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samedi 21 septembre 2013

Prisonnières de Charlotte Silvera (1988)



Une mère infanticide est emmenée jusqu'à la prison de Rennes où elle est enfermée dans une cellule d'observation. La jeune femme y sera gardée durant trois mois. Le temps pour les gardiennes, et notamment leur chef tant redoutée Dessombes, d'étudier son cas.
Car derrière les murs de sa cellule, des centaines d'autres femmes tentent de survivre dans un univers carcéral qui n'a pas pour habitude d'être tendre avec ses "locataires". Des femmes gardées par d'autres femmes. Des femmes forcées au travail, obligées de composer avec les autre, quelques soient leurs affinités et les raisons pour lesquelles elles sont enfermées. Parmi elles, deux sont parvenues à s'imposer . Il y a d'abord Nelly. Révoltée et insolente, elle est haït par une partie de ses codétenues. Et puis il y a Marthe, que toutes craignent. Non parce qu'elle est plu forte qu'elles, mais parce qu'elle semble proche de Dessombes, la gardienne en chef.

Alors que Nelly est victime d'un "accident", elle est emmenée d'urgence à l'infirmerie. Non loin d'elle, la jeune et fragile Brigitte tente par tous les moyens de convaincre les infirmière de la garder auprès elles. Elle ne veut pas retourner avec les autres détenus. Proche de Marthe, elle doit être bientôt libérée. Durant son absence, les gardiennes ont fouillé la cellule de Nelly et y ont trouvé trois grammes d'héroïne. De quoi l'enfermer pendant quarante-cinq jours en cellule d'isolement. Une enquête est alors menée pour connaître le nom de celles qui participent à ce que certains dénoncent comme un réseau de drogue. D'autres au contraire, aimeraient connaître le nom de celle qui à balancé leur codétenue...

Annie Girardot, Marie-Christine Barrault, Bernadette Lafont, Corinne Touzet, Agnès Soral et Fanny Bastien. Une belle brochette d'actrices pour un scénario plutôt mince mais qui possède suffisamment de ramifications pour que la passion naisse pour ces prisonnières (presque toutes) démunies. Le film démarre sur une scène s'ouvrant sur une gare et sur le rejet des voyageurs confrontés à deux prisonnières. Il y a un détail qui dans cette scène peut se révéler bouleversant si l'on s'y attarde. C'est cette image de la mère qui vient pour la dernière fois voir le visage de sa fille à travers la vitre, et qui persiste alors que le train est déjà lancé à vive allure. Une image à laquelle semble s'être raccrochée celle qui bientôt n'aura comme compagnes que des codétenues du même sexe.

Les principales actrices ont l'immense talent de ne jamais surjouer leur rôle. Elles, mais aussi toutes les autres, celles qu'il ne faudrait surtout pas oublier. Entre les crises de panique de Fanny Bastien, la solitude qui étreint Agnès Soral dans la première partie du film, la froideur et la dignité de Bernadette Lafont et Annie Girardot (qui révélera un visage étonnamment différent vers la toute fin du film), et la troublante relation qui naît entre Corinne Touzet et la superbe Milva Biolcati, le spectateur a de quoi se mettre sous la dent.

On ne reviendra pas sur la légèreté du scénario qui ne tient pas à grand chose mais dont l'intérêt est justement de montrer des visages de femmes différents, capables et même obligées de survivre dans un univers qui reste de toute manière toujours trop exigu.

Prisonnières a aujourd'hui vingt-cinq ans. Un quart de siècle et pourtant, il n'a pas vieilli. Il est le type même de film qui pousse à le revoir régulièrement. Ce confinement crée une sorte de promiscuité entre les personnages et les spectateurs qui confine parfois au voyeurisme mais aussi et surtout à l'attachement. Car quoi que l'on puisse penser de ces femmes qui n'ont tout de même pas été enfermées pour de futiles raisons, un lien réel se crée. C'est l'une des raisons pour lesquelles le film est une vraie réussite...

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