Le Contrat
partage avec Commando
ou Total Recall,
ce même rapport au cinéma musclé érigeant en pourfendeur
d'injustices, l'acteur américain d'origine autrichienne, Arnold
Schwarzenegger. Principal « concurrent »
de Sylvester Stallone, il aura su captiver l'intérêt d'un public de
fidèles « suiveurs »,
capable de se diversifier alors que d'autres feront longtemps de
l'action, leur genre de prédilection. Steven Seagal et Jean-Claude
Van Damme étant parmi les parangons des arts-martiaux dans le cinéma
occidental alors que Bruce Willis allait patienter jusqu'en 1988 et
Die Hard
pour véritablement exploser à l'écran et devenir LA valeur sûre,
du moins pour la décennie à venir. Lorsque l'on approche la
cinquantaine et que l'on a été (ou pas d'ailleurs) un adolescent
boutonneux dans les années quatre-vingt, il est difficile
aujourd'hui de cracher sur le film de John Irvin. Et pourtant, au
regard de certains grands classiques du cinéma d'action incarnés
par Arnold Schwarzenegger, il faudrait manquer d'objectivité pour le
considérer comme tel alors qu'il se révèle mineur dans la carrière
de l'acteur.
Réalisé
à la suite de l'excellent Commando
de Mark L. Lester (Class
1984),
Le Contrat met
en scène un Arnold Schwarzenegger n'exhibant pratiquement plus ses
muscles (à part lors d'une séquence au lit sans la moindre trace de
sexe). L'acteur y incarne le personnage du flic Mark Kaminsky qui
dans la peau de Joseph P. Brenner accepte un contrat de la part de
son ami et chef de police Harry Shannon dont le fils à été tué
par les hommes de main de Luigi Petrovita, le parrain de la mafia de
Chicago. Mark Kaminsky se débarrasse tout d'abord de sa véritable
identité en faisant croise à sa propre mort et endosse le nom de
Joseph P. Brenner afin de s'introduire dans le repère de Luigi
Petrovita. Pour cela, il approche de près le bras droit du parrain,
Paulo Rocca, après avoir fait le ménage chez son concurrent direct,
un certain Martin Lamanski. Bien que le plus fidèle lieutenant de
Rocca, Max Keller, se méfie de Mark Kaminsky, ce dernier parvient
finalement à se faire accepter...
L'un
des principaux atouts de ce Contrat,
c'est sa panoplie de sales gueules. De Sam Wanamaker, en passant par
Paul Shenar, et jusqu'au grêlé Robert Davi, le film de John Irvin
est un hommage à ces seconds rôles qui firent les beaux jours du
cinéma d'action dans les années quatre-vingt. A les comparer aux
méchants d'aujourd'hui, on regretterait presque leur absence. Loin
du personnage de Terminator,
Arnold Schwarzenegger se prend autant de coups qu'il en reçoit. Il
lui faudra même l'appui de l'actrice Kathryn Harrold pour se défaire
d'un trio de grosses brutes venues en découdre lors d'une séance
d'essayage dans un magasin de vêtements. Après l'ampleur de
certaines séquences de Commando,
celles du Contrat
font parfois peine à voir.
Visiblement,
Arnold
Schwarzenegger n'a pas été exclusivement employé pour faire parler
les muscles mais s'y voit offrir des dialogues sensiblement plus
importants qu'à l'habitude. Chose que le public américain semble
avoir assez mal digéré puisque le film n'obtient qu'un succès
d'estime. Les spectateurs étant en droit de s'attendre à un final
véritablement explosif, la séquence se déroulant dans une gravière
n'est pas du tout convaincante, la pauvreté de la scène laissant
supposer que John Irvin n'était pas vraiment à l'aise dans le
genre. Quant au final dont on imagine sans faille le déroulement, il
se révèle également décevant, les pourritures étant éliminées
de manière relativement plates... Si Le
Contrat
n'est pas un mauvais film, il est en revanche très en deçà des
films (et de quelques autres) cités en début d'article...




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