Si l'on peut en général
se croire en sécurité à bord de son véhicule, il arrive parfois
que l'on se perde en chemin pour se retrouver en des lieux que l'on
aurait aimé pouvoir éviter. C'est sans doute ainsi que la famille
Carter de La colline a des yeux
réalisé par Wes Craven en 1977 aurait sans doute préféré ignoré
le raccourci que ses membres prirent pour rejoindre la Californie.
Tout comme cette bande de copains qui quelques années plus tôt dans
Massacre à la tronçonneuse
de Tobe Hooper auraient mieux fait de rester à l'intérieur de leur
van et de ne surtout pas roder du côté de cette maison abritant une
famille de dégénérés. Sans oublier le héros de Duel
de Steven Spielberg, poursuivi durant près de quatre-vingt dix
minutes par un camion ou bien plus tard, celui de The
Hitcher,
dans lequel un jeune homme du nom de Jim Halsey était traqué par le
psychopathe John Ryder qu'il eut la très mauvaise idée de prendre
en stop. En fait, nous pourrions citer des dizaines, voire des
centaines de films mais presque aucun ne pourra être véritablement
comparé à It Ends,
premier long-métrage d'Alexander Ullom dont le suivant, le film
d'horreur 4X4 : The Event,
est en ce moment en pré-production. Bien que le film ne partage rien
de véritablement concret avec l'excellente série The
Society
dont on regrettera toujours qu'une seconde saison ne vit jamais le
jour en raison de résultats jugés insuffisants, un détail de It
Ends
retient pourtant l'attention du spectateur : cette route
interminable qui une fois prise dans l'autre sens ne mène nulle part
ailleurs que face à un cul-de-sac débouchant sur une forêt. Une
fois évoquée cette petite anecdote qui dans le contexte du
long-métrage s'avère malgré tout être un sacré choc pour les
protagonistes, l'intérêt du film tourne en partie autour de
l'énigmatique contexte dans lequel nos quatre jeunes adultes sont
plongés. En effet, alors que Day (Akira Jackson), Tyler (Mitchell
Cole), Fisher (Noah Toth) et James (Phinehas Yoon) roulent de nuit
pour aller dîner dans un restaurant, le second engage son véhicule
sur une route et manque ensuite de prendre une sortie. Et pour
cause : sur le chemin, aucun moyen de quitter la route en
question. Filant tout droit devant eux sans que jamais celle-ci ne se
termine ou ne débouche sur d'autres voies, les quatre amis n'ont
d'autre choix que d'accepter la vérité : Day, Tyler, Fisher et
James sont coincés sur une route qu'ils ne pourront apparemment
jamais quitter...
It Ends
se déroulant en grande partie à l'intérieur de la voiture en
dehors de quelques sorties risquées sur la route ou dans une forêt
qui elle-même semble n'avoir aucune issue (bien que l'idée soit au
fond assez peu explorée), le réalisateur et scénariste Alexander
Ullom est contraint de composer avec les dialogues et la performance
de ses interprètes qui tous sont d'anciens étudiants et dont
certains se connaissaient déjà avant le tournage. Afin de s'assurer
de la cohésion entre les interprètes et leurs différents
personnages, le cinéaste réalisa quelques séances de lecture. Une
combinaison d'acteurs qui au final fonctionne très bien à l'image
puisque Akira Jackson, Mitchell Cole, Noah Toth et Phinehas Yoon
jouent avec un naturel parfois déconcertant. Et puisqu'il faut
nourrir le film de dialogues permettant au spectateur de se
raccrocher à une intrigue plutôt sommaire, les personnages ne vont
avoir de cesse que de s'interroger sur la situation, cherchant à
comprendre pour quelle raison ils sont condamnés à rouler sans
jamais s'arrêter ou presque sur cette interminable route. Si l'un
d'entre eux évoque le Purgatoire tandis qu'un second envisage l'idée
selon laquelle ils seraient en réalité tous les quatre morts, un
troisième commence à émettre l'hypothèse selon laquelle un ou
plusieurs d'entre eux aurai(en)t quelque chose à se reprocher.
Quelques éléments extérieurs viendront bien sûr nourrir
l'intrigue. Comme lors de ces quelques tentatives de sortie du
véhicule qui toutes sont vouées à l'échec puisque à chaque fois,
des centaines d'individus débouchent de la forêt pour tenter de
s'emparer de la voiture. Des moments parfaitement orchestrés qui
font poindre un certain stress et qui posent certaines questions
comme celle s'agissant de ces nombreux individus qui bien avant nos
quatre jeunes héros ont peut-être vécu la même aventure. Sans
oublier quelques concepts intéressants mais, de mon point de vue,
insuffisamment développés comme ce réservoir d'essence qui ne se
vide jamais ou l'absence de faim et de sommeil chez Tyler et ses
amis. Bref, ce petit film indépendant, apparemment bricolé à
l'aide de matériel emprunté à des écoles de cinéma et au budget
estimé à environ cinquante-mille dollars est plutôt une bonne
surprise quoique qu'un format plus court lui aurait sans doute permis
d'être diablement plus efficace. En effet, tandis que les quatre
protagonistes du récit roulent tout droit, le scénario, lui, tourne
malheureusement parfois en rond ! Dans le genre, je vous
conseillerais le sympathique In Fear de
Jeremy Lovering dans lequel un jeune couple se perdait bien avant nos
quatre jeunes gens en pleine campagne anglaise.
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