Sniiiiiif.... Vous la
sentez cette odeur désagréable qui nous vient d'Outre-Atlantique
qui dans un ordre de grandeur et dans la catégorie qui nous
intéresse ici sert pour beaucoup de modèle à suivre ? Ben
moi, j'la sens qui diffuse ce même parfum de tromperie qui voilà
près de vingt ans déjà nous piégea ma compagne et moi lorsque
nous nous décidâmes à pousser la porte du CGR de Narbonne pour
aller découvrir ce long-métrage dont tout le monde parlait à
l'époque, Paranormal Activity.
Cette chiure que d'obscures petites natures ou de producteurs et
distributeurs malhonnêtes prétendaient être un film
d'horreur terrifiant ! On le savait, pourtant, qu'acheter nos
places était une idée aussi peu lucide que de jeter directement
notre argent dans la première benne à ordures se présentant sur
notre chemin. Et pourtant.......... Aujourd'hui, il vaut mieux avoir
des relations qui vous permettent de vous jeter dans la gueule du
loup sans prendre trop de risques. Ou plus simplement, sans ressentir
le désolant constat d'avoir connement allégé votre porte-monnaie
sans vous être au préalable muni d'un maximum d'informations au
sujet du film que vous avez prévu de découvrir ! Épargnant cette
fois-ci la femme de ma vie, c'est donc chez un pote très au fait des
moyens de circulation numérique permettant de voir un film avant
tout le monde que j'ai pu découvrir Undertone
du réalisateur, scénariste et producteur Ian Tuason. Au regard d'un
budget ne dépassant pas les cinq-cent mille dollars, l'on peut se
demander ce qui se cache derrière cette œuvre au succès
apparemment phénoménal sur le territoire américain et dont ''tout
le monde'' parle désormais chez nous. Phrase à prendre avec des
pincettes puisque autour de moi, et après avoir fait le tour de mes
connaissances, personne n'en a jamais entendu parler jusqu'à
aujourd'hui ! ''Hype'', ''Buzz'', des termes qui souvent me donnent
envie de remettre ma doudoune même en plein cagnard. Trop frileux à
l'idée de retomber dans le panneau et d'avoir une fois de plus perdu
quelques deniers supplémentaires, c'est les mains dans les poches,
la moue boudeuse et les idées pas franchement éclairées que je
passais donc la porte de l'appartement du pote en question pour
m'étaler de tout mon long sur son sofa. Une bière à la main et
l'autre à proximité du paquet de cigarettes, Undertone
démarra son intrigue de manière très rudimentaire...
L'histoire ?
Une femme (Nina Kiry dans le rôle d'Evy) s'apprête à lancer son
nouveau podcast hebdomadaire en réseau qu'elle réalise à distance
avec son ami Justin (Adam DiMarco). Seule avec sa mère qui à
l'étage s'apprête visiblement à rendre son dernier souffle, Evy
apprend de la bouche de Justin qu'il a reçu dix étranges fichiers
que le jeune homme lui propose de diffuser durant leur nouvelle
émission. Evy accepte et voilà que les emmerdes commencent...
Évoquer en préambule le long-métrage réalisé par Oren Peli en
2009 ne tient pas du hasard. Bien au contraire. Car si Undertone
ne se présente pas ouvertement comme le Found Footage que fut
Paranormal Activity
à son époque, il en reprend d'une manière assez originale, il est
vrai, le concept. Ici, rien ne passe pourtant réellement ou du moins
majoritairement par l'image mais passe au contraire par le son. Cet
élément qui produit en général un mécanisme propre à l'effroi.
En ce sens, le long-métrage de Ian Tuason s'avère assez
remarquable. Un sound-design travaillé en profondeur afin
d'atteindre le point névralgique situé dans la partie inférieure
de notre cerveau agissant sur la peur. Le budget étant excessivement
restreint, le cinéaste doit composer avec son actrice, plongée au
cœur d'une série d'événements paranormaux, assise devant l'écran
de son ordinateur. Ayant gardé en mémoire le traumatisant Burnt
Offerings
de Dan Curtis dans lequel une mère de famille (interprétée par
Karen Black), accompagnée de son époux et de leur fils avait pour
mission de veiller au bien-être de la tante des ses hôtes qui
louèrent à nos trois protagonistes leur superbe demeure pour une
bouchée de pain, l'idée de la mère mourante de Undertone,
stagnant à l'étage tandis que l'héroïne demeurait plongée dans
une semi-obscurité participa de mon envie de découvrir le film du
cinéaste philippino-canadien. Et pourtant, quelle déconvenue !
Riche de promesses et de sensations fortes, Undertone
n'est en réalité qu'un coup d'épée dans l'eau. Tant d'acharnement
à créer un climat sonore enveloppant pour un résultat qui confine
malheureusement au néant ! Bref, après un Obsession
remarquable vu la veille sur grand écran, Undertone
m'apprendra à passer par des circuits non officiels. Une punition
qui prit parfois des airs de supplice...



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