J'apprécie généralement
cette communion d'esprits qui en général unit celles et ceux qui
sont tant fans d'une œuvre cinématographique qu'ils rêvent
davantage de chopper des verrues à la piscine que de voir surgir
l'affreuse nouvelle d'une séquelle, d'un remake ou d'une préquelle !
C'est d'autant plus vrai que les plus anciens seront d'accord pour
dire que cela était très majoritairement le cas dans les années
quatre-vingt durant lesquelles, lorsqu'un producteur était avide de
se remplir les poches en exploitant un grand nom du cinéma, les
aficionados pouvaient s'attendre à ce que surgisse une opportuniste
production débarrassée des ''condiments'' qui en général
faisaient le sel de l’œuvre originale. Si l'on veut demeurer
totalement objectif, et pour ne prendre pour exemple que celui du
concept de séquelles, toutes ne méritent pas de se voir
automatiquement octroyer le titre de purge, de bousin, de résidu de
bidet ou de merde ! Car des suites valables, il en existe. Sans
doute pas meilleures ou à la hauteur des matériaux d'origine mais
pas au point d'en prendre plein la gueule. D'ailleurs, on ne
comprendra sans doute jamais pourquoi certaines franchises telles que
Star Wars
ne souffrent pas de la part de leurs légions de fans de la moins
critique négative ! Et pourtant... il y en aurait des choses à
dire ou à écrire. Et comment ne pas évoquer des exemples tels que
certaines pré/séquelles de Alien
de Ridley Scott, du Predator
de John McTiernan, de Terminator 1&
2
de James Cameron ou de n'importe quelle franchise de science-fiction
ou d'horreur ? Le problème ayant en général comme point
commun un soucis relevant de l'anachronisme. Ce point litigieux qui
ne pardonne jamais, même lorsque l’œuvre demeure en elle-même
une proposition de cinéma plus ou moins intéressante dès lors
qu'elle est extraite du contexte de franchise cinématographique !
Évoquons maintenant le cas de The Hidden 2
de Seth Pinsker. Suite frelatée de l'un des grands classiques de
l'action et de la science-fiction des années quatre-vingt signé à
l'origine par Jack Sholder, les fans de cette petite pépite auréolée
d'un grand prix au festival d'Avoriaz hautement mérité en 1987 ont
de très bonnes raisons d'être mécontents de l'existence de cette
inepte séquelle dont les bonnes idées sont si difficiles à
dénicher qu'elles semblent reposer sur un script écrit à l'encre
sympathique !
Si
l'acharnement que subissent nombre de suites et de remakes est
parfois trompeur sur les qualités réelles d'une marchandise à
destination des salles obscures ou des vidéothèques, The
Hidden 2
entre dans le cadre de ces productions atrocement mal venues et dont
l'existence pourrait avoir tendance à faire presque oublier l'aura
de celles qui les inspire. Imaginant sans doute qu'en incorporant les
dernières séquences du premier Hidden
en ouverture de son long-métrage, Seth Pinsker n'a pas eut la
meilleure idée au monde. Celui-ci ayant même faux sur tout la
ligne. Car au contraire, plutôt que faire ressentir ce petit
pincement au cœur au spectateur qui sept ans auparavant eu le
privilège de découvrir le chef-d’œuvre de Jack Sholder au
cinéma, cette idée hautement saugrenue a pour simple effet de créer
un immense fossé entre ce qui fut et ce qui sera. Entre le bon grain
et l'ivraie. Entre le classique de la science-fiction et l'ignominie
absolue ! Car The Hidden 2
est un trou noir au fond duquel tout sens artistique disparaît,
s'évanouit, pour ne laisser qu'une coquille vide. Esthétiquement et
techniquement, le film de Seth Pinsker est à la ramasse.
Visuellement, il s'agit du parent pauvre de tout ce que pu générer
de médiocre la science-fiction télévisuelle des années
quatre-vingt dix. Le combat entre le Bien et le Mal, abordé avec une
finesse beaucoup plus visible que ne le laissaient présager les
nombreuses et formidables scènes d'action sept ans auparavant, est
ici, totalement absent. Le piège principal du long-métrage est
tout d'abord de ne plus mettre en scène les acteurs Kyle MacLachlan
et Michael Nouri au profit d'un couple cette fois-ci mixte interprété
par Kate Hodge et Raphael Sbarge (auquel le script offre
maladroitement le nom de MacLachlan en hommage à l'interprète du
sympathique extraterrestre Alhague du premier volet). La comparaison
est malheureusement douloureuse puisque ceux-ci ne parviennent jamais
à nous faire oublier l'excellent duo que formaient leurs
prédécesseurs ! Quant au récit, celui-ci est d'une indigence
crasse. Imaginez : désormais, il ne s'agit plus de la traque
d'un extraterrestre belliqueux en mode ''Body
Snatching''
mais de celle d'une légion de créatures ''nées'' de l'accouchement
d'un clébard à la manière d'un The Thing
(John Carpenter) du pauvre. Laid, ennuyeux, sans le moindre sens
créatif et au final, triste à mourir, The
Hidden 2
mérite bien son titre de suite ratée ! Un désastre
absolu... !
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