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vendredi 29 septembre 2017

Fade to Black de Vernon Zimmerman (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Considéré comme une œuvre mêlant les genres policier, horreur et épouvante, Fade to Black de Vernon Zimmerman dont il s'agissait ici du troisième et dernier long-métrage est en réalité, bien plus que cela. Un drame. Sur la solitude. Sur une passion destructrice. Sur celle aussi, d'un homme, jeune, sur qui le mensonge, la perte de ses parents et celle de certains repères ont eu un effet désastreux. Un film qui ne parlera sans doute pas beaucoup aux dernières générations de cinéphiles, et qui sera peut-être considéré par certains des plus anciens, comme un bon petit film d'horreur... sans plus. Pourtant, je tiens encore à l'affirmer, Fade to Black est bien plus que cela. Une œuvre culte qui sous ses allures de petite production horrifique cache un véritable hommage au septième art. En général, et au cinéma fantastique et d'épouvante en particulier. S'identifiant à certains personnages dont il ne cesse de voir et revoir les aventures dans sa chambre encombrée d''objets, de pellicules et de photos nous rappelant sans cesse qu'Eric Binford est fan de cinéma, celui-ci se grime, s'exprime comme ses idoles, et parcourt, les rues et les salles obscures, s'exprimant dans un langage cinématographique qui effraie, intrigue, et parfois provoque le rire de ceux qui ne comprennent pas ce personnage hors du commun travaillant dans l'entrepôt d'un distributeur de films à Los Angeles.
Sa rencontre avec Marilyn O'Connor, troublant sosie de la blonde Marilyn Monroe va tout remettre en cause. Ou bien est-ce la mort de Stella, la tente d'Eric ? Une fois libéré des contraintes imposées par cette dernière (qu'Eric jettera dans les escaliers de leur demeure à la manière d'un personnage de cinéma). Une fois orphelin, et plus que jamais seul, Eric s'enfonce, de plus en plus, dans une certaine forme de folie. Inédite. Ou presque puisque se rapprochant sensiblement des obsessions vécues par Vinny Durand, le héros de The Last Horror Film (Les Frénétiques) de David Winters, et avec Joe Spinell et Caroline Munroe.

Dennis Christopher hante de son visage si particulier cette bande dans laquelle fraie une certaine morosité. Attachant malgré certains de ses actes, son personnage développe un comportement inquiétant. Avec finesse, sans brusqueries. Un sociopathe en puissance que le réalisateur préfère voir comme la projection dans le monde réel d'un fantasme sur pellicule s'étant extrait de sa gangue de nitrocellulose. Aussi explosif que la matière recouvrant les bobines qu'il collectionne, Eric fait parfois froid dans le dos. David Winters fait preuve de ludisme en optant pour une mise en scène intéressante mêlant des images d'archives cinématographiques aux scènes qu'il tourne lui-même à proprement parler.
D'où ce mélange entre fiction et réalité figurant le trouble psychique (psychiatrique) du héros qui peu à peu, devient incapable de différencier le vrai du faux. La Nuit des Morts-Vivants, Psychose, Dracula... films d'épouvante, d'horreur, fantastiques, policiers, thrillers servent de matière première. De plusieurs longs-métrages sont tirés quelques passages servant à un Eric mimant à la perfection les personnages qu'il chérie... L'une des particularité de Fade to Black demeure dans son apparente innocence. Son auteur n'en fait jamais trop Tout comme Dennis Christopher, incroyable, et que l'on a pu revoir plus tard dans Les Chariots de Feu, « Il » est Revenu, ou dernièrement dans Django Unchained.
Fade to Black est sans nul doute l'un des portraits de serial killers au cinéma les plus intéressants. Il est alors objectif de vouloir le ranger aux côtés des illustres Frank Zito de Maniac, le tueur sans nom de Schizophrenia, ou celui, encore plus perturbé de Deranged, Edward Gein. Quelques rares exemples parmi tant d'autres qui ont laissé une trace indélébile dans l'esprit de ceux qui ont eu la chance de les découvrir dans les salles obscures ou confortablement installé dans le fauteuil de leur salon. Combien pourtant citeront Fade to Black faisant partie des classiques du genre le jour où ils seront questionnés sur ce sujet. Bien trop peu, j'en ai peur. Une œuvre à redécouvrir d'urgence donc. A noter la présence du tout jeune Mickey Rourke qui interprétait là, l'un de ses premiers rôles au cinéma...

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