Si vous avez lu le précédent article consacré à Cauchemars
à Daytona Beah du Sieur Romano Scavolini, vous savez
désormais que l'appellation UNCUT n'est donc pas forcément un gage
de qualité. Dans le cas présent, la chose se révèle un peu
différente. C.H.U.D est sorti trois ans après
l'éprouvante expérience que représente le visionnage de Cauchemars
à Daytona Beah.
Le cinéaste et producteur Douglas
Cheek en
est l'auteur. Réalisateur n'ayant visiblement à son actif que trois
films dont, justement, celui qui nous intéresse ici. C.H.U.D,
dont l'excellent magasine Mad
movies
étala dans les années quatre-vingt, et sur quelques pages, des
photos croustillantes issues du travail remarquable
d'une équipe constituée de cinq individus environ.
Je mets "remarquable" en italique puisqu'aujourd'hui, tout y paraît
effectivement raté, d'un autre âge, totalement dépassé, voire
même ridicule comme le soulignent certains sur la toile... Et c'est
vrai que certains effets-spéciaux font peine à voir. Les créatures
notamment, sont grotesques. C'est d'autant plus rageant que le film
de Douglas Cheek recèle des scènes étonnamment courtes dans
lesquelles on peut entrapercevoir des effets gore sur lesquels la
production semble avoir pourtant choisi de ne pas s'attarder. Un
travail digne de celui qu'avait l'habitude de produire le grand
maître des effets-spéciaux gore de l'époque, Tom Savini.
D'où
l'intérêt de découvrir aujourd'hui la version
uncut
rallongée d'une dizaine de minutes. Mais ne nous emballons pas. Ces
suppléments n'étant pas tous consacrés aux scènes d'horreur
jusqu'ici demeurées (presque) invisibles, certaines d'entre elle
étoffent un peu l'aspect relationnel entre le photographe George
Cooper et sa compagne Lauren Daniels. Et cela, notamment lors d'une
scène durant laquelle cette dernière annonce à son compagnon
qu'elle attend un bébé. Un passage qui fut coupé dans la version
que nous connaissions jusqu'à maintenant en France et suivant un
autre, tout autant inédit, et qui montre le couple se disputer lors
d'une séance photo. (Je tenterai de revenir plus tard et en profondeur sur les ajouts de la version UNCUT).
Comme
le fit trois ans plus tard Jim Muro avec son unique long-métrage,
l'excellent Street Trash,
Douglas Cheek s'intéresse au monde des laissés pour compte. Des
clochards, et du sombre univers qui est le leur. Si chez Muro ils
vivent au grand air dans une immense casse de voitures, ceux de Cheek
sont encore moins enviables eux, puisque refoulés jusqu'au plus
profond des égouts de New-York. Et puisque le sort de ces êtres
n'intéresse personne, pourquoi ne pas se débarrasser de produits
radioactifs en les balançant sous terre, là où justement vivent
ceux-ci?
Faut
quand même pas cracher dans la soupe. Ça n'est pas parce qu'à
l'époque les CGI (Computer-Generated Imagery) n'existaient pas qu'il
faut absolument considérer C.H.U.D
comme un navet. Au contraire, il a pour lui de conserver le charme de
ces petites productions horrifiques dont les quadra-quinquagénaires
d'aujourd'hui ont sans doute conservé un souvenir humide...Venons-en
maintenant au fait, du moins, celui qui intéressera les amateurs
d'hémoglobine. Dans cette version uncut on a droit à la découverte
du corps de l'épouse du Capitaine Bosch, l'un des principaux
interprètes. Vous savez, la victime qui ouvre le bal en toute début
de film lorsqu'une main griffue sort d'un bouche d'égout. En fait de
corps, la police ne retrouve en fait que la tête, décapitée et
ayant visiblement séjourné plusieurs jours dans l'eau. Une autre
scène nous montre ensuite Lauren sous la douche, aspergée par une
jolie quantité de sang giclant par le siphon de la baignoire. A part
cela, quelques membres arrachés dont une tête particulièrement
réussie. Parmi les rajouts, quelques lignes de dialogues ici et là.
Que
ceux qui auraient découvert le film il y a longtemps déjà et qui
seraient atteints de troubles de la mémoire se rassurent. Car si le
film est disponible en version originale, il l'est également en
français. La seule différence étant qu'à l'époque, les scènes
coupées n'ayant jamais été doublées, elles sont désormais
disponibles en anglais et sous-titrées en français. De quoi
distinguer aisément les rajouts du reste de la production. C.H.U.D
demeure un petit film agréable à regarder, souffrant de carences
mais interprété à sa juste valeur. On peu même y découvrir
l'acteur John Goodman (10 Cloverfield Lane,
Barton Fink)avec
quelques kilos en moins, dans le rôle d'un agent de police attaqué
par une horde de créatures...




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire