mardi 19 novembre 2013

Le Grand Restaurant de Jacques Besnard (1966)



Monsieur Septime est le propriétaire d'un somptueux restaurant parisien. Menant son personnel à la baguette, il y reçoit des clients de marques. Un soir, le président d'un état d'Amérique du Sud, Novalès, y pénètre, suivi de très près par Sophia, sa secrétaire, ainsi que par Enrique, chargé de la sécurité du président. Mais alors que le dessert qui a rendu Septime célèbre arrive et que ce dernier s'apprête à y mettre le feu comme le veut la coutume, le gâteau explose et le président Novalès disparaît. Un commissaire divisionnaire s'empare alors de l'affaire et met tout en œuvre pour retrouver le président.

Enrique, lui, débarque furieux dans un appartement où l'attendent quatre hommes. Celui qui est en charge de protéger le président Novalès est en réalité un bandit qui a prévu d'enlever celui-ci mais pas avant la fin de la semaine. Lorsqu'il apprend de la bouche de l'un de ses hommes que ses complices en lui ne sont en rien dans l'enlèvement du président Novalès, Enrique se demande alors qui a bien pu commettre avant lui ce qu'il projetait de faire quelques jours plus tard.

Septime devient très vite le jouet de Sophia d'un coté, et du commissaire divisionnaire de l'autre. S'ensuit alors une série de courses-poursuites entre le restaurateur, la jeune secrétaire, les supposés kidnappeurs et le commissaire divisionnaire. Tous veulent mettre la main sur le véritable responsable de l'enlèvement du président Novalès. Septime croit être l'objet du kidnappeur et pour sauver sa propre existence, il accepte tour à tour d'aider la police, la secrétaire, et même celui qu'il va identifier comme le véritable responsable et pour lequel il va accepter de transporter une très grosse somme d'argent avec lui...

Cinq ans avant de retrouver Bernard Blier et Louis de Funès dans l'incontournable Jo de Jean Girault, les deux hommes se donnèrent déjà la réplique dans ce Grand Restaurant aux dialogues et aux scènes cultes. Une œuvre qui démarre à la façon d'une comédie lorgnant du coté de L'Aile Ou La Cuisse pour se terminer en une course-poursuite digne de la trilogie des Fantômas.

Louis de Funès y est comme à son habitude irrésistible en restaurateur inflexible, acariâtre, dur avec ses employés mais pleutre devant l'imposante stature de son chef cuisinier. Ses méthodes pour encourager ces derniers à donner leur meilleur d'eux-mêmes sont surréalistes : entre ballets et répétitions éreintantes, il est le sujet de quolibets incessants de la part de ses employés qui rient de ses méthodes jugés inappropriées. De Funès en fit des tonnes et c'est pour cela qu'on l'apprécie tant. Un autre aurait paru outrancier quand lui parvient à faire passer ses grimaces, ses gesticulations et ses répliques avec une aisance naturelle. Jeter en pâture au beau milieu d'un vivier d'hommes représentant la loi et d'autres beaucoup moins recommandables, il nous fait rire à gorge déployée.

On retiendra des dialogues savoureux et des situations cocasses dont certaines sont restées dans les mémoires. S'il n'en fallait retenir qu'une seule, ce serait sans doute celle durant laquelle Septime détaille la recette du soufflet à la pomme de terre. Face au commissaire divisionnaire et à l'un de ses amis nommé Muller, Louis de Funès prend l'accent allemand et profite du décor pour fondre son visage dans l'ombre de celui-ci et arborer la moustache et la mèche d'Adolf Hitler, renforçant par la même son accent jusqu'à en devenir saisissant de réalisme.

Le casting du film est bien senti, avec les présences entre autres de Pierre Tornade, Paul Prébois, Guy Grosso, Michel Modo, Maurice Rich et Maria-Rosa Rodriguez. Le Grand Restaurant demeure encore aujourd'hui comme l'une des plus belles réussites dans la carrière de Louis de Funès...

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