''On la refait ?''
''Ben pourquoi, j'la trouve très bien moi, cette
prise...'' ''Ah bon !
Okay alors...''. Rôle de
composition pour Bruce Willis qui à la trente et unième minute
avale un verre d'alcool frelaté. C'est vrai qu'on a pas trop
l'habitude de voir ses personnages une bouteille à la main, pas
vrai... ? Quelle intensité lorsque d'un mouvement de la tête,
l'acteur exprime le degré d'alcool du liquide qu'il vient
d'ingurgiter. It's a joke
bien
évidemment. Vous avez le droit de rire. Pauvre Bruce Willis qui en
l'espace d'une ou deux secondes vient de démontrer que sa carrière
est définitivement derrière lui. Genre, type blasé qui juste avant
d'avoir empoché des billets verts pour quelques lignes de dialogue
et autant d'apparitions dans le nullissime Cosmic
Sin
d'Edward Drake, se montre ici plus enthousiaste que jamais. En un
très court instant, l'acteur montre qu'il a vieilli, qu'il est
fatigué et qu'il n'a plus grand chose à dire. Enthousiaste, alors ?
Mon œil ! Carrément indifférent, dirais-je, à tout ce qui
l'entoure, avec ce faux air narquois qu'il affiche en toutes
circonstances comme une mauvaise habitude dont il n'arriverais plus à
se défaire. Rêve-t-on encore de ce film plein de finesse qui se
présenterait à l'horizon et dans lequel l'ancienne star désormais
rouillée mettrait un terme aux quolibets dont il est désormais le
sujet ? Certes, non...
Breach (ou
Anti-Life)
de John Suits s'inscrit dans un même ordre d'idées que le
long-métrage d'Edward Drake. Soit, de la science-fiction
testostéronée et bas du front dans laquelle l'avenir de l'humanité
n'est plus confiée à des scientifiques mais à des soldats
particulièrement primaires, amateurs en outre d'alcool frelaté.
Empruntant autant à toute la vague d'infectés qui se ruent sur
petits et grands écran qu'au Alien
de Ridley Scott, le long-métrage de John Suit n'est qu'une
succession de coursives mal éclairées et dont le cameraman visite
presque chaque recoin d'une main maladroite (l'image saute souvent).
Aussi chiant que d'attendre son tour derrière la queue d'un guichet
de poste, Breach
tente quelques saillies gore peu convaincantes (lorsque du moins, les
séquences en question n'interviennent pas hors champ de la caméra)
où le sang d'un rouge piquette pisse afin de dissimuler la pauvreté
des maquillages.Hors scènes d'action, le film est tantôt
terriblement bavard, tantôt vide de la moindre interactivité entre
les personnages et la caméra. Pour une œuvre mêlant
science-fiction, horreur et action, c'est tout de même un comble !
Si l'affiche ne promet rien de bien subtil, Breach
est de ces œuvres qui jouissent d'un intérêt qui, quoi qu'on en
dise, quoi qu'on en pense, pousse les amateurs de space opera à y
jeter un œil malgré tout. Piège dans lequel nous ne somme fort
heureusement pas contraints de se laisser enfermer durant une heure
trente, le long-métrage de John Suits est typique de ce genre de
productions pâtissant d'un budget insuffisant, d'un scénario
inexistant et d'une mise en scène pitoyable. ..
Et
que dire de l'interprétation, voire de la caractérisation des
personnage qui ressemble alors à un concours de celui qui a la plus
longue et la plus grosse. Après que les plus courageux se soient
donnés la peine de s'infliger la chose, Breach
sera
condamné à être oublié et à rejoindre ces myriades de
productions qui n'ont pas même le mérite de jouer dans la catégorie
''nanars''.
Nous retiendrons tout de même l'incroyable interprétation de
l'acteur Callan Mulvey qui dans le rôle de Teek mérite la palme
d'or dans la catégorie ''abruti de service'' !!! Gueulard,
hystérique, violent... bref, le hooligan de base. Mais d'une manière
générale, c'est tout le casting qu'il faut foutre aux ordures.
Ainsi que les concepteurs en effets-spéciaux. Ne serait-ce que pour
les séquences de tirs à l'arme à feu. Pathétiques ! Breach
est
un immonde salmigondis de séquences où s'entremêlent trop
d'influences mal digérées parmi lesquelles, l'ombre de John
Carpenter et ses longs-métrages The Thing
et Ghosts of Mars
sont ici ridiculisés. Ôtez-vous donc de l'esprit l'idée de passer
un moment rafraîchissant. Breach
ressemble à nombre de ses (très mauvais) prédécesseurs. Ni fait,
ni à faire !
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