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mardi 15 août 2017

Blaxploitation: Dr. Black and Mr. Hyde de William Crain (1976) ★★★★★★☆☆☆☆



Né au milieu des années soixante et surtout très actif durant la décennie suivante, le courant cinématographique Blaxploitation s'est aventuré parfois dans les domaines de la science-fiction et du fantastique ( The Meteor Man de Robert Towsend ou Brother from Another Planet de John Sayles), et a produit quelques longs-métrages essentiellement inspirés des grands mythes du cinéma d'épouvante. Tels Blacula de William Crain, Blackenstein de William A. Levey, ou comme ici, Dr. Black and Mister Hyde, lui aussi réalisé par William Crain. La spécificité de ces films, on l'aura compris étant d'avoir comme principaux interprètes, des actrices et acteurs noirs. Des films qui n'engageaient pour la plupart que des acteurs noirs bien que quelques blancs étaient « autorisés » à y participer. Dr. Black and Mister Hyde est l'adaptation en mode « blaxploitation » du célèbre roman de Robert Louis Stevenson, L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. Mais contrairement au docteur Jeckyll, lequel mettait au point une drogue lui permettant de « distinguer » son bon côté du mauvais, le Docteur Pride est quant à lui préoccupé par les troubles hépatiques et par la dégénérations des cellules du foie auxquels il tente de trouver une solution à travers la composition d'un sérum déjà testé sur des rats. N'obtenant que des résultats en dessous de ses attentes, le Docteur Pride décide de tester le sérum sur les prostituées travaillant en ville. Le caractère particulier de ce choix renvoie le film de William Crain à l'univers d'un autre grand mythe du cinéma, lequel a de surcroît réellement existé, le célèbre tueur en série Jack l'éventreur (l'un des meurtres étant d'ailleurs commis dans une ruelle aussi sombre et insalubre que le quartier de Whitechapel de la fin du dix-neuvième siècle).

L'homme blanc étant souvent le vilain petit canard du cinéma de blaxploitation, William Crain use d'une méthode assez particulière pour confirmer ce choix que certains jugeront sans doute un peu trop xénophobe à leur goût. Car le sympathique Docteur Pride, celui qui défend la veuve et l'orphelin, qui prête une attention toute particulière aux prostituées de la ville, une fois le sérum injecté dans ses propres veines, perd sa pigmentation. En individu devenu presque entièrement blanc et au visage déformé par la haine, il traque ses proies. Toujours les mêmes. Des filles de joie, et notamment Linda Monte, elle-même prostituée de profession. Une jeune femme sur laquelle le monstrueux Pride, devenu pour l'occasion, Mister Hyde, va s'acharner. Dr. Black and Mister Hyde semble cacher un message beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Surtout si on le compare à l'étude clinique de Tuskegee sur la syphilis qui eut lieu entre 1932 et 1972 et durant laquelle des métayers afro-américains atteints de syphilis servaient de cobayes sans leur consentement, sans qu'à aucun moment ne leur furent prodigués les soins nécessaires à leur guérison. Un scandale qui transparaît ici à travers l'insistance du Docteur Pride envers la jeune Linda à laquelle il veut absolument injecter son sérum.

Si Dr. Black and Mister Hyde est loin d'atteindre certains grands classiques basés sur le roman de Robert Louis Stevenson, le film de William Crain demeure cependant fort agréable à regarder et reste l'un des rares témoignages d'un cinéma de blaxploitation ayant choisi d'adapter des œuvres littéraires fantastiques célèbres. Bernie Casey y est le principal interprète. L'acteur jouera dans un certain nombre de films et apparaîtra dans plusieurs longs-métrages « classiques » tels que L'homme qui Venait d'Ailleurs de Nicolas Roeg, le James Bond Jamais plus Jamais, 48 Heures de Plus, ou encore L'Antre de la Folie de John Carpenter. A ses côtés on retrouve notamment les actrices Rosalind Cash et Marie O'Henry et au générique, on constatera la présence dans le domaine des effets-spéciaux, un petit maquilleur qui deviendra bientôt l'un des géants de la profession, un certain Stan Winston (Terminator 2, The Thing, Aliens, le Retour, Predator, etc...)...

1 commentaire:

  1. Oh mon dieu ! Comment l'as-tu trouvé ? Mon cauchemar d'enfance, ce film, tant et si bien que j'ai l'impression que ça a conditionné ma vie !

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