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lundi 4 novembre 2019

Rabid de Sylvia et Jen Soska (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Difficile de s'engager dans l'écriture et la mise en scène d'un remake, surtout si l’œuvre originale est culte et qu'elle fut signée par l'un des maîtres du fantastique et de l'épouvante, David Cronenberg. Contrairement à certains de ses longs-métrages, si parfaits qu'envisager d'autres cinéastes se pencher sur leur cas serait prendre de gros risques, Rabid méritait sans doute une relecture même si à l'origine sorti en 1977, le film de David Cronenberg souffrait de certaines lacunes dont un rythme souffrant de ventres mous à certains endroits. Les réalisatrices canadiennes Sylvia et Jen Soska notamment connues pour avoir réalisé en 2012 le film d'horreur American Mary reviennent donc en 2019 avec Rabid, le remake tant attendu du classique de leur homologue canadien David Cronenberg. Les sœurs Soska apportent leur touche esthétique personnelle dans une œuvre qui respecte plus ou moins l’œuvre de David Cronenberg. Pourtant, parfois trop pressées de démontrer leur talent dans le domaine de l'horreur et de l'épouvante, leur héroïne, la même que celle de l'original de 1977 (puisque portant le même prénom en version originale) ne bénéficie pas d'une caractérisation suffisamment importante pour que l'on s’apitoie réellement sur son sort. Celui que va tout d'abord lui accorder son entourage (Rose est l'employée méprisée d'un grand couturier mais rêve de pouvoir faire (re)connaître ses propres créations), puis l'accident de moto dont elle va être victime. Ensuite celui du médecin en charge de lui redonner une apparence humaine (Rose a en effet été gravement blessée au visage) et enfin, celui qu'elle aura finalement la force et la volonté de prendre en main une fois son apparence étant redevenue normale et ce, bien au delà de ses espérances...

Si Rabid version 2019 perd un peu de ce charme très particulier qui envoûtait l’œuvre de David Cronenberg (le fait que le rôle principal ait été tenu par l'ancienne actrice pornographique Marilyn Chambers), appuyé par des détails parfois dérangeants (le parasite vivant sous l'aisselle de Rose), le long-métrage de Sylvia et Jen Soska s'avère cependant relativement respectueux de l'original même si les deux sœurs prennent parfois de très grandes libertés concernant leur héroïne et certaines situations. Tandis que David Cronenberg faisait évoluer Rose dans un cadre particulièrement austère, voire glauque (la clinique et son contingent de patients addictifs à la chirurgie esthétique) rendu plus étouffant et sombre lors des séquences tournées de nuit (lors desquelles est évoquée l'épidémie de rage), celle de Sylvia et Jen Soska progresse dans un monde ''fictif''. Celui de la mode où évoluent des mannequins, un grand couturier, et dans lequel l'héroïne a tout d'abord du mal à se faire une place.

L'un des apports les plus significatifs du remake se situe surtout au niveau des scènes gore, plus nombreuses et forcément mieux foutues qu'en 1977. Entre le visage défiguré d'une Rose qui n'est décidément pas épargnée par la vie et les diverses victimes de ses assauts vampiriques nocturnes d'une toute nouvelle génération (quoique...), l'amateur de scènes d'horreur en aura pour son argent. Le spectateur pourra également apprécier l'approche du phénomène de contagion. Si David Cronenberg annonçait la pandémie à travers des documents radiophoniques et télévisés ultra-réalistes, Sylvia et Jen Soska choisissent de nous montrer avant tout l'étendue des dégâts à travers des séquences se déroulant dans un hôpital (des passages aussi étrange que dérangeants). Maintenant, il ne reste plus au spectateur que de faire son choix entre l'original de 1977 et ce remake de 2019. Si l'actrice Laura Vandervoort aura bien du mal à faire oublier la pulpeuse Marilyn Chambers, elle remplit cependant parfaitement son rôle de remplaçante dans ce Rabid autrement plus esthétisant mais sans doute aussi beaucoup moins mélancolique...

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