dimanche 8 juillet 2018

3 Nanars avant de partir en vacances !!!




C'est décidé, aujourd'hui, pour fêter les 700 000 visites (enfin, bientôt) l'été, et donc la venue des vacances, j'ai choisi de tester ma résistance en regardant, d'affilée, trois gros nanars du cinéma français. Autant le dire tout de suite, cet article est un aparté. Rien de sérieux, donc. Enfin, presque. Parce que sous couvert d'avoir envie de m'amuser un peu en vous emportant dans un délire masochiste et suicidaire, je me dois de conserver mon intégrité de passionné de cinéma et vous livrer un article tout de même cohérent. Avant toute chose, je tiens à préciser qu'avant de me lancer dans ce périlleux exercice auquel je m'astreins depuis quelques temps comme a pu le constater mon fidèle auditoire, je suis allé faire quelques examens neurologiques obligatoires. Le neurologue auquel j'ai eu à faire m'a bien précisé que malgré le parfait fonctionnement de mon cerveau, rien ne pouvait me protéger contre un éventuel accident vasculaire cérébral, une crise d’épilepsie, une dégénérescence fronto-temporale ou contre une quelconque maladie psychiatrique ou un trouble du comportement. Surtout pas l'absorption par le cortex cérébral, de trois longs-métrages réputés pour faire partie du genre que j'ai décidé de défier à présent...
N'ayant pas très envie de quitter ce monde qui nous abrite à cause de l'injection d'une trop forte dose de 'nanars' à l'orée du projet qu'il m'incombe désormais d’honorer (je m'excuse d'ors et déjà auprès des jeunes générations sevrées aux SMS qui ne comprendront peut-être pas tout), je commencerai par l'un des films préférés d'un ami qui l'évoque aussi souvent qu'une certaine Soupe au Chou, œuvre qu'il déclare à qui veut l'entendre qu'elle demeure son film de chevet. Le premier des trois longs-métrages que j'ai donc décidé d'aborder dans cet article est Le Fou du Labo 4. Léger penseront certains. Inadapté évoqueront sans doute les fans de Jean Lefebvre ne souffrant pas la moindre critique envers leur idole disparue. Je répondrai d'ors et déjà à ceux qui affirmeraient hypothétiquement que le film de Jacques Besnard n'a rien à faire dans la catégorie qui nous intéresse ici, qu'ils n'ont alors sans doute jamais connu les délices d'un Louis De Funès ou d'un Pierre Richard. Qu'il n'ont jamais ressenti la douce caresse d'un bon mot signé de la main de Francis Veber ( Le Dîner de Cons), de celles d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (Le Prénom) ou bien encore du duo formé par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (Un Air de Famille, Cuisine et Dépendances)...

Je me lance :

Alors qu'il travaille sur un gaz devant permettre de faire dire la vérité à ceux qui l'ont inhalé, un scientifique met au point tout à fait par hasard un gaz euphorisant. En effet, c'est en laissant tomber quelque cendres de cigarette dans une solution liquide que la formule prend une tournure étonnante. Plus que les effets positifs qu'entraîne le gaz, certains y voient un moyen d'en faire une arme redoutable face à un ennemi qui serait alors dans l'incapacité de se défendre. La formule intéresse beaucoup M. Granger, le directeur du laboratoire scientifique. Mais pas seulement lui puisque le secrétaire de direction M. Beauchard est lui-même intéressé. Afin de connaître la formule permettant de fabriquer le gaz euphorisant, ce dernier décide d'utiliser les charmes d'une jolie espionne prénommée Régine. Eugène Ballanchon, le créateur du gaz, tombe dans le piège et se laisse séduire. Mais c'est bien mal connaître ce personnage qui contre toute attente se révèle moins stupide qu'il n'y paraît.

Voilà pour l'histoire. Maintenant, que les fans de Jean Lefebvre, Michel Serrault ou Bernard Blier ne s'affolent pas. Je n'ai pas choisi ce film par hasard. Oui, Le Fou du Labo 4 est un nanar, mais non, il ne s'agit pas d'un classique de la comédie française. Ou bien faut-il se positionner en tant qu'amateur exclusif de comédies franchouillardes. Car comme nous le verrons plus loin, si le film de Jacques Besnard n'est pas l'engeance que pourrait laisser prétendre son titre ou la présence de certains de ses interprètes (Non, je ne citerai ni Paul Préboist, ni Pierre Tornade, ni Mario David pour ne froisser personne), Le Fou du Labo 4 est relativement décevant. Peut-être n'ai-je pas été suffisamment ouvert d'esprit pour n'y point voir le moindre bon mot, mais cette adaptation du roman éponyme de l'écrivain français René Cambon ne m'a tout simplement pas fait rire. Et pourtant, force est de reconnaître que les interprètes font raisonnablement leur boulot. Peut-être pourra-t-on alors accuser (à tort ou à raison) le scénario que le cinéaste écrivit à quatre mains en compagnie du scénariste et dialoguiste Jean Halain ? Par contre, ce qui me dérange terriblement et que personne avant moi ne semble avoir évoqué (peut-être n'ai-je pas suffisamment poussé les investigations dans ce domaine?), c'est l'étrange rapport qu'entretiennent Le Fou du Labo 4 et Le Grand Blond avec une Chaussure Noire. J'en vois déjà qui se retiennent de rire, et pourtant... Si je vous dis qu'à un certain moment, attiré par la formule d'Eugène Ballanchon, Beauchard (incarné par Bernard Blier, cette précision s'imposant dans le cas présent) demande à l'espionne Régine d'attirer chez elle le scientifique afin de le séduire, de tenter de lui soutirer des informations, tandis que son employeur écoute leur conversation grâce à un micro planqué dans l'appartement de la jeune femme, cela nous vous évoque-t-il rien ?
Ah ! Là, j'en vois qui effacent de leur visage le moindre sourire. Car oui, cette séquence ressemble furieusement à celle du Grand Blond d'Yves Robert, et durant laquelle François Perrin (Pierre Richard) est convié chez Christine (Mireille Darc), l'agent féminin du colonel Milan, chef adjoint des services secrets, lequel lui aussi tente d'en connaître davantage sur le personnage de Perrin. Là encore, ce dernier ne le sait pas, mais dans l'appartement sont cachés des micros qui permettent à Milan (incarné là aussi par Bernard Blier) d'écouter la conversation entre celui que tout le monde prend pour un agent double et la belle Christine...

Si ça n'est pas du plagiat, alors le Widows of my Dreans de Obits n'est pas celui du Lucifer Sam de Pink Floyd et le Warning de Green Day n'a aucun rapport avec le Picture Book des Kinks. Le pire dans toute cette histoire, c'est que l'on aurait pu croire Yves Robert assez intelligent pour que l'on mettre 'ce vol de copie' sur le dos de Jacques Besnard, mais non. Les dates parlent d'elles-mêmes : Le Fou du Labo 4 est sorti en 1967 tandis que Le Grand Blond avec une Chaussure Noire, lui, n'a vu le jour sur grand écran que cinq ans plus tard... Jacques Besnard et Jean Lefebvre auront l'occasion de se retrouver sur les plateaux de tournage à deux autres occasions : C'est pas Parce Qu'on a rien à Dire qu'il faut Fermer sa Gueule (qui contrairement à son titre qui pourrait laisser présager d'un nouveau nanar est une très bonne surprise) en 1975, et Le Jour de gloire l'année suivante...Je ne serai certes pas trop dur avec le film de Jacques Besnard qui, s'il n'est pas un monument d'humour, reste cependant relativement confortable à voir...



Le deuxième long-métrage que j'aborderai ici a quant à lui, déjà beaucoup moins de gueule. Imaginez un casting constitué d'Alice Sapritch (dont la formule 'Oh Chéri Chéri !' est demeurée célèbre pour les plus anciens d'entre nous), de Paul Préboist (ancien jockey de sauts d'obstacles, acteur dans plus de cent-vingt films, et ami très proche de l'animateur-comique-imitateur-acteur et j'en passe, Patrick Sébastien), de Michel Galabru (que l'on ne présente plus) et de quelques trombines dont on se souvient davantage que de leur nom. Mélangez le tout et vous obtenez cette œuvre admirablement mise en scène par ce tâcheron de Michel Gérard (auteur notamment de Soldat Duroc, ça Va être ta Fête en 1975), Les Vacanciers. Si pour vous passer vos vacances dans un camping a aussi peu d'intérêt que d'aller faire vos courses dans une épicerie ou déjeuner dans une brasserie, vous pouvez d'ors et déjà abandonner tout idée d'apprécier ce film. Véritable monument de ringardise, Les Vacanciers n'est qu'une succession de séquences éculées et de gags pitoyables. Nous sommes en effet plus proche d'Interville que du Petit Rapporteur. Une œuvre éminemment populaire, donc. Qui mise sur une succession de situations navrantes qui n'ont même pas le mérite de faire sourire. Autant dire qu'avec ce film, Jacques Besnard prend le français moyen pour un con. Car à part avoir perdu la moitié de sa cervelle durant la seconde guerre mondiale ou à force d'abuser des stupéfiants, je ne vois pas comment Les Vacanciers pourrait éveiller la passion du cinéphile.

Mais peut-être suis trop radical (comme le veut notre époque) ? L'intrigue étant on ne peut plus simple, les quatre-vingt dix minutes que dure le film ne sont prétexte qu'à un amoncellement de scènes dont la vacuité forcerait presque le respect des grands pontes de la série Z. Déjà, le film fait mal aux yeux. Même si l'on comprend que l'utilisation d'un taudis en terme de chambre d'hôte colle plutôt bien à l'intrigue, nous sommes en présence d'un univers esthétiquement proche des confins de l'horreur. Ou comment produire l'anti-carte postale ultime. N'ayant aucun rôle de composition à proposer à ses interprètes, Michel Gérard leur laisse, comme à son habitude, la possibilité de faire un peu tout et n'importe quoi. Et comme le champ des libertés est vaste, certains ne s'en privent pas. Comme Jacqueline Jehanneuf, par exemple. Dont le jeu approximatif dépassant de très loin les sphères offertes par les drogues les plus dures lui permet de littéralement faire planer le personnage de Stéphanie Frankensteinmuhi qu'elle incarne à l'écran. Si Michel Galabru accueille assez mal les Chatton venus s'installer pour les vacances dans le grenier de la demeure familiale, ceux-ci sont, de leur côtés, particulièrement gratinés. Pas de doute, nous sommes bien dans les années soixante-dix : le look des enfants Chatton est là pour le prouver. Bonnet vissés sur le crâne, tee-shirt près du corps bariolés. On ne s'étonnera pas de l'absence d'un quelconque grand couturier au générique. Ici, la (ou le) costumière semble s'être fait la malle, forçant le cinéaste à se rendre dans le Prisunic le plus proche afin de satisfaire l'un des éléments essentiels d'un film. Le plus drôle est la présence d'un directeur de la photographie au générique... je vous laisse réfléchir... ça y est, vous comprenez ma remarque ?

Bon, à part ça, quoi qui y'a de bon ? Ben pas grand chose en fait. On risque d'en laisser dans le coin de l'assiette. La seule mise en bouche à peu près satisfaisante demeure finalement dans la présence d'Alice Sapritch dans le rôle de la Tante Aimée. Si l'actrice ne se déparait pas de son phrasé si particulier, son incarnation quelque peu bourgeoise laisse pourtant entrevoir un personnage d'une grande simplicité. En clair, la classe incarnée dans un infâme boui-boui. P'tain... c'qu'on s'fait ch... je sais pas vous, mais moi, les fêtes de village, ça m'fout le bourdon depuis très longtemps. Peut-être bien qu'inconsciemment est-ce le film de Michel Gérard qui en est responsable... Après le neurologue, j'irai bien consulter un psychanalyste...



Allez, pour terminer, c'est épuisé que je vous propose une œuvre dont l'évocation du titre à lui seul laisse entrevoir le désastre à venir. Signé par l'ancien réalisateur de films pornographiques Bernard Launois (Lâchez les Chiennes, Les Dépravées du Plaisir, etc...), celui-ci a commis également quelques méfaits dans le domaine de la comédie franchouillarde avec, notamment, Sacrés Gendarmes, avant de produire ce qui demeure sans doute comme le plus mauvais film d'horreur français de toute l'histoire du cinéma, et peut-être même tous genres confondus, la chose se nommant Devil Story (et pour l'avoir vu, je peux vous dire que l'expérience est hors du commun). Mais n'ayant pas l'intention de revenir sur ce traumatisme, j'aimerais plutôt vous entretenir sur... attention... tatata !
Touch' pas à mon Biniou !

Il y a des films qui accumulent les indices. Ici, le titre, mais également le casting. Parce Sim, Henri Génès, Gérard Croce, et Florence Blot, ça n'est pas comme si le cinéaste nous avait servi sur un plateau Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Philippe Léotard et Isabelle Huppert. L'affiche aussi. Un grand moment de solitude comme l'on en rencontrera de très retentissants durant la projection. Mais sur l'affiche qui je suppose a dû trôner dans les vitrines des salles de cinéma lors de la sortie du film le 3 décembre 1980, c'est celui (de moment de solitude) de Sim que l'on peut ressentir rétrospectivement trente-huit ans plus tard. Enfin bon. Ça ne l'a peut-être pas tant marqué que cela, ce petit bonhomme au drôle de visage, si sympathique auprès des beaufs (et des autres tels que moi, mais ne suis-je pas moi-même un peu... beauf ?) grands amateurs des Grosses Têtes. Un rôle qui lui va comme un gant finalement.
Le récit, comme on l'imagine, est relativement simple (pour ne pas dire simpliste). Gaëtan (Sim, donc) est breton et vit en compagnie de son épouse, propriétaire d'un hôtel-restaurant spécialisé dans le potage. Il y travaille lui-même mais ne profite jamais des fruits de son labeur, sa femme l’empêchant de mettre la main sur la caisse renfermant la recette. Problème : il a très envie d'aller à Paris afin de participer à un concours de belote. Mais pour ça, il lui faut de l'argent. C'est donc grâce à de petites combines qu'il parvient à amasser suffisamment d'argent pour vivre son... rêve. Et le meilleur moyen pour que sa femme l'ignore est encore pour Gaëtan de cacher l'argent dans son biniou...
Voilà. Fin de l'histoire. Ou presque, parce qu'avec un tel synopsis, Bernard Launois aurait pu nous emballer un court métrage de vingt minutes et l'affaire était faite. Mais non. Il fallait que le cinéaste rajoute en plus, des séquences d'une longueur déprimante et dont presque quarante ans après, on cherche encore l'intérêt. Touch' pas à mon Biniou fait partie de ces comédies franchouillardes bien lourdes à digérer. Le genre de film dont on s'impatiente de voir défiler le générique de fin. Et dire que pour nous pondre un truc pareil, Bernard Launois s'est fait aider par un autre cinéaste du nom de Serge Meynard, notamment connu pour avoir lui-même réalisé L'Œil au Beur(re) Noir en 1987 avec Smaïn, Pascal Légitimus et Patrick Braoudé.

Touch' pas à mon Biniou démontre s'il le fallait que même deux têtes pensantes ne suffisent pas à faire d'un long-métrage, un bon film. On ne sait qui a pondu telle ou telle idée, et même, remarquez, on s'en fiche un peu. Certaines séquences louvoient entre mouvement et immobilisme. Comme cette scène à l'improbable durée voyant un Gérard Croce tourner au volant de son triporteur autour d'une piscine où baigne une blonde naïade totalement désintéressée par ce gaillard au physique de garçon-boucher. C'que c'est chiant. Tellement que j'ai fini par fermer l’œil droit, puis le gauche pour me réveiller, il m'a semblé, quinze bonnes minutes plus tard. Sauf que la scène s'étant éternisée durant ma phase de micro-sommeil, j'ai bien compris que deux ou trois minutes seulement s'étaient écoulées. Des centaines de secondes inutiles auxquelles ma conscience a refusé d'assister en mettant ma matière grise sur 'off'.
Henri Genès lui aussi est au cœur d'une tourmente où le rire n'a pas sa place. Dans le genre gros beauf, il campe une sorte de dragueur invétéré, insistant très lourdement en tentant de 'chopper' la conductrice d'un car de touristes venus faire une halte dans l'hôtel-restaurant de Gaëtan et de son épouse. J'aimerais revenir sur l'actrice qui campe cette dernière justement. Histoire de prendre un bol d'air plus frais mais certes, moins iodé.
Je vais vous la faire courte en ne revenant pas sur la carrière entière de l'actrice Florence Blot, mais prenons celle-ci comme exemple et comparons son interprétation avec les personnages qu'elle campa notamment dans l'excellent Jo de Jean Girault et le tout aussi remarquable Le Locataire de Roman Polanski. D'où la question qui....................

(et pendant ce temps, les cigales chantent alors que le ciel s'assombrit de nuages plus gris qu'un chat croisé au détour d'une pleine Lune. Le vent se lève, une bourrasque projetant un vieux tas de feuilles séchées à la surface d'une piscine à peine dérangée par quelques sauterelles venant s'y noyer...)

.................... ce qui ne cessera jamais de m'étonner !

THE END
(en forme de queue de poisson)*

*pour les rares qui auraient tenu jusqu'au bout (et Dieu que je comprends les autres), j'exprime mon regret de n'avoir pas su donner une fin honorable à cet article un peu long, j'en conviens... mais qui à l'origine l'était encore davantage. Quelques centaines de signes supplémentaires qui se sont fait la malle lors d'un plantage de PC survenu, comme de bien entendu, avant même que je pense à sauvegarder la chose. J'en suis arrivé à la conclusion que mon ordinateur possède une âme. Et que cette âme a conscience du mal que j'ai pu faire à ces quelques fleurons du Z. Et pour se venger, peut-être lui aussi par ennui, il a subitement fermé l’œil. Comme atteint de narcolepsie. Enfin bref, ne me voyant pas réécrire ces quelques dizaines de lignes manquantes, j'ai donc choisi une solution peu élégante mais relativement moins contraignante d'en terminer avec tout ça. All apologies...

Bonnes vacances à toutes et tous

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