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dimanche 20 septembre 2026

Flesh-Eating Mothers de James Aviles Martin (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆


 

 

Bien que Flesh-Eating Mothers du réalisateur, scénariste, producteur et monteur américain James Aviles Martin puisse parfois paraître unique en son genre, comme nous le découvrirons plus tard, il n'est pas rare d'y voir certaines similitudes avec quelques productions horrifiques qui connurent en leur temps un traitement nettement différent puisqu'ils ''arrosèrent'' littéralement les pages des magazines spécialisés tandis que cette petite production est probablement davantage connue sur son territoire d'origine qu'en France. Plus qu'un simple film d'horreur ou d'épouvante mâtiné de comédie noire, Flesh-Eating Mothers est aussi et surtout une satire sociale dans laquelle le cinéaste s'attaque directement à la cellule familiale américaine des années 80. Dans une banlieue apparemment idyllique ou tandis que les hommes rapportent l'argent tandis que leurs épouses s'affairent à la maison, l'on découvre rapidement que rien n'est véritablement ce qu'il paraît être. Une mère de famille alcoolique, une seconde adultère, un père qui bat son épouse, bref... pas de quoi envier cette petite communauté qui bientôt va être au centre d'une très curieuse épidémie. L'occasion pour James Aviles Martin de traiter des maladies sexuellement transmissibles en cette décennie des années quatre-vingt où cinq ans plus tôt le virus responsable du SIDA fut enfin identifié. Alors que Roddy Douglas (Louis Homyak) trompe sa femme avec une autre, celui-ci déclenche une épidémie dont les origines restent troubles mais dont les conséquences s'avèrent aussi effroyables qu'étonnantes ! En effet, tandis qu'il traine sa queue à peu près partout dans le quartier, l'homme transmet une curieuse maladie qui se déclare uniquement chez les femmes qui ont eu des enfants. Le cinéaste appuyant encore davantage sur la responsabilité des épouses adultérines puisque le virus ne semble pas avoir de conséquences sur celles qui n'ont pas d'enfants et qui donc par contraction sont considérées comme libres de toute responsabilité ! Au centre du récit se détachent trois groupes d'individus. À commencer par plusieurs adolescents. Des amis, des camarades de classe directement visés par les mères en furies puisqu'il s'agit de leurs rejetons. Culpabilisant, ils se liguent afin de mettre un terme aux horreurs qui vont se propager durant une longue nuit dont l'ambiance rappelle parfois celle du petit film culte que réalisa en 1984 Douglas Cheek, C.H.U.D. (pour Cannibale, Humanoïde, Usurpateur et Dévastateur)...


Seconde catégorie de personnages apportant la caution scientifique, le docteur Lee Grouly (Michael Fuer) et son assistante Felicia Codd (Carolyn Gratsch) qui passeront leur temps à observer le virus à travers un microscope avant de trouver de façon scénaristiquement rudimentaire, un vaccin ! Enfin, troisième catégorie de personnages : les flics. Un patchwork d'individus qui fait état de la corruption de l'institution. Car en dehors du shérif Clyde McCormick (Mickey Ross), la police est décrite soit comme incompétente, comme corrompue (à travers le rôle du commissaire interprété par Ken Eaton), soit carrément psychotique (l'officier Hitchcock qu'incarne Morty Kleidermacher). Flesh-Eating Mothers précède d'une année le beaucoup plus populaire Parents de Bob Balaban dans lequel un adolescent soupçonnera ses parents de pratiquer le cannibalisme. Car en effet, et c'est bien là l'excellente surprise du long-métrage de James Aviles Martin, dans Flesh-Eating Mothers, les mères adultères choppent le virus et se transforment en cannibales ! D'où un certain nombre de séquences plutôt remarquables pour ce genre de petite production dont le budget ne doit pas dépasser les quelques dizaines de milliers de dollars. Nos mères de familles arrachent de gros morceaux de chair à pleines dents pour le plaisir des amateurs de séquences gore pas trop regardants sur la qualité des effets-spéciaux ici, forcément prosthétiques. Une horreur mêlant donc les sujets du sexe, de la transmission d'une maladie et de ses étonnantes conséquences comme des années en arrière le cinéaste canadien David Cronenberg avait l'habitude de traiter certains de ses sujets. Comme pour Shivers en 1975 ou Rage l'année suivante. En outre, James Aviles Martin tord ici le concept de cocon familial bienveillant et réconfortant en inversant les fonctions de protectrice de la mère en la transformant en véritable prédatrice. Bref, si Flesh-Eating Mothers souffre de ses limites budgétaires, il n'en reste pas moins une sympathique série B horrifique méconnue qui mérite d'être (re)découverte...



 

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