Il faudra sans doute
expliquer un jour à celles et ceux qui crachent sur la plupart des
Slashers que l'originalité
n'est pas forcément l'apanage de ce sous-genre du cinéma d'horreur
né au milieu des années soixante-dix. Depuis ses débuts officiels
datant de 1974 avec la sortie de Black Christmas
de Bob Clark même si certains remettent en cause cette réalité en
affirmant que le premier d'entre eux fut Halloween
de John Carpenter en 1978, des centaines, voire des milliers de
projets ont vu le jour. Certains prétendront qu'avec un peu
d'imagination et un peu moins de chauvinisme américain, il faudrait
peut-être même remonter jusqu'aux plus profonds soubassements du
Giallo
italien mais sans doute encore davantage avec l'arrivée tardive du
cinéaste transalpin Mario Bava dans le genre et qui à travers
certains de ses plus beaux représentants avait sans doute une bonne
dizaine d'avance sur la future concurrence outre-atlantique ! En
Europe, l'Italie ne sera pas seule à mettre en scène des assassins
dont l'identité ne nous sera révélée qu'en toute fin de récit
puisque approximativement à la même époque l'on vit surgir un
certain nombre d'adaptations cinématographiques des romans de
l'écrivaine Agatha Christie. Bon ! Pour en revenir à Eli Roth,
les amateurs de slashers peuvent d'ors et déjà le remercier. Car si
lui non plus n'invente rien en cette fin d'année 2023 où sort sur
les écrans de cinéma Thanksgiving : la semaine
de l'horreur,
les spectateurs auront au moins eu le privilège d'assister au retour
en grandes pompes (à sang) de l'auteur de Cabin
Fever,
Hostel
ou de Green Inferno.
Entre le malaise provoqué chez les hypocondriaques par le premier
d'entre eux, l'un des phénomènes du torture-porn dans ce qu'il peut
avoir de plus gratuit et de plus graphique et le remake de Cannibal
Holocaust
lors duquel certains étalages gore pouvaient faire aussi bien
tourner de l’œil que les quelques sacrifices orchestrés par Mel
Gibson du temps où celui-ci tourna Apocalypto,
l'avant-dernier long-métrage du cinéaste américain a ceci
d'encourageant qu'il ne lésine absolument pas sur l'hémoglobine.
Dans la grande tradition de certaines des œuvres les plus connues du
Slasher,
tout est ici histoire de vengeance.
Rien
de bien spectaculaire donc lorsque survient l'issue de cet
affrontement entre des adolescents et un tueur masqué visuellement
plus proche de celui de Souviens-toi... L'été
dernier
de Jim Gillespie sorti en 1998 que de celui de Scream
de Wes Craven projeté dans les salles de cinéma deux ans
auparavant. Concernant la caractérisation des protagonistes du
récit, rien de miraculeux non plus. Eli Roth se contente du minimum
et le spectateur n'en n'attend pas davantage puisque le seul intérêt
de ce genre de produit est bien d'assister à des meurtres à la
chaîne, quitte à voir certains des principaux personnages passer de
vie à trépas. Et dans le cas de Thanksgiving :
la semaine de l'horreur,
les amateurs de films d'horreur à tendance gore vont en avoir pour
leur argent. Les fondations du long-métrage tiennent d'ailleurs
presque uniquement sur le concept consistant à produire un certain
nombre de meurtres graphiques intercalés entre des lignes de
dialogues souvent inintéressantes. Si le film d'Eli Roth prend
souvent les allures d'un copier/coller de tout ce qui a pu être
produit dans le genre depuis ses origines, le réalisateur nous
régale cependant à travers une succession de meurtres
particulièrement horribles. Du gore à foison qui, en outre, fait
preuve d'une très grande originalité durant leur exécution.
L'éternelle question s'agissant de l'identité du tueur demeurant en
suspend jusqu'à la fin, l'intérêt premier de Thanksgiving
: la semaine de l'horreur
est donc de patienter jusqu'au prochain meurtre avec cette
interrogation qui précède l'acte : de quelle manière la
prochaine victime va-t-elle donc mourir ! Avant que ne nous soit
révélée l'identité du tueur, Eli Roth nous offre un interlude
aussi creepy que rafraîchissant lors d'un dîner qui rappellera
vaguement celui de Massacre à la tronçonneuse
de Tobe Hopper et de tous ses ''suiveurs'' et lors duquel le
réalisateur en rajoute une couche lorsqu'il s'agit de mêler horreur
et perversité ! Bref, Thanksgiving : la
semaine de l'horreur
est un très bon slasher lors duquel son auteur ironise en outre sur
les débordements qui se produisent notamment lors de l'annuel Black
Friday.
Pas original pour un sou mais doté de nombreux meurtres qui
contenteront les amateurs de gore. Notons qu'une séquelle elle-même
réalisée par Eli Roth est prévue pour cette année...
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