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mardi 12 novembre 2019

Message from the King de Fabrice du Welz (2017) - ★★★★★★★★★☆



Il y a d'abord le sujet. Simple. Simpliste diront même certains. Puis vient le traitement. Cette manière si particulière qu'a le réalisateur belge Fabrice du Welz d'aborder chaque thématique depuis ses débuts. De Calvaire en 2004, jusqu'à son avant-dernier coup de maître il y a deux ans et dont il est question dans cet article, en passant par l'extraordinaire Alléluia en 2014, que l'on présageait sans doute un peu trop rapidement en ces pages comme étant l’œuvre la plus aboutie de son auteur. Que l'on croyait définitivement inégalable. Et pourtant, il faut savoir reconnaître ses erreurs, impatient que l'on est à vouloir hisser au sommet d'une œuvre toute entière consacrée à la magie du cinéma, l'une de ses pierres angulaires... Drôle comme Fabrice du Welz peut être le sujet de critiques à ce point discordantes avec les qualités réelles de son œuvre. D'aucun, et surtout pas le fan du réalisateur que je suis comprendront l'acharnement dont firent preuve certains critiques devant ses brillants Vinyan et Colt 45, dues sans doute au comportement parfois hautain de ce touche à tout s'étant jusqu'à maintenant intéressé au survival, au drame, au thriller, au policier et au film d'horreur. Tous ont ce même point commun de l'amour pour l'image et celui pour ses interprètes et ses personnages...

Message from the King ne déroge pas à cette règle qui cimente l’œuvre toute entière de Fabrice du Welz. Car même s'il aborde chaque fois des thématiques différentes, son œuvre est d'une cohérence rare. Dans le fond et dans la forme. Simpliste, disais-je un peu plus haut. Le scénario écrit à quatre mains par Stephen Cornwell et Oliver Butcher l'est peut-être, mais ce qu'en a produit l'esprit créatif de Fabrice du Welz est digne d'un auteur capable de marquer de son empreinte unique chaque facette de son œuvre. Cette histoire toute simple, c'est celle de Jacob King, membre d'un gang du Cap qui débarque à Los Angeles après avoir reçu un appel désespéré de sa sœur Bianca qui lui demande de lui venir en aide. Disparue depuis plusieurs semaines de l'appartement qu'elle partageait avec son compagnon Alex et le fils de ce dernier, Jacob enquête afin de retrouver Bianca. Mais un tour à la morgue lui révèle la terrible réalité. Non seulement sa petite sœur est morte, mais elle a subit de terribles tortures avant de rendre son dernier souffle. Voulant venger la mort de Bianca, Jacob va mettre à jour un réseau de drogue qui s'avérera en fait n'être que la partie émergée de l'iceberg...

Trois ans après le tétanisant Alléluia, Fabrice du Welz revenait donc avec Message from the King. Un thriller... une banale histoire de vengeance... mais qui sous la houlette du réalisateur belge prend d'effarantes proportions. D'une violence rare, le film est une exploration de l'âme humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus sombre. Et l'on ne parle pas ici du héros, formidablement interprété par l'acteur Chadwick Boseman qui livre une composition absolument remarquable de justesse. L'acteur ne dévoile pas qu'une partition tournant autour d'un homme ivre de vengeance. Originaire de Anderson en Caroline du Sud, l'acteur assimile parfaitement toute la palette d'émotions de son personnage. Entre larmes retenues, blessures profondes, regrets et remords, Chadwick Boseman est simplement extraordinaire et porte pratiquement à lui seul le film de Fabrice du Welz. Comme toujours, le cinéaste prend un soin méticuleux concernant les seconds rôles. C'est ainsi donc qu'entre les méchants de services (Alfred Molina dans la peau de Preston, Luke Evans dans celle de Paul Wenthworth pour ne citer que ces deux exemples) et la fragile Kelly, superbe et touchante rencontre interprétée par Teresa palmer, Fabrice du Welz s'offre un casting en or. Mais ne choisissant jamais de se reposer sur ses lauriers, le cinéaste réalise une œuvre d'un réalisme parfois outré. L'un des nombreux points fort du film, c'est forcément son univers. Dès les premières minutes, le belge parvient à instaurer un climat de danger qui perdure jusqu'au dernier instant. Los Angeles n'aura jamais parue aussi sombre, sale, sinistre et pessimiste. La moindre enseigne prend des allures de coupe-gorge. Le moindre faciès semble cacher de bien mauvaises intentions... Drogue, prostitution et même, pédophilie... On tient sans doute avec Message from the King, le film qu'Abel Ferrara n'est désormais plus en mesure de nous offrir. L’œuvre de Fabrice du Welz est sans doute le digne successeur de Bad Lieutenant... Une sacrée référence...

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