lundi 21 août 2017

Les Évadés de la Planète des Singes de Don Taylor (1971) ★★★★★★★☆☆☆



Taylor est mort. Et avec lui a disparue notre bonne vieille planète, théâtre d'un affrontement entre des humains asservis et des singes qui ont pris le pouvoir. Une bombe ! C'est une bombe qui a faillit mettre un terme à la saga La Planète des Singes. Une tentative qui avait déjà échouée lorsque fut décidé de donner une suite au premier volet. Et une autre qui fera taire ceux qui désiraient tant qu'une fois pour toute, le sujet soit enterré. Puisque notre planète n'est plus mais qu'il faut désormais trouver LE subterfuge qui permettra de tourner un troisième épisode, on fait appel au scénariste Paul Dehn, qui avait déjà œuvré sur le précédent volet, prenant la relève de Michael Wilson et Rod Serling (le papa de la fameuse Quatrième Dimension). Le scénariste est frileux à l'idée de travailler dans l'ombre du tyrannique Mort Abrahams. Mais heureusement, celui-ci débarqué de l'aventure, le scénariste peut travailler librement. Après Franklin J. Schaffner et le courageux Ted Post qui perdit une large partie du contrôle sur son œuvre, c'est au tour du cinéaste Don Taylor de prendre les commandes du troisième volet intitulé Les Évadés de la Planète des Singes. Une œuvre qui se plante tout juste au milieu d'une carrière s'étant étoffée d'une bonne cinquantaine de longs-métrages. Richard D. Zanuck quittant la 20th Century Fox pour réapparaître chez Warner Bros, c'est pourtant bien la société de production créée en 1915 par William Fox qui continue de produire le troisième volet de la saga. Alors que Le Secret de la Planète des Singes voyait le budget revu à la baisse en employant, par exemple, les décors du premier long-métrage, la production décide une fois encore de serrer la ceinture en terme de financement. Six millions de dollars d'investissement pour le premier, cinq au départ, puis finalement deux et demi pour le second, et enfin, à peine plus de deux pour Les Évadés de la Planète des Singes.
En relisant le roman de Pierre Boule, le scénariste Paul Dehn imagine pour cette troisième aventure, un voyage dans le temps devant ramener ses principaux protagonistes sur la Terre des années soixante-dix, et plus précisément en 1973. Une date correspondant à deux années postérieures seulement à celle de la sortie du film. La Fox et les producteurs du film peuvent se frotter les mains. Les décors ainsi que les costumes ne nécessitent pratiquement aucun financement puisque le film se tournera cette fois-ci directement dans les « décors en dur » de la ville de Los Angeles. L'autre économie importante que feront les financiers de cette troisième aventure se situant au niveau des maquillages, bien moins nombreux puisque les gorilles, les orangs-outangs ainsi que les chimpanzés laissent désormais la place à seulement trois individus de cette dernière espèce. Alors qu'il lui faut généralement beaucoup plus de temps pour écrire le script d'un film, Paul Dehn se dépasse et propose un scénario après seulement trois semaines d'écriture. Alors que l'actrice Kim Hunter demeurait fidèle au personnage du Docteur Zira qu'elle interprétait depuis le premier volet, c'est après avoir abandonné le rôle du Docteur Cornelius dans le second que l'épatant Roddy McDowall réapparaît sous les traits du très attachant chimpanzé.

En substance, le résultat des Évadés de la Planète des Singe au cinéma se révèle une assez bonne surprise et sans doute demeure-t-il comme la meilleure suite au long-métrage original. D'une certaine manière, ou d'un point de vue strictement chronologique, ce troisième épisode peut se voir comme une préquelle aux aventures de Taylor puisque l'intrigue se situant dans le passé, elle remonte bien avant que la Terre ait vécu le renversement majeur qu'on lui connaît dans le premier et le second opus. Puisque les méchants des deux premiers épisodes ne sont plus, il fallait leur trouver un remplaçant. Ici, il s'agit du Docteur Otto Hasslein, conseiller scientifique du président des États-Unis. Un individu suspect dirigeant ses actions en fonction de ses craintes envers le futur de la planète. Car Zira et Cornelius, seuls survivants en compagnie du Docteur Milo et témoins du drame qui se jouera deux millénaires plus tard ont bien du mal à retenir leur langue. Sur la femelle qui au contact de Hasslein livrera bientôt le terrible secret que son compagnon la contraignait à garder pour elle.
Aux côtés de Roddy McDowall et Kim Hunter, le casting est constitué de Bradford Dillman et Natalie Trundy qui campent respectivement les personnages du Docteur Lewis Dixon et du Docteur Stephanie Branton, deux zoologistes qui prendront soin des deux primates lors de leurs différentes escapades. De la séance devant une commission jusqu'à leur exposition devant les médias en passant par l'intérêt que leur porte Hasslein (l'acteur Eric Braeden), nos deux singes vont avoir fort à faire pour conserver tout leur calme. D'une très bonne facture, Les Évadés de la Planète des Singe pêche parfois en raison de quelques grotesques et inutiles situations, à l'image de la réunion féminine à laquelle participe Zira. Une fois encore, la conclusion est le théâtre d'une fin pessimiste qui laisse pourtant cette fois-ci une porte de sortie à l'éventualité d'un quatrième épisode. Un opus qui verra le jour dès l'année suivante en 1972 sous la houlette du cinéaste J. Lee Thompson. A noter la présence de l'acteur Riccardo Montalban dans le rôle d'Armando, le propriétaire d'un cirque. Un rôle qu'il reprendra l'année suivante. Quant au compositeur Jerry Goldsmith, après avoir été écarté du second long-métrage, il a ici composé pour la seconde et dernière fois la bande originale des Évadés de la Planète des Singes...

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