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samedi 1 août 2026

Clean, Shaven de Lodge Kerrigan (1994) - ★★★★★★★★★☆



Peter Winter s'enfuit de l'hôpital psychiatrique dans lequel il a été incarcéré pour troubles graves de la personnalité. En fuyant cet endroit, son unique but est de retrouver sa fille qui à été confiée aux soins de son ex femme. Il est évident que cet homme est loin d'être guéri des obsessions qui le taraudent. Alors qu'il prends possession d'un véhicule, très vite il est persuadé d'être traqué par une entité dont on aura beaucoup de mal tout au long du film à se faire une idée de sa provenance. Il se sent menacé par des voix que son imagination seule crée dans son esprit et qui le mènent à s'automutiler de manière extrêmement violente. Alors qu'il prends une douche dans un motel glauque sous une chaleur implacable, il est convaincu que l'on a implanté dans son crâne un émetteur qui permet de le suivre pas à pas. Il décide alors de l'ôter à l'aide d'une paire de ciseaux. Plus tard, alors qu'il roule à vive allure et qu'il croit être poursuivi par un autre véhicule qui ne fait en réalité que suivre le même chemin que lui, il arrache l'un de ses ongles, convaincu qu'un objet y a été introduit.

Peter retourne voir sa mère afin qu'elle lui dévoile où se cache son ex femme et sa fille. C'est ainsi que l'on comprend en partie les raisons pour lesquelles il est si mal dans sa peau. Leurs rapports sont plus que difficiles et expliquent probablement les difficultés qu'il a à gérer sa propre existence. Immature, il agit comme l'enfant incapable de se suffire à lui-même.
En parallèle à l'histoire de cet homme malade, on fait la connaissance d'un autre homme, inspecteur du FBI, et lancé dans la traque d'un tueur en série qui ne s'en prends qu'aux jeunes filles. Son comportement ambigu laisse à penser qu' il est profiler et que pour mener à bien son enquête il se doit de se mettre dans la peau de celui qu'il traque.
On suit donc la lente évolution de ces deux personnages qui poursuivent chacun de leur coté un but qui finira par les lier l'un à l'autre. Peter doit faire très souvent face aux répétitives crises de paranoïa dont il est victime alors que l'inspecteur, lui, vit difficilement l'échec permanent dont il est victime lorsque de nouveaux cadavres se mettent en travers de son chemin. Il va se convaincre que Peter est le responsables de la série de meurtres que connaît la région...

Le film de Lodge kerrigan à cela d'effrayant qu'il opte pour une mise en scène simple voire simpliste prenant le choix d'une atmosphère pesante et ne prenant parti ni pour le flic traquant le tueur, ni pour le fuyard dont la volonté de retrouver sa fille frise le pathétique. Un homme que l'on sait déjà incapable d'assumer son rôle de père et qui pourtant ira jusqu'au bout de son désir de la retrouver. De bout en bout l'on reste incapables de dire s'il est celui dont la région s'effraie des méfaits perpétrés alentours, ou s'il est victime d'une simple coïncidence. Peter Green qui interprète le rôle de cet homme malade est simplement stupéfiant de réalisme. Il vit son personnage de manière remarquable a tel point qu'il arrive malgré l'aspect difficile du rôle qu'il interprète, à toucher les spectateurs là ou ça fait mal. Dans son traitement, le film fait parfois penser à "Henry, portrait d'un tueur en série" même si l'histoire est radicalement différente.

Visuellement le film est très impressionnant malgré ses économies de moyen et cela grâce au savoir faire du cinéaste mais surtout grâce à Peter Green qui dans sa souffrance permanente et d'un simple regard halluciné emporte tout sur son passage...

Un monument glaçant...

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