Chaque amateur ou presque
de jeux vidéos à la première personne a sans doute bien connu la
série de trois jeux Bioshock développée par le studio 2K
Boston/2K Australia dans lequel
le joueur prenait place dans un univers situé dans les années 1960.
À bord d'un avion, le personnage qu'il incarnait s'écrasait en
pleine mer avant de rejoindre une cité sous-marine du nom de Rapture
conçue par le milliardaire excentrique et mégalomane Andrew Ryan à
l'issue de la Seconde Guerre Mondiale. Le joueur évoluait dans un
monde englouti rétro-futuriste et devait notamment survivre aux
attaques incessantes de créatures bio-mécaniques du nom de
Protecteurs chargées de protéger les Petites Sœurs, des fillettes
génétiquement modifiées, mais aussi de celles de nombreux
Chrosômes, des habitants de Rapture eux-mêmes génétiquement
modifiés... Comme bon nombre de jeux vidéos avant lui, Bioshock
a fait l'objet d'un projet
cinématographique qui n'a cependant jamais vu le jour. À l'origine,
le film ne devait pas simplement s'inspirer de la version
vidéoludique du scénario mais devait scrupuleusement suivre la
trame du premier des trois volets sorti sur différentes plateformes
en 2007. Confiée par le studio de production et de distribution
cinématographique Universal Pictures
au réalisateur, scénariste et producteur américain Gore Verbinski,
auteur en 2002 du remake américain de The Ring,
de trois volets de la franchise Pirates des
caraïbes
ou encore de A Cure for Life
en 2017, la mise en chantier de Bioshock
rencontra très rapidement des difficultés d'ordre financier. Trop
coûteux selon certains et risquant en outre d'obtenir une
classification ''Interdit
aux moins de 17 ans''
pour raison de violence aux Etats-Unis ! Les studios Universal
ne voulant pas prendre de risques, Gore Verbinski quitte alors le
projet avant que le réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo ne
soit envisagé pour le remplacer... Il est d'autant plus malheureux
que le projet soit abandonné que Gore Verbinski avait eu l'intention
de fidèlement retranscrire l'univers du jeu en se refusant de mettre
simplement en scène un blockbuster d'action bourrin. Selon la vision
du cinéaste américain, l'adaptation devait respecter chacune des
étapes du jeu vidéo...
À
commencer par le crash en mer de Jack, le héros, qui ensuite se
retranchait vers Rapture. Gore Verbinski envisageait alors de
construire un monde immense, crédible, à l'architecture ''Art
Déco'', avec ses appartements, ses commerces, ses stations de
bathysphères, ses tunnels sous-marins et bien évidemment, ses
nombreuses vitres donnant directement sur l'océan. Après
l'émerveillement, le spectateur aurait alors dû remarquer que
quelques chose n'allait pas dans ce monde visuellement
extraordinaire. Le réalisateur avait ensuite l'intention de créer
le malaise chez le spectateur. Mettant ainsi en scène la ''faune''
propre à Rapture, en restant donc fidèle au principe de la version
vidéoludique. Gore Verbinski nous apprenait ensuite que l'une des
phases les plus ambitieuses et fascinantes de son projet se référait
au projet mégalomaniaque d'Andrew Ryan. Un monde utopique qui
progressivement virait au cauchemar. Expliquant les raisons de
l'effondrement de ce monde extraordinaire... S'agissant du casting,
Gore Verbinski envisagea l'acteur Eddie Redmayne dans le rôle de
Jack. Chose amusante, Jamie Dornan fut lui-même auditionné alors
qu'il vivait en colocation avec Eddie Redmayne. Si Bioshock
n'a jamais vu le jour, il existe cependant des ''Concept-Arts'' qui
donnent une idée plus ou moins précise du projet qu'avait en tête
Gore Verbinski. Des visuels de l'univers de Rapture comme des dessins
des différents antagonistes du récit. Le film aurait probablement
coûté entre cent-soixante et deux-cent millions de dollars. Une
sommé astronomique qui refroidit donc la Universal
qui n'était pas prête à prendre le risque de financer une œuvre
qui risquait la classification ''Rated
R''
correspondant à une interdiction aux moins de 17 ans, ce qui aurait
drastiquement réduit le nombre de spectateurs en salle au sujet de
l'adaptation d'un jeu vidéo dont on peut supposer que le plus grand
nombre de joueurs ne dépassait sans doute pas cet âge là !
S'agissant de l'éventualité de mettre au poste de réalisateur Juan
Carlos Fresnadillo, le créateur du jeu Ken Levine mis le holà après
n'avoir pas été convaincu par la nouvelle direction prise par le
cinéaste espagnol... Le projet fut donc finalement abandonné...



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire