Peter
Winter s'enfuit de l'hôpital psychiatrique dans lequel il a été
incarcéré pour troubles graves de la personnalité. En fuyant cet
endroit, son unique but est de retrouver sa fille qui à été
confiée aux soins de son ex femme. Il est évident que cet homme est
loin d'être guéri des obsessions qui le taraudent. Alors qu'il
prends possession d'un véhicule, très vite il est persuadé d'être
traqué par une entité dont on aura beaucoup de mal tout au long du
film à se faire une idée de sa provenance. Il se sent menacé par
des voix que son imagination seule crée dans son esprit et qui le
mènent à s'automutiler de manière extrêmement violente. Alors
qu'il prends une douche dans un motel glauque sous une chaleur
implacable, il est convaincu que l'on a implanté dans son crâne un
émetteur qui permet de le suivre pas à pas. Il décide alors de
l'ôter à l'aide d'une paire de ciseaux. Plus tard, alors qu'il
roule à vive allure et qu'il croit être poursuivi par un autre
véhicule qui ne fait en réalité que suivre le même chemin que
lui, il arrache l'un de ses ongles, convaincu qu'un objet y a été
introduit.
Peter
retourne voir sa mère afin qu'elle lui dévoile où se cache son ex
femme et sa fille. C'est ainsi que l'on comprend en partie les
raisons pour lesquelles il est si mal dans sa peau. Leurs rapports
sont plus que difficiles et expliquent probablement les difficultés
qu'il a à gérer sa propre existence. Immature, il agit comme
l'enfant incapable de se suffire à lui-même.
En
parallèle à l'histoire de cet homme malade, on fait la connaissance
d'un autre homme, inspecteur du FBI, et lancé dans la traque d'un
tueur en série qui ne s'en prends qu'aux jeunes filles. Son
comportement ambigu laisse à penser qu' il est profiler et que pour
mener à bien son enquête il se doit de se mettre dans la peau de
celui qu'il traque.
On
suit donc la lente évolution de ces deux personnages qui poursuivent
chacun de leur coté un but qui finira par les lier l'un à l'autre.
Peter doit faire très souvent face aux répétitives crises de
paranoïa dont il est victime alors que l'inspecteur, lui, vit
difficilement l'échec permanent dont il est victime lorsque de
nouveaux cadavres se mettent en travers de son chemin. Il va se
convaincre que Peter est le responsables de la série de meurtres que
connaît la région...
Le
film de Lodge kerrigan à cela d'effrayant qu'il opte pour une mise
en scène simple voire simpliste prenant le choix d'une atmosphère
pesante et ne prenant parti ni pour le flic traquant le tueur, ni
pour le fuyard dont la volonté de retrouver sa fille frise le
pathétique. Un homme que l'on sait déjà incapable d'assumer son
rôle de père et qui pourtant ira jusqu'au bout de son désir de la
retrouver. De bout en bout l'on reste incapables de dire s'il est
celui dont la région s'effraie des méfaits perpétrés alentours,
ou s'il est victime d'une simple coïncidence. Peter Green qui
interprète le rôle de cet homme malade est simplement stupéfiant
de réalisme. Il vit son personnage de manière remarquable a tel
point qu'il arrive malgré l'aspect difficile du rôle qu'il
interprète, à toucher les spectateurs là ou ça fait mal. Dans son
traitement, le film fait parfois penser à "Henry, portrait d'un
tueur en série" même si l'histoire est radicalement
différente.
Visuellement
le film est très impressionnant malgré ses économies de moyen et
cela grâce au savoir faire du cinéaste mais surtout grâce à Peter
Green qui dans sa souffrance permanente et d'un simple regard
halluciné emporte tout sur son passage...
Un
monument glaçant...



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