jeudi 22 mars 2018

Les Classiques du Fantastique et de l'Épouvante et leurs Remakes I




"La Dernière Maison Sur La Gauche", "Scanners", "Simetierre", "Creepshow", "Vendredi 13" et d'autres encore ont, en dehors de leur statut de classique de l'épouvante, un autre rapport entre eux. Ils ont chacun connu comme beaucoup d'autres avant eux la joie d'être à nouveau adaptés sur grand écran en 2009. Avec plus ou moins de bonheur comme c'est très souvent le cas. Une occasion de revenir sur les classiques qui ont déjà connu les frais d'adaptations insipides et sur ceux, les plus rares, auxquels des cinéastes de talent ont donné une nouvelle jeunesse.



La famille Lutz (le père, la mère et leurs trois enfants) s'installe dans une vieille demeure située dans la petite bourgade d'Amityville. Alors qu'ils visitent les différentes pièces, l'agent immobilier leur apprends qu'un carnage a eu lieu il y a de cela plusieurs années dans la maison. En effet, un jeune homme y a tué à coup de fusil toute sa famille.
Après s'être installés, et alors que les Lutz semblent mener une vie paisible dans leur nouvelle demeure, d'étranges événements ne tardent pas à faire leur apparition. Meubles qui se déplacent, eau croupie débordant de la cuvette des toilettes, baby-sitter retrouvée enfermée dans un placard, etc... Mais ce qui semble le plus troublant est le comportement de plus en plus agressif du chef de famille qui passe de plus en plus de temps seul dans la cave...

Sorti en 2004, "Amityville (The Amityville Horror)" est le remake du classique "Amityville, La Maison Du Diable" de 1980. Sans doute pas le meilleur du genre "maisons hantées" mais bien le plus connu. Le problème avec les remakes, c'est qu'ils ont dans la majorité des cas, du mal à faire oublier leur aîné et doivent faire preuve de qualités suffisamment grandes pour y parvenir. Malheureusement pour lui, le film d'Andrew Douglas n'a pas le charme de celui de Stuart Rosenberg. On pourra dire ce que l'on veut mais on savait dans les années 70-80, tourner des films avec des budgets plus restreints mais au combien percutants. Peut-être est-ce d'ailleurs ce qui faisait immédiatement d'eux des classiques. Peut-être plus sûrement est-ce aussi que le film se basait sur un fait divers réel qui aujourd'hui touche moins les consciences. Les contrastes visuels et sonores sont une part importante de la valeur du premier et de la piètre qualité du second. 


Alors que Rosenberg usait à l'époque d'artifices simples pour mener au paroxysme de la peur (j'étais très jeune et donc très influençable), Douglas use du même artifice du début jusqu'à la fin. Une apparition, un bruit. Alors bien sur, cela peut fonctionner une fois, deux, peut-être même trois. Mais lorsque le principe reste le même et que l'on assiste fatigué à la redondance de scènes qui ne surprennent plus, la lassitude s'installe.
Et que dire du choix des acteurs. Ryan Reynolds est bien courageux de prendre la relève derrière James Brolin, mais il n'a à aucun moment le charisme de ce dernier. Chaque effort pour nous effrayer lorsque la folie s'installe devient alors vain. Melissa George quand à elle ne parvient pas à faire oublier la géniale Margot Kidder dans le rôle de la mère de famille.

La musique obsédante du film de Stuart Rosenberg disparaît au profit d'une autre beaucoup moins troublante et surtout entendue mille fois auparavant. Et que dire des effets visuels du remake qui ne touchent plus personne à force d'être utilisés à outrance dans ce genre de production ? 


Marilyn Manson sait faire. En beaucoup mieux. 


Comparer les scènes-clé des deux films comme l'invasion des mouches dans la pièce dans laquelle se retrouve enfermé le prêtre ou encore les différents passages dans la cave permettent de comprendre ce qui manque au film de Douglas. Point de sensation d'étouffement et encore moins de frissons parcourant l'échine.
1H54 pour "Amityville, La Maison Du Diable"
1H29 pour "Amityville, the Amityville Horror"
Une demi-heure purgée sur l'installation, la psychologie des personnage et donc sur la montée progressive d'une tension qui ne connaît son dénouement qu'à la toute fin de la projection.

Plutôt que de dépenser son argent inutilement face à d'aussi piètres adaptations que le film d'Andrew Douglas, autant jeter un oeil sur les vrais bons films du genre comme "The Changeling, L'Enfant Du Diable" de Peter Medak avec l'excellent Georges C. Scott, "Burnt Offerings" de Dan Curtis avec l'effrayant couple Oliver Reed-Karen Black ou encore le superbe "The Haunting, La Maison Du Diable" de Robert Wise (qui connu lui-même un remake un quart de siècle plus tard).
3,5/5 pour : "Amityville, La Maison Du Diable"
1,5/5 pour : "Amityville, the Amityville Horror"

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