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vendredi 4 octobre 2019

Exorcist II: The Heretic de John Boorman (1977) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



John Boorman, l'homme de Délivrance, de Zardoz, d'Excalibur ou de La Forêt d’Émeraude fut responsable en 1977 de l'une des pires infamies en réalisant une suite inutile au classique de l'épouvante réalisé quatre ans auparavant par William Friedkin, The Exorcist. Non pas que je sois un intégriste niant la possibilité qu'un grand film puisse connaître une suite puisque des séquelles d'excellente tenue, il en existe des dizaines. Mais commettre un tel attentat, surtout de la part d'un cinéaste brillant qui pour l'occasion s'est adjoint la participation d'une grande figure du septième art en la personne de Richard Burton, merde, quoi ! Il y a de quoi avoir le cœur en berne et le vague à l'âme. Notez que pour commencer, le trouillomètre n'atteindra jamais son point culminant et restera désespérément inerte en zone de confort. En matière d'angoisse, John Boorman s'y entend beaucoup moins que sur son excellent survival forestier. Par contre, lorsqu'il s'agit pour lui, et par contraction, pour le personnage du père Phililp Lamon (qu'incarne un Richard Burton qui fera autrement plus flipper dans les chaumières grâce à l'emploi de son impressionnant regard dans le tétanisant The Medusa Touch de Jack Gold) d'apporter son comptant de frissons au public, le spectateur aura durant les cent-vingt minutes que dure à peu près Exorcist II: The Heretic davantage le reflex de sourire devant la puérilité d'un certain nombre d'images d’Épinal retranscrivant le voyage du père Lamon parti remonter la trace de l'effrayant Pazuzu, le démon originaire de Mézopotamie qui s'en pris à la jeune Regan quatre ans auparavant.

Toujours interprété par l'actrice Linda Blair et par Kitty Winn qui, elle, incarnait déjà le rôle de Sharon Spencer, Exorcist II: The Heretic convie Louise Fletcher qui comme le reste du casting est venue se perdre dans une histoire sans queue ni tête. Elle qui brilla dans le rôle de la tyrannique infirmière Midred Ratched dans le chef-d’œuvre de Milos Forman One Flew Over the Cuckoo's Nest en 1975 est à l'image des autres interprètes : un prétexte pour offrir le rôle principal à un Richard Burton au regard toujours aussi glaçant malgré son rôle de prêtre. Détail qui n'est que subjectif, mais la redondance des chants tribaux africains accompagnés de gémissements, s'ils s'avèrent convaincants au départ, finissent par devenir irritants et par donner des maux de têtes, voire, des envies de meurtres envers le preneur de son du film. Une manière d'accorder le thème du film et une ambiance qui ne peut donc compter que sur l'aura de croyance mystiques provenant des profondeurs d'une Afrique ancestrale.

Même le génial compositeur italien Ennio Morricone est venu se perdre dans cette production fade et labyrinthique due à un scénario confus écrit à six mains par William Goodhart avec la participation de Rospo Pallenberg et du réalisateur lui-même, ceci expliquant sans doute cela. Certains décors sont horribles et ne ressemblent à rien d'autre que ce qu'ils sont en réalité : des ''matte painting'' à peine crédibles pour une production qui a tout de même couté à l'époque la bagatelle de quatorze millions de dollars à la production (soit, John Boorman, Richard Lederer et Charles Orme). La présence de Linda Blair, de Richard Burton, de Louise Fletcher et même de Max von Sydow qui reprend à l'occasion la soutane du père Merrin n'a pour but que de rentabiliser au maximum la séquelle d'un chef-d’œuvre de l'épouvante qui n'en avait certainement pas besoin. Parfois très laid et allant dans trop de directions à la fois, une note d'espoir naît au moment même où le père Lamont foule les lieux de l'intrigue originelle. Malheureusement trop courte en sans réel intérêt, cette séquence ne se suffit pas à elle seule pour maintenir un intérêt qui de toute manière a pris ses jambes à son cou après seulement quelques minutes post-générique. Et puis... qu'est-ce qu'on s'ennuie. C'en est presque insoutenable ! Quant à la tentative de John Boorman de retrouver l'ambiance mystique et dépaysante de la séquence d'ouverture du film de William Friedkin à travers celles qu'il a lui-même intégrées à cette suite, elle est simplement... pathétique. À fuir !!!

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