee Cronin. Bref, un excellent divertissement...

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