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jeudi 20 août 2026

Ice Cream Man d'Eli Roth (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On ne remerciera jamais assez Eli Roth d'avoir œuvré et de poursuivre d'ailleurs encore aujourd'hui, la voie du cinéma d'horreur. Même s'il se laisse parfois aller à quelques légèretés que nous n'aurons pas l'outrecuidance de lui reprocher. Des dates importantes, comme l'année 2002 avec son très épidermique Cabin Fever qui à n'en point douter provoqua probablement un taux de malaises viscéraux chez les personnes atteintes d'hypocondrie assez important. Ou 2005 et 2007, lorsqu'il repoussa certaines limites du Torture Porn auquel il offrit certaines de ses lettres de noblesse avec Hostel et Hostel 2. Ou 2013, année où il proposa avec Green Inferno, une relecture du film culte du cinéaste italien Ruggero Deodato, Cannibal Holocaust. Après le fort sympathique Thanksgiving : La Semaine de l'horreur en 2023 et la très dispensable adaptation du jeu vidéo éponyme Borderlands l'année suivante selon certaines sources plutôt crédibles, il est de nouveau réapparu sur le devant de la scène du cinéma d'horreur avec son dernier projet intitulé Ice Cream Man. Et à moins d'avoir passé les dernières semaines, voire les derniers mois enfermé dans une pièce sans lumière, sans électricité et sans aucun moyens de communication, il s'est avéré bien difficile de passer à côté des nombreuses news évoquant ce film que d'aucun aurait pu alors espérer être comme le renouveau du slasher ! Un film dont la promesse tient, quoi, tout au plus une petite demi-heure, entre des séquences gore plutôt jouissives et une folie enfantine, adolescente et collective toute aussi jubilatoire... Pourtant, l'ombre de pas mal de classiques de l'épouvante et de l'horreur plane au dessus de ce long-métrage courtement vêtu en matière de durée...


Ce qui est d'ailleurs d'abord une qualité lorsque d'autres prolongent Ad nauseam l'expérience, créant ainsi une épouvantable émulsion entre répétitivité et ennui. Deux critères rédhibitoires auxquels n'échappe fort malheureusement pas toujours le dernier film d'Eli Roth. De plus, en terme d'originalité, Ice Cream Man coince un peu. À commencer par son Boogeyman qui derrière le costume d'un vendeur de glace plutôt avare en paroles semble tout d'abord se référer au génial Art le Clown de la franchise Terrifier dont le quatrième opus ne semble pas être prévu avant la fin de l'année 2027 ! Malheureusement, et malgré tout les efforts décuplés par Eli Roth et son interprète Ari Millen pour que l'antagoniste de l'histoire apparaisse un tant soit peu effrayant, la distanciation avec laquelle le personnage est traité vis à vis du massacre qui va avoir lieu dans la petite et charmante ville où se déroule l'intrigue joue ici pour beaucoup s'agissant de cette hypothétique et vaine passion pour un croquemitaine pas vraiment au fond, d'un ''nouveau genre''... Car s'il peut évoquer bien sûr le clown Art, il est un boogeyman encore plus prestigieux et mythique qui remonte à la surface de nos mémoires lorsque l'on découvre le passé du vendeur de glace. Difficile en effet de ne point voir de corrélation entre ce bonhomme tout de blanc vêtu, à la moustache parfaitement taillée et au commandes d'un camion de glaces et un certain... Freddy Krugger au pull rayé.


Si le plus simple des spectateurs, celui qui regarde ''à l'occasion'' un film d'horreur lorsque celui-ci passe à la télévision où sur sa plateforme de streaming préférée, pense qu'ici, la grande originalité vient du principe qu'il n'y a pas ici UN tueur mais des dizaines ayant en outre l'apparente juvénilité de plus ou moins sympathiques ''têtes blondes'', c'est qu'il ne connaît certainement pas encore quelques-uns des grands classiques de la science-fiction ou du fantastique qui mirent en lumière des criminels de très bas âge. On pense bien entendu au Village of the Damned de Wolf Rilla et dans une moindre mesure au remake que réalisera des décennies plus tard John Carpenter, au dérangeant Les Révoltés de l'an 2000 (Who Can Kill a Child?) de Narciso Ibáñez Serrador ou encore à De si gentils petits... monstres ! (The Children) de Max Kalmanowicz de 1980 et dans lequel de jeunes élèves étaient intoxiqués au passage d'un nuage radioactif avant de se transformer en meurtriers ! Ice Cream Man est gore, et même très gore. Tous les enfants ayant ingéré une glace se transforment en garnements assoiffés de sang qui s'attaquent exclusivement aux adultes qu'ils décapitent, tronçonnent, démembrent avec tout les outils qui leurs passent par la main. On a même droit à une trépanation vraiment dégueu ! Bref, un véritable festival qui n'empêche malheureusement pas le film d'Eli Roth d'être assez répétitif ! Le réalisateur ainsi que le directeur de la photographie Simon Shohet, le compositeur Brandon Roberts et la costumière Jenifur Jarvis insufflent malgré tout au film une patte parfois vintage qui n'est pas inintéressante. Pour le reste, les vrais amateurs de cinéma d'horreur risquent de trouver le récit quelque peu redondant...

 

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