Second long-métrage de
Sasha Sibley après The Box
en 2021 (lequel n'entretient aucun rapport avec l'œuvre éponyme
réalisée par Richard Kelly en 2009), The
Painted
traite d'un sujet qui a maintes fois été abordé sous différentes
formes au cinéma et en littérature. L'un des sujets les plus
remarquables à avoir été adapté sur grand écran demeure Le
portrait de Dorian Gray d'Oscar
Wilde. En effet, un nombre incalculable de films et de téléfilms
mirent en scène le personnage titre du roman, un très bel homme
vivant dans le Londres aristocratique de la fin du dix-neuvième
siècle et qui pour conserver toute sa beauté et après que le
peintre Basil Hallward ait réalisé son portrait, pactisa avec le
Diable afin que la peinture vieillisse à sa place. Si certains
demeurèrent fidèle au récit, d'autres ne firent que s'en inspirer.
À l'image de Brian De Palma et de son cultissme Phantom
of the Paradise
ou de l'écrivain écossais Graham Masterton qui avec son
chef-d’œuvre Le
portrait du mal
signa en 1985 l'un de ses plus remarquables ouvrages littéraires
ainsi qu'un monument de l'épouvante... Avec Velvet
Buzzsaw,
Dan Gilroy signa en 2019 un long-métrage qui mit en scène les
œuvres d'un peintre décédé qui tuaient littéralement ceux qui
tentaient d'en faire le commerce. Quant à The
Witches
du britannique Nicolas Roeg, il mettait en scène en 1990 une gamine
enfermée dans un tableau. Notons enfin à titre d'exemple de
production beaucoup plus familiale, le personnage de Vigo des
Carpates, un sorcier tyrannique du seizième siècle enfermé dans
une toile agissant comme une prison et comme un point de passage vers
le monde réel... S'agissant de The Painted,
le film entre également dans la catégorie des films de maisons
hantées et des malédictions. L'action se déroule tout d'abord dans
les années soixante, cinq mois avant que n'interviennent les membres
d'une famille qui seront les héros de l'histoire. L'on assiste à
une curieuse cérémonie consistant à transférer l'âme d'un défunt
(ici, en l'occurrence, celle d'une jeune femme) dans une peinture
afin que celle-ci survive au delà de la mort. Cependant, rien ne va
se passer comme prévu puisque l'époux va faire apparaître la
démoniaque Cassandra Dubray, épouse d'un lointain ancêtre de la
famille dont la plus récente représentante est Evelyn (Aleksa
Palladino), qui n'est autre que l'épouse d'Adam (Sean Bridgers) avec
lequel elle a eut trois enfants : Nelson (Jadon Cal), Janice
(Jessica Ruth Bell) et Lucy (Zara King). Lorsque cinq mois après les
événements du début la mère de famille apprend que sa cousine Ana
Franco (Jill Young) est décédée et lui a légué son immense
propriété, elle, son mari et leurs enfants déménagent pour s'y
installer. Cette nouvelle fortune tombe en outre assez bien puisque
Adam a perdu beaucoup de ses clients et rencontre par conséquent de
grandes difficultés financières...
Tandis
qu'ils font l'inventaire des différents objets présents dans la
demeure, Evelyn et Adam découvrent une peinture représentant une
femme nue qu'ils décident de cacher dans les combles afin de ne pas
froisser l'innocence de leur plus jeune fille Lucy. La demeure étant
entièrement tapissée de toiles représentants divers personnages
ayant réellement existé, certaines d'entre elle semblent prendre
vie. Et notamment celle qui est accrochée au dessus du lit de
Janice. Lorsque vient la nuit, l'adolescente est attaquée durant son
sommeil par un individu qui lui coupe les cheveux. À son réveil,
Janice est furieuse et s'en prend à sa petite sœur qu'elle croit
coupable. Mais bientôt, une série d'événements va démontrer que
la famille Elster n'est peut-être pas seule dans la maison... S'il y
a assez peu de chance pour que les amateurs d'épouvante rompus au
genre se laissent impressionner par la vague d'événements qui vont
se dérouler dans cet imposant manoir de style victorien, d'autres
pourraient bien être surpris et même sursauter à diverses
occasions. À ce titre, The Painted
se montre plutôt efficace. Et ce, même si certaines balises
propres au genre sont ici employées. Comme ce personnage très
secondaire et donc insuffisamment exploité qu'incarne l'actrice
Patrice Johnson. Elle y interprète le rôle de Leonora Pettengill,
une femme d'âge moyen spécialisée dans les rituels occultes liés
à l'art. Elle entrepose ainsi dans sa cave, toute une série de
peintures maudites, un peu à l'image de la collection privée
d’objets maudits que rassemblèrent durant leur parcours de
chasseurs de fantômes, les époux Ed et Lorraine Warren et que l'on
découvre dans la franchise The Conjuring !
Tout comme la fuite des Elster rappelle peu ou pour celle de la
famille Lutz dans le classique de l'épouvante, Amityville,
la maison du Diable
de Stuart Rosenberg. Doté d'excellents effets-spéciaux numériques
à l'image de ces peintures démoniaques composées en temps-réel,
The Painted
est une bonne surprise. Tout juste pourra-t-on reprocher au
réalisateur et scénariste d'avoir créé un personnage de
patriarche très caricatural et relativement agaçant (agressif et
obsédé par le sexe même s'il saura se racheter vers la fin du
récit) et d'avoir proposé une fin quelque peu théâtrale et
ampoulée...

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