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vendredi 9 mai 2025

Shuang Tong (Double Vision) de Kuo-Fu Chen (2002) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Shuang Tong (Double Vision) du réalisateur et scénariste taïwanais Kuo-Fu Chen, c'est un peu comme les barquette de 900 grammes de morceaux de poulet jaune ou blanc de la marque Carrefour. D'un côté, vous avez un script alléchant, qui rappelle les plus belles heures des aventures de Dana Scully et de Fox Mulder de la série de science-fiction X-Files et de l'autre, l'image tout aussi appétissante de dos de poulets recouverts d'une large bande de peau que vous rêvez déjà de faire griller à la rôtissoire avant de les dévorer. Sauf que ben, la dernière fois que j'ai passé ma commande, je m'suis dis que j'allais pas la jouer ''petit bras'' en réservant deux barquettes pour une livraison dès le lendemain matin à 7 heures ! Quelle ne fut pas ma déception de voir que le contenu était essentiellement constitué de deux dos de poulets seulement pour une quinzaine de pilons ! Il faut savoir une chose : j'abhoooorre totalement les pilons. Vous enlevez l'os central, les tendons, le cartilage, que reste-t-il ? Pas grand chose  à se mettre sous la dent ! Bref, si je compare cette malheureuse expérience à Shuang Tong, c'est à peu près pour les même raisons. Alors que le film promet de belles perspectives en matière de thriller et de ''phénomènes'' relativement peu anodins, le long-métrage de Kuo-Fu Chen se termine sous la forme d'une douche froide prise en plein hiver. Imaginez : l'inspecteur taïwanais Huang Huo-tu enquête sur une série de trois meurtres ayant eu lieu dans d'étonnantes circonstances. Première victime : le PDG d'une entreprise est découvert assis derrière son bureau, raide mort. Jusque là, rien d'incroyable. Ce qui l'est par contre davantage, ce sont les circonstances de son décès. D'après le médecin légiste, l'homme s'est noyé ! Seconde victime : une femme alerte les pompiers en raison d'un incendie qui s'est déclaré dans son appartement. À leur arrivée, ce dernier est dans un état impeccable.


Nulle trace d'incendie. Pourtant, au sol, gît la propriétaire dont l'apparence externe ne montre aucune trace de brûlures alors que selon ce même médecin légiste, celle-ci est morte brûlée ! Enfin, troisième victime, un homme est retrouvé chez lui allongé dans son lit, une large cicatrice sur le ventre. Au sol, un seau contenant les graisses qui recouvraient jusque là ses intestins est découvert. Après autopsie, le médecin légiste déclare que les entrailles de la victimes ont été scrupuleusement nettoyées avant d'être remises à leur place à l'intérieur de l'abdomen ! Ouais, ça donne furieusement envie de découvrir quels sont les tenants et les aboutissants de ce triple mystères dont deux semblent difficilement envisageable sous un autre angle que celui du surnaturel. Incarné par l'acteur Tony Leung Ka-fai, l'inspecteur Huang Huo-tu est donc chargé de l'enquête. Et malgré les conseils d'un collègue qui lui dit de se méfier, celui-ci prend à cœur de résoudre cette affaire. Mais comme les autorités taïwanaises ne paraissent pas croire en une résolution heureuse du mystère qui entoure les trois morts, la direction demande de l'aide au FBI. C'est ainsi que le célèbre Bureau fédéral d'Investigation américain qui sur le plan de la fiction avait notamment chargé en 1991 la jeune recrue Clarice Starling (Jodie Foster) d'enquêter sur un tueur en série surnommé Buffalo Bill (excellent Ted Levine) dans Le silence des agneaux de Jonathan Demme envoie désormais l'inspecteur Kevin Richter dont la spécialité est justement d'enquêter sur les tueurs en série. D'ailleurs, lors de sa découverte à l'écran, on le voit tout d'abord donner un cours de profilage à de jeunes étudiants au sujet d'une série de meurtres qui aurait pu servir de matière première à un passionnant thriller !


Cet américain qui ne parle absolument pas la langue du pays dans lequel il vient de mettre les pieds en dehors de quelques phrases apprises par cœur est incarné par l'acteur David Morse.Un habitué des seconds rôles que l'on a pu voir sur petit et grand écran et dont les fans de l'écrivain Stephen King connaissent et apprécient pour l'avoir découvert dans le long-métrage La ligne verte de Frank Darabont en 1999 et à travers le téléfilm Les Langoliers en 1995. S'inscrivant quelque peu dans cette même tradition des œuvres policières qui font se télescoper deux cultures différentes comme cela fut notamment le cas en 1989 avec Black Rain de Ridley Scott, Kuo-Fu Chen intègre donc à son sujet un flic américain au cœur d'un pays et d'une population dont il ne connaît pas les codes. Mais Shuang Tong n'étant pas non plus une étude de mœurs, le film se rapproche parfois davantage du Buddy Movie à la manière de L'arme fatale de Richard Donner mais sans l'humour qui caractérisait si bien le duo formé à l'époque par Mel Gibson et Danny Glover. L'on aura tout de même droit à quelques sympathiques séquences ''domestiques'' situées dans l'appartement du flic taïwanais. L'occasion de faire connaissance avec son épouse Ching-fang (interprétée par la très jolie Rene Liu) lors d'un dîner rappelant donc celui qui réunit les inspecteurs Roger Murtaugh et Martin Riggs dans L'arme fatale. Ou pour ceux qui préfèrent le mélange entre science-fiction et policier, le repas offert par Tom Beck (Michael Nouri) et son épouse à ''l'agent du FBI'' Lloyd Gallagher (Kyle MacLachlan) dans le formidable Hidden de Jack Sholder en 1987. Fascinant durant un temps mais virant à l'eau de boudin en plein récit, l'enquête est menée d'un côté du miroir comme de l'autre (ou derrière et devant la caméra) avec une ambition largement revue à la baisse. La mécanique se grippe dès l'évocation d'une secte mais plus encore lorsque intervient un semblant d'élément fantastique. Au final, l'on sort de l'expérience plutôt déçu. Même si quelques fulgurances viennent parfois appuyer le propos. Comme cet accouchement qui ouvre les hostilités, ce double meurtre-suicide plutôt graphique et original, ce bain de sang survenant dans le repaire de la secte ou ce très joli moment qui survient lors du final...

 

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